LE GROUPE CANADIEN BOMBARDIER REGROUPE EN BELGIQUE SES FILIALES EUROPEENNES. LA BN SE TRANSFORME EN BOMBARDIER EURORAIL

BELGA

Page 4

Mardi 14 mai 1991

Le groupe canadien Bombardier regroupe en Belgique ses filiales européennes

La BN se transforme en Bombardier Eurorail

La «BN Constructions Ferroviaires et Métalliques s.a.» (BN en abrégé), filiale belge du groupe canadien Bombardier Inc., va changer de nom pour s'appeler Bombardier Eurorail après l'approbation par les actionnaires réunis en assemblée générale le 29 mai prochain, a expliqué l'administrateur délégué et directeur général de la BN, Michel Simonart.

ÉCHANGE DE TITRES EN BOURSE

La nouvelle filiale Bombardier Eurorail va être détenue à 91,5 % par le groupe canadien et va constituer, à Bruxelles, le holding de développement européen du groupe pour le matériel de transport. Les 8,5 % restants, qui représentent aujourd'hui les titres BN cotés en Bourse de Bruxelles, resteront cotés sur la place financière belge. Chaque titre BN va en effet être échangé contre une action Bombardier Eurorail. L'échange devrait intervenir à la fin du troisième trimestre de l'année. La société n'a pas le projet d'introduire le titre sur d'autres places financières, mais estime que la cotation à Bruxelles de Bombardier Eurorail offre la possibilité d'augmenter le capital et d'attirer de nouveaux actionnaires.

Bombardier Eurorail s.a. représente donc l'actuelle BN, laquelle va cependant être enrichie de l'acquisition, décidée le 15 avril, de deux filiales actuelles de Bombardier Inc., à savoir la société française ANF-Industrie et la société autrichienne Bombardier-Rotax-Wien. L'acquisition des deux sociétés devrait être finalisée en juin prochain et représente quelque 1,8 milliard de francs pour ANF et environ 130 millions pour la société autrichienne.

La BN va cependant subsister en tant que division ferroviaire de Bombardier Eurorail s.a. La BN est une division, et non une filiale de la nouvelle structure, a précisé M. Simonart, ajoutant que la BN continue à avoir ses projets en matière de grande exportation belge, y compris hors de l'Europe.

Bombardier Eurorail va donc regrouper la division BN de Belgique, ainsi que les filiales ANF-Industrie de France, Bombardier-Rotax-Wien d'Autriche et Bombardier-Prorail Limited du Royaume-Uni. Le nouveau groupe européen comporte aussi d'autres filiales non ferroviaires, industrielles ou non. Toutes les filiales sont détenues à 100 % par Bombardier Eurorail.

La nouvelle structure européenne du groupe canadien va employer quelque 4.000 personnes et s'attend à réaliser un chiffre d'affaires annuel consolidé de 20 milliards de francs (et même de 25 milliards après quelques années). Le carnet de commandes de Bombardier Eurorail, étalé sur les 3 (pour la Belgique) à maximum 7 années à venir (pour la France), s'élève actuellement à plus de 60 milliards, dont 25 milliards pour la BN, 36 milliards pour ANF et 1,075 milliard pour Rotax. Le cash-flow étant exceptionnel, les perspectives de résultats sont très favorables, même si les amortissements des premières années rendent difficile une prévision chiffrée, a affirmé M. Simonart. Il était temps que Bombardier crée une nouvelle identité en Europe pour ses activités dans le secteur du matériel de transport, au moment où les concurrents se regroupent, a encore déclaré Michel Simonart, se référant notamment au rapprochement franco-anglais GEC-Alsthom.

Selon l'administrateur délégué, le nouveau groupe Bombardier Eurorail occupe désormais la quatrième place européenne.

DES ACHATS EN ESPAGNE, A l'EST

La création de la nouvelle structure permet d'autre part au groupe de combiner les efforts et les ressources afin d'obtenir des contrats plus importants tels que l'Euroshuttle (tunnel trans-Manche) et lorsque nous ferons d'autres acquisitions. M. Simonart a ainsi affirmé que des opportunités existent à l'Est, mais aussi en Espagne, en Italie ou en Allemagne. (D'après Belga.)