LE DEVELOPPEMENT RURAL SE POURSUIT A PECQ

LEGRAIN,JACKY

Page 26

Samedi 21 décembre 1991

Sécurité routière et environnement en point de mire

Le développement rural se poursuit à Pecq

Voila cinq ans que les Pecquois ont décidé de prendre en main le développement de leur commune. Bilan provisoire.

Quel bilan peut-on dresser de cinq ans de rénovation rurale à Pecq? Tel est le petit exercice auquel s'est livré récemment le bourgmestre et président de la commission locale de développement rural, Louis Broquesoy. Mais reprenons les choses par leur début.

C'est en novembre 1986 que le conseil communal de Pecq a décidé de mener une opération de rénovation rurale. L'élaboration d'un «dossier de base», sorte de photographie de l'entité, a été confiée à la Société nationale terrienne, le choix d'un organisme conseil se portant sur la Fondation rurale de Wallonie.

Les phases d'information et de consultation de la population ont amené la constitution de quatre groupes de travail: environnement-circulation-sécurité, habitat-logement, vie associative et agriculture. En octobre 1987, une exposition a permis à la population de prendre connaissance du dossier de base et des grands thèmes retenus par les groupes de travail, à savoir la sécurité routière, l'aménagement et le remembrement des marais d'Obigies ainsi que la question de l'habitat.

FIXER DES TERMES

Les mois suivants ont vu la mise en place de la commission locale de rénovation rurale. Sa tâche: proposer un projet de schéma-directeur contenant les objectifs à atteindre et les projets à réaliser à court, moyen ou plus long terme.

En janvier 1990, malgré certaines faiblesses (c'est en tout cas l'avis de l'opposition qui lui reproche notamment de manquer de concret), ce projet de schéma-directeur est approuvé par le conseil communal. En avril, celui-ci en précise les priorités (ici encore, l'opposition émet certaines critiques, comme en ce qui concerne la démolition de l'ancien institut Saint-Joseph... dont on se demande effectivement comment on ose la présenter comme répondant au souhait des Pecquois).

En novembre 1990 enfin, l'exécutif régional wallon approuve le programme de développement rural de Pecq ainsi qu'une première convention-exécution portant sur un total de 17 millions. Cinq projets, jugés prioritaires par la commission locale, font l'objet de cette première convention: l'aménagement des places d'Hérinnes et d'Esquelmes, de la drève de Pecq, de deux bras morts de l'Escaut (Léaucourt et Albronne) et d'une aire de production de végétaux qui permettra d'assurer les plantations et l'entretien des espaces verts.

Approuvée il y a maintenant plus d'un an, cette convention tarde quelque peu, il est vrai, à être exécutée. Cela ne signifie pas pour autant que la rénovation rurale soit au point mort à Pecq et que rien n'ait été fait depuis cinq ans.

LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Hormis le fait, déjà positif en soi, que plus de soixante réunions de commissions se sont tenues à ce jour, la dynamique du développement rural a débouché sur plusieurs réalisations concrètes: établissement d'une liste des associations et groupements de l'entité, calendrier des activités et des fêtes, édition d'un bulletin communal trimestriel, transformation de l'ancienne école d'Hérinnes en maison de village, nettoyage des berges des bras morts de l'Escaut, installation de fûts composteurs dans les écoles, création de zones pour PME, etc.

Mais l'initiative à laquelle les Pecquois sont le plus sensibles est sans doute celle relative à la sécurité routière. La commune est en effet traversée par plusieurs axes routiers particulièrement dangereux: la chaussée reliant Tournai à Courtrai (réputée la plus meurtrière de Wallonie), celle reliant Tournai à Audenaerde et les routes provinciales Pecq-Lannoy et Warcoing-Avelgem. S'y ajoute, pour les riverains de la RN 50 Tournai-Courtrai, un problème de pollution et de nuisances tel que certains préfèrent déserter les lieux.

Fin 1989, une commission communale de sécurité routière a été mise en place. Elle réunit des représentants des ministères concernés (Travaux publics et Rénovation rurale), des fonctionnaires des diverses administrations (notamment le Fonds des routes), des techniciens de la sécurité routière, des mandataires communaux, des officiers de police et de gendarmerie, etc. Sous l'impulsion de cette commission, quelques mesures dictées par l'urgence, mais ponctuelles, ont été décidées. Simultanément, une étude globale visant à trouver les moyens de résoudre ce conflit route-village a été commandée à la Sidého. Cofinancée par les Travaux publics et la Rénovation rurale, cette étude pilote (elle pourrait servir de modèle à d'autres communes confrontées à la même situation) devrait être achevée en janvier prochain. Il restera ensuite à concrétiser ses résultats sur le terrain, ce qui devrait aller de pair avec un réaménagement de la place de Pecq.

JACKY LEGRAIN