le gsm est cancérigène
SCHOUNE,CHRISTOPHE
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Mercredi 15 octobre 2008
Pour ceux qui utilisent un GSM depuis plus de dix ans, le risque cancérigène est « significativement accru ». La probabilité de développer un gliome – cancer du cerveau pour lequel le facteur de risque de mortalité est le plus élevé – est jusqu’à 60 % plus importante dans les pays scandinaves, près de 100 % en France et 120 % en Allemagne. Les résultats sont plus contrastés pour les autres formes de cancer étudiées.
Alerte générale ? « Ces résultats n’ont pas la valeur d’une publication définitive », temporise Elisabeth Cardis, coordinatrice de l’étude Interphone, qui note quelques insuffisances statistiques. Cette chercheuse au Centre pour la recherche en épidémiologie environnementale à Barcelone préfère dès lors la prudence : pas question de normes plus sévères à réclamer au niveau des États, pas de signalétique particulière comme c’est le cas pour les cigarettes. Mais, précise-t-elle néanmoins, « sur la base des connaissances actuelles, il convient d’agir avec prudence en recommandant aux enfants d’utiliser le portable de façon raisonnée et de privilégier le téléphone fixe ».
Les résultats définitifs seront connus l’an prochain. Selon certaines associations qui militent pour durcir les normes, ceux-ci pourraient se révéler plus alarmants du fait de cette donnée de départ : un utilisateur régulier, selon l’étude, utilise son GSM au moins une fois par semaine pendant six mois. Une utilisation finalement… très raisonnable.
P.6 nos informations
L’usage du GSM est nocif à long terme
Santé Des résultats partiels de l’étude Interphone
Quelque 2.600 cas de gliomes, 2.300 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la glande parotide ont été pris en considération dans ce panel qui n’englobe pas la Belgique. À propos du gliome, le cancer du cerveau pour lequel le facteur de risque de mortalité est le plus élevé, l’étude note que « la mise en commun des données des pays scandinaves et d’une partie du Royaume-Uni a permis de dégager un risque de gliome significativement accru en relation avec l’utilisation des téléphones portables pour une période de 10 ans ou plus, du côté de la tête où la tumeur s’est développée ». Selon le récapitulatif des résultats, la probabilité de développer un tel cancer est jusqu’à 60 % plus élevée dans les pays scandinaves, de près de 100 % en France et de 120 % en Allemagne pour les utilisateurs de plus de dix ans.
En ce qui concerne le méningiome et le neurinome de l’acoustique, les résultats sont plus contrastés : « Les analyses d’ensemble des données des pays scandinaves et du Royaume-Uni n’ont mis en évidence aucun risque accru de méningiome lié à une durée d’utilisation à long terme ou intensive, poursuit l’étude, mais un risque significativement accru du neurinome de l’acoustique lié à des durées d’utilisation de dix ans ou plus du côté de la tumeur. »
Pour les tumeurs de la glande parotide, aucune augmentation du risque n’a été observée globalement. En revanche, note la synthèse, « dans l’étude israélienne, où les sujets avaient tendance à rapporter une utilisation plus intense des téléphones portables, les résultats laissent penser qu’il existe un rapport entre cet usage et ce risque de tumeurs… » Des investigations supplémentaires de cette association, avec des périodes de latence plus longue et un grand nombre d’utilisateurs intensifs, sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
« L’utilisateur régulier » ? Encore faut-il s’entendre sur une définition correcte. Et les associations qui militent pour durcir les normes ne manquent pas de relever, sur ce plan, que le profil de l’utilisateur régulier retenu dans l’étude Interphone (au moins une fois par semaine pendant six mois) minimiserait la portée de certains résultats…
Des résultats à prendre avec réserve en attendant la publication définitive, sans doute en 2009, de cette étude clef. C’est notamment sur cette base que les pouvoirs publics européens et belges en particulier devraient ajuster les normes d’exposition aux ondes électromagnétiques.
« Agir avec prudence… »
Ces résultats sont une mise à jour, mais n’ont pas la valeur de publication définitive. C’est plus un résumé pour les scientifiques que pour le grand public…
Les études sur des effectifs importants suggèrent une augmentation des cancers, mais en attendant la publication des résultats définitifs, il faut demeurer prudent dans leur interprétation…
Ces études nationales manquent de la puissance statistique nécessaire et souffrent, comme toute étude épidémiologique, de biais qui peuvent invalider les conclusions dans un sens ou l’autre. D’une part, les rapports peuvent être sous-estimés en raison du taux de réponse assez faible, près de 55 %, des témoins non malades. D’autre part, il est possible que les personnes malades ayant participé aux études aient surestimé l’usage de leur téléphone…
Sans doute, car nous allons approfondir le lien de cause à effet au travers de l’analyse du risque en fonction de la localisation précise des tumeurs. La répartition spatiale de l’énergie des radiofréquences dans le cerveau a été caractérisée à l’aide de mesures prises sur plus de 100 téléphones utilisés dans différents pays. Des analyses détaillées sont en cours à l’aide d’images radiologiques en trois dimensions…
C’est pourtant une notion très claire qui traverse toutes les études. Lorsque les gens répondent oui à cette question, un questionnaire détaillé leur est administré pour documenter tout leur historique d’utilisation de portables.
Je n’ai pas de données pour répondre à cette question…
Sur la base des connaissances actuelles, il convient d’agir avec prudence en recommandant aux enfants d’utiliser le portable de façon raisonnée et de privilégier le téléphone fixe.
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