Le dessous des cartes

CHARLET,MARC

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Samedi 17 juin 2006

Paiements Décrypter les logos et fonctions

Tel un sapin de Noël, la carte bancaire est constellée de nombreux logos. Que signifient-ils, en fait ?

Quoi de plus banal qu'une carte bancaire ? Plus de dix millions d'exemplaires circulent en Belgique et, pour la plupart des détenteurs, leur usage est quasi quotidien. En réalité, la carte bancaire, c'est-à-dire la carte de débit immédiat (au contraire de la carte à débit différé, parfois appelée carte de crédit) est assortie d'autres fonctions, souvent méconnues. Et si les unes sont utiles, voire indispensables, d'autres le sont beaucoup moins.

Bancontact/Mistercash. C'est la fonction la plus utilisée (paiements, retraits d'argent, self-banking). Dans le courant de 2008, le système BC/MC disparaîtra au profit d'un système européen, le SEPA (Single Euro Payments Aera) et, dès 2010, il ne devrait plus exister qu'un seul et unique système européen.

Même si votre compte est solidement alimenté, des plafonds sont prévus pour les paiements et les retraits. De l'ordre de 2.500 euros par semaine pour les paiements et de 500 euros par jour et 1.000 euros par semaine pour les retraits. On peut demander à son banquier de les relever. Cette fonction est évidemment payante (sauf carte « package »). Comptez autour de 7 euros. La carte est indispensable l'accès aux installations de self-banking.

Proton. Le « porte-monnaie électronique », pour les petites dépenses (jusqu'à 125 euros). Le chargement (à un DAB, dans un self-bank ou dans une cabine Belgacom) va de 5 à 125 euros. Si vous perdez la carte, cet argent est perdu. L'abonnement à cette fonction est payant (en moyenne 5 euros par an). Alors, quelle utilité ? Il se pourrait que Proton ne survive pas à 2008, d'autant qu'on nous annonce comme imminente l'arrivée du paiement par téléphone mobile. A moins qu'un système européen uniforme ne voie le jour...

Maestro. Héritière des EC et autres Cirrus, cette fonction, affichée au recto, permet d'utiliser votre la carte « belge » à l'étranger. Essentiellement pour effectuer des retraits de liquide aux DAB. Le code « belge » de 4 chiffres est de rigueur, même si l'appareil en demande 5 ou 6. Elle permet aussi, chez certains (rares) commerçants qui arborent le logo, de payer vos achats, soit en introduisant le code secret, soit en apposant une signature. Refusée aux péages d'autoroute et aux stations d'essence.

Le compte bancaire est immédiatement débité. Cette fonction n'est pas gratuite. Elle est en général facturée aux environs de 7 euros. Les retraits sont gratuits s'ils sont effectués dans la zone euro. En dehors de la zone euro, la banque facture des frais de traitement et des frais de change.

Les plafonds de retraits sont en principe les mêmes que ceux en vigueur en Belgique (avec BC/ MC), sauf si la réglementation locale impose des maxima inférieurs. La fonction Maestro est particulièrement répandue dans le Benelux et en Allemagne. En 2008, elle se substituera à BC/ MC.

EC. Autrefois la fonction la plus célèbre, « Eurochèques » garantissait dans toute l'Europe le paiement des chèques émis par le détenteur de la carte et portant son numéro. C'est aussi cette fonction qui permettait de retirer des billets aux DAB, un peu partout dans le monde. L'arrivée de l'euro et la disparition progressive des chèques classiques lui ont porté un coup fatal. On en retrouve quand même le sigle accolé aux distributeurs à l'étranger. Et même au dos de certaines cartes bancaires belges. A quelles fins ? Nos recherches n'ont pas abouti.

Belgacom calling card. Cette fonction permet aux titulaires de la carte munie de ce sigle, et pour autant qu'elle soit activée, d'appeler depuis plus de 70 pays, depuis une ligne fixe, sans devoir débourser quoi que ce soit. Le coût des communications apparaîtra sur la facture Belgacom (ce qui implique qu'on soit abonné). Adieu les surcoûts imposés par les hôtels et les cafés.

Pour activer cette fonction, il faut appeler Belgacom (au numéro vert 0800 91 888), qui attribue un numéro d'appel et un code d'accès.

Eufiserv. Avant l'introduction de Maestro, la fonction Eufiserv permettait d'effectuer des retraits aux 60.000 distributeurs automatiques des grands réseaux européens de Caisses d'épargne. On s'interroge sur maintien du logo à l'heure actuelle, du moins en Belgique.

Cirrus. Avant l'introduction de Maestro, cette fonction permettait de retirer des billets aux DAB hors du continent européen. Or, aujourd'hui, on retrouve le logo sur des cartes dotées de la fonction Maestro. Un oubli ?

Banxafe. Issue de la collaboration entre les banques et les opérateurs de téléphonie mobile, cette fonction permet de recharger les cartes de type Pay&Go, Tempo ou Base Forfait Avantage. Mais la procédure destinée à la rendre opérationnelle est compliquée. Une fois installée, c'est, paraît-il, très simple.

Carte de carburant. Certaines banques, comme ING, permettent d'ajouter aux fonctions traditionnelles celle d'obtenir une comptabilisation particulière des achats de carburants et ce sans carte spéciale. Utile pour ceux qui ont intérêt à disposer de factures avec la TVA.

Visa/MasterCard. En Belgique, carte à débit immédiat et carte à débit différé (ou carte de crédit) sont physiquement séparées. Ce n'est pas le cas partout. En France par exemple, la carte bancaire (appelée aussi « Carte bleue ») peut servir de support aux deux. Pourquoi pas en Belgique ? Comme si on n'avait pas trop de cartes dans son portefeuille.