Le Darfour en tête des priorités de l'ONU

n.c.

Mardi 2 janvier 2007

Le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit intimidé par les multiples crises qui secouent le monde du Proche-Orient à la Corée du Nord, mais déterminé à y faire face, plaçant celle du Darfour en tête de ses priorités.

Parmi les crises internationales auxquelles il va devoir faire face, l'ancien ministre sud-coréen des affaires étrangères, âgé
de 62 ans, a cité d'abord le Darfour, puis le Proche-Orient, le Liban, l'Iran, l'Irak, la Corée du Nord et "bien d'autres". J'entre en fonctions à un moment intimidant dans les affaires internationales", a-t-il dit à la presse à l'occasion de sa
première journée de travail au siège new-yorkais des Nations unies, où il s'est installé pour un mandat de cinq ans.
 "Tous ces défis, a dit M. Ban, doivent être affrontés collectivement, en mobilisant efforts et sagesse de manière collective".
 "Personne, pas même le secrétaire général de l'ONU, ne peut y faire face seul et aucun pays non plus, même le plus fort, le
plus puissant, le plus riche en ressources",
a-t-il ajouté, dans une allusion apparente aux Etats-Unis, dont la décision de se
passer de l'ONU pour lancer la guerre en Irak a traumatisé l'organisation mondiale.

"La situation de crise au Darfour est placée très haut dans mon programme de travail, je vais y porter mon attention
immédiatement",
a dit M. Ban.
 "En m'engageant dans le processus diplomatique, j'espère que nous serons en mesure de résoudre pacifiquement le plus
tôt possible cette très sérieuse question
", a-t-il ajouté.

La guerre et ses conséquences au Darfour, province occidentale du Soudan, ont fait 200.000 morts depuis février 2003 et
deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres que contestent les autorités soudanaises.
 M. Ban a également promis d'être très engagé dans le dossier nord-coréen, dont il était chargé en tant que chef de la
diplomatie de son pays. "En tant que secrétaire général, je m'efforcerai d'abord de faciliter un progrès en douceur des
pourparlers à six",
a-t-il dit.
 "Je discuterai de cette question très étroitement avec les six parties et avec les membres du Conseil de sécurité, de manière
à jouer mon propre rôle"
, a-t-il ajouté.

Les pourparlers à six (Chine, les deux Corée, Etats-Unis, Japon et Russie) visent à convaincre la Corée du Nord de renoncer
à son programme nucléaire. Ils ont repris à Pékin le 18 décembre après une interruption de 13 mois, mais se sont achevés
quatre jours plus tard sans résultat.

Interrogé pour savoir s'il approuvait l'exécution samedi de Saddam Hussein, M. Ban a répondu prudemment en rappelant que
l'ex-dictateur irakien avait commis "des crimes odieux et des atrocités innommables" et invitant à "ne pas oublier ses victimes".
 Soulignant que la question de la peine de mort était du ressort des Etats membres, il a émis l'espoir que ceux-ci respectent
"tous les aspects du droit international".

M. Ban a également évoqué la nécessité de poursuivre la réforme de l'ONU entamée en 2005 par son prédécesseur, Kofi
Annan, un dossier sur lequel il est attendu par une partie des Etats membres, notamment les Etats-Unis, qui ont fortement
soutenu sa candidature.

Dès son arrivée mardi matin, M. Ban a rendu hommage aux personnels de l'ONU tués dans l'exercice de leurs fonctions
avant de se recueillir quelques instants dans la salle de méditation de l'ONU.

(D'après AFP)