LE FRANC RESTE FAIBLE,LA BANQUE NATIONALE LE DEFEND BIEN MAYSTADT:LA MONNAIE UNIQUE EN 99

DELVAUX,BEATRICE

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Mercredi 11 août 1993

Le franc reste faible, la Banque nationale le défend bien

Maystadt: «la monnaie unique en 99»

L'introduction de la monnaie unique européenne aux dates prévues par le traité de Maastricht est-elle irrémédiablement compromise, après la mise entre parenthèses du système monétaire européen? Le chancelier allemand Helmut Kohl, soulignaient hier certains, a reconnu tout haut ce que nombre de responsables européens pensaient tout bas, en déclarant que le calendrier de l'union économique et monétaire (UEM) pourrait être «décalé d'un à deux ans». Mais, dès hier aussi, plusieurs gros bras montaient au créneau pour minimiser la portée de ces déclarations. Et, notamment, le ministre belge des Finances, Philippe Maystadt, président actuel de la Communauté: J'ai déjà déclaré que la date qui compte pour cette monnaie unique est le 1er janvier 1999 (NDLR: une première date possible est le 1.1.1997, voir notre tableau). Je considère donc que les déclarations du chancelier Kohl ne sont pas de nature à remettre en cause le projet européen.

La France, elle aussi, voulait rassurer. Le ministre français aux Affaires européennes, Alain Lamassoure, estimait hier que le calendrier de l'UEM pouvait être tenu. Mais il insistait surtout sur le fait que la France et l'Allemagne, comme leurs partenaires, tenaient absolument à ce que la deuxième phase (création de l'Institut monétaire et renforcement de l'exercice de convergence des économies) ait bien lieu le 1er janvier 1994. Mais il se montrait plus évasif sur le report éventuel de la troisième phase, estimant qu'on pouvait avoir «ces interrogations»: dans la situation actuelle, il faut progresser pas à pas. Des propos que confirmait le ministre allemand de l'Économie.

Deux certitudes dans ce brouillard: «primo», les Douze semblent plus que jamais accrochés aux critères de convergence qui fixent des objectifs stricts à leurs finances publiques, inflation, taux d'intérêt et taux de change; «secundo», ils se reverront en octobre, pour «faire le point» et vraisemblablement délivrer un message clair et uni aux marchés financiers. Pas question, cependant, d'un «sommet extraordinaire», cette réunion, nous précisait Philippe Maystadt, étant prévue dès après la ratification de Maastricht.

Les marchés pourront-ils attendre? Hier, sans que l'on puisse parler de véritable regain de la spéculation, les monnaies européennes enregistraient un repli généralisé face au mark. En particulier le franc français, les marchés attendant toujours une baisse des taux dans l'Hexagone.

Le franc belge était également attaqué, mais la Banque nationale a mis les spéculateurs, pour la troisième fois, en échec, en resserrant la liquidité sur le marché (poussant les certificats de trésorerie à trois mois à 10,22 % contre 7,99 précédemment). Le franc clôturait finalement à son niveau d'ouverture (1 DM pour 21,24 FB).

B. Dx