Le «.Kazakhgate.» hante Tractebel Energie Nicolas Atherinos, ancien dirigeant de la société, dénonce des pratiques illicites dans le dossier de l'ancienne république soviétique Le «.Kazakhgate.» poursuit Tractebel Hansen.: «.Certains ont intérêt à augmenter la confusion.» Atherinos.: « Le système de rémunération devait rester opaque.» La Banque mondiale ne commente pas Le point judiciaire

CONDIJTS,JOAN

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Mardi 9 avril 2002

Le « Kazakhgate » hante Tractebel

Energie

JOAN CONDIJTS

Je ne veux pas être le bouc émissaire. Nicolas Atherinos se défend et accuse... Qu'on sache que Tractebel a corrompu et que je n'ai été que le mercenaire de l'entreprise au Kazakhstan.

Jusqu'en septembre 1998, ce sexagénaire occupait le fauteuil de vice-président d'« Electricité et Gaz International », département chargé des opérations étrangères du groupe énergétique Tractebel. Or, la société belge soupçonne son ancien mandataire d'avoir détourné des fonds dans le cadre des activités de l'entreprise au Kazakhstan et a, par conséquent, porté plainte contre lui en novembre 1999.

Aussi l'homme a-t-il réagi en déposant plainte contre plusieurs dirigeants de Tractebel. L'ancien mandataire nous livre, aujourd'hui, sa version de ce « Kazakhgate » qui ne cesse d'éclabousser la filiale du groupe Suez. Une version que Jean-Pierre Hansen, le directeur de Tractebel, a encore démentie lundi.

Au milieu des années nonante, Tractebel avait acquis une concession gazière du Kazakhstan pour 85 millions de dollars. Dont 55 en « commissions de consultance » versées à un trio d'hommes d'affaires kazakhs. Cette transaction demeure dans le collimateur des justices belge et suisse, qui soupçonnent des « retours » de commissions bénéficiant à des proches de Tractebel.·

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En décembre 1999 éclatait le « Kazakhgate »... Des enquêteurs belges et suisses s'intéressaient à un trio d'hommes d'affaires kazakhs, soupçonnés de blanchiment et de corruption d'un ancien Premier ministre du Kazakhstan. Sur leurs pistes, les limiers trouveront une commission de 55 millions de dollars, versée par le groupe Tractebel au trio kazakh, en vue de décrocher une concession gazière au Kazakhstan. Des indices de « retours » illicites de commission apparaîtront également dans le dossier. Aussi, Tractebel soupçonne son ancien mandataire, Nicolas Atherinos, d'avoir organisé ces « retours » et a porté plainte contre lui. Une attaque à laquelle ce dernier a répondu en déposant plainte contre son ex-employeur.

EnergieNicolas Atherinos, ancien dirigeant de la société, dénonce des pratiques illicites dans le dossier de l'ancienne république soviétique

Le « Kazakhgate » poursuit Tractebel

JOAN CONDIJTS, envoyé spécial

ATHÈNES

J'ai été le mercenaire de Tractebel. Qu'on sache que Tractebel a corrompu et qu'Atherinos n'a pas agi seul mais était l'homme de Tractebel. Nicolas Atherinos réplique, accuse, pourfend...

Jusqu'en août 1998, l'homme a occupé le siège de vice-président d'« Electricité et Gaz International » (EGI), bras international du groupe énergétique Tractebel. Ce Grec polyglotte, né en 1940 à Alexandrie, a surtout été le légat de l'entreprise sur plusieurs marchés étrangers, convoités dans les années nonante par la direction de la place du Trône (siège bruxellois de Tractebel), tels qu'Oman et le Kazakhstan. Et, cette ancienne république soviétique, immense territoire (2,7 millions de km2) situé aux confins de l'Europe, sur les rives de la mer Caspienne, entre la Russie et la Chine, apparaît au centre d'un scandale politico-financier qui éclabousse Tractebel depuis 1999 : le « Kazakhgate ». Une affaire dans laquelle Nicolas Atherinos a joué un rôle clef.

En août 1996, Tractebel, dirigée (à cette époque) par Philippe Bodson aujourd'hui, sénateur libéral acquiert quatre centrales électriques dans la région d'Almaty. La véritable percée se fait, cependant, un an plus tard : l'entreprise emporte une concession exclusive de vingt ans, portant sur le transport (exploitation de 8.000 km de pipelines) et le stockage du gaz naturel au Kazakhstan. Soit un contrat stratégiquement capital : le réseau de gazoducs relie les producteurs que sont le Turkménistan ainsi que l'Ouzbékistan à la Russie et, partant, aux consommateurs occidentaux. Sur la ligne d'arrivée, la société belge coiffe, d'ailleurs, des géants tels que l'américain Enron ou Gaz de France qui avaient également marqué un intérêt certain pour le projet.

Afin de décrocher le contrat gazier, Tractebel débourse quelque 85 millions de dollars dont 30 millions sont versés directement à l'Etat kazakh et 55 millions atterrissent, sous forme de commissions dites « de consultance » dans l'escarcelle d'un trio kazakh suspecté d'évoluer dans des sphères mafieuses. Ces trois intermédiaires, le Kazakh Alijan Ibragimov, le Russe Alexandre Machkevitch et le Belge (d'origine ouzbèke) Patokh Chodiev, obtiennent, parallèlement à la somme susmentionnée, 45 % des parts d'« Intergas Central Asia », filiale kazakh de Tractebel présidée par Nicolas Atherinos qui détiendra la concession gazière.

A ce moment, nulle trace d'opérations délictueuses.

La boîte de Pandore s'entrouvre lorsque les appareils judiciaires belge et suisse commencent à s'intéresser au « trio kazakh » ainsi qu'à l'ex-Premier ministre de l'ancienne république soviétique, Akhezan Kajegueldine, qui a démissionné à l'automne 1997. L'Etat kazakh aurait dénoncé des faits de corruption et de détournement de biens publics, oeuvres dudit ministre avec la complicité du trio. Les pistes mènent, notamment, les enquêteurs vers la commission de 55 millions de dollars versée par Tractebel au trio. En Belgique, l'Inspection spéciale des impôts (ISI) se penche également sur ce dossier dont l'architecture financière se complexifie à mesure que les limiers avancent... L'argent circulait dans un dédale de sociétés installées aux Pays-Bas, aux Bahamas, aux Iles Vierges...

Tandis que la Justice suit la piste du trio, le rêve économique du Kazakhstan se mue progressivement en cauchemar pécuniaire... Les activités orientales de Tractebel demeurent déficitaires : l'entreprise ne reçoit pas, du pouvoir kazakh, l'autorisation d'augmenter les tarifs électriques et le transit gazier, malgré un potentiel indéniable, tarde à fructifier. Les causes ? Un contrat d'exploitation peu avantageux et des conflits d'intérêt personnel. Aussi, en avril 2000, Jean-Pierre Hansen, le successeur de Philippe Bodson à la direction de la grande maison, conclut-il un accord de principe en vue de la reprise de la concession gazière par la société d'Etat KazTransGas et le gouvernement kazakh : une transaction de 100 millions de dollars. Parallèlement, Tractebel renonce à toute action judiciaire contre ses trois partenaires kazakhs.

L'affaire est-elle close ? Non. Plusieurs soupçons éclaboussent l'entreprise belge, filiale du groupe français Suez. Les dossiers d'instruction comporteraient des indices de corruption et de « retours » de commissions une partie des honoraires « de consultance » (5 millions de dollars apparaissent, notamment, sur les comptes d'une société suspecte) aurait été reversée à des proches de Tractebel, voire à des membres de la direction... De plus, l'Inspection spéciale des impôts a assimilé lesdits honoraires, soit les 55 millions de dollars versés au trio kazakh, à « une commission secrète ». Aussi, l'administration fiscale a-t-elle infligé à Tractebel, voici quelques mois, un redressement d'environ 150 millions d'euros. Si l'entreprise a introduit un recours et obtenu gain de cause, une seconde salve fiscale a été tirée... Nous l'avons de nouveau contestée, indique Jean-Pierre Hansen.

La direction de Tractebel se défend avec force d'être coupable et s'est portée partie civile contre son mandataire déchu, Nicolas Atherinos le soupçonnant d'avoir organisé les « éventuels retours de commissions » ainsi que contre X. Et non contre le trio kazakh : le pacte de non-agression, signé à l'issue du retrait de Tractebel du Kazakhstan, l'en empêcherait-elle ? Une attaque que l'ex-vice-président, entré au service de la grande maison dans les années septante, ne digère pas : Je ne veux pas être le bouc émissaire. Le sexagénaire a donc porté plainte contre Tractebel, entre autres pour « association de malfaiteurs ».

Dans cet imbroglio politico-financier, seule une certitude émerge : le « Kazakhgate » n'a pas encore révélé tous ses rouages.·

Hansen : « Certains ont intérêt à augmenter la confusion »

En marge d'une conférence de presse consacrée à la présentation d'une nouvelle politique de communication de l'entreprise, Jean-Pierre Hansen, le directeur général de Tractebel, a réaffirmé, ce lundi, en cinq points, sa position quant au dossier kazakh.

1 L'ambition kazakhe. Elle allait jusqu'à viser, à terme, un développement des activités gazières dans toute cette région du monde. Le projet était rationnellement justifiable. Mais était-il rationnellement réalisable ? En juin 1999, j'ai décidé de sortir du Kazakhstan car cette ambition pesait lourdement sur nos résultats depuis 1997.

2 Le dépôt de plaintes. Un faisceau de conjonctions nous a permis de penser qu'il y avait dol. Nous avons donc introduit des plaintes. Nous nous sommes, par ailleurs, tenus à la disposition de la Justice.

3 Les mesures internes. Nous avons des pouvoirs et des devoirs d'investigation internes. Nous avons mis en place des procédures de choix de nos collaborateurs dans le monde entier et nous avons réalisé un audit sur notre manière de réaliser des affaires.

4 Pourquoi ces déclarations nouvelles ? La raison est simple : des personnes, qui sont peut-être en situation judiciaire difficile, ont intérêt à augmenter la confusion sur ce dossier. Je peux peut-être aussi penser que des concurrents utilisent ces personnes.

5 La fiscalité. Lorsqu'un groupe mobilise des consultants, il les rémunère par le biais de commissions. Il existe deux types de commissions : des commissions déductibles dont les bénéficiaires sont parfaitement identifiés et des commissions dites « secrètes » mais légales qui ne sont pas déductibles et dont les bénéficiaires ne sont pas connus. Or, dans le dossier kazakh, nous avons versé des commissions à des sociétés parfaitement identifiées, il ne s'agit donc pas de commissions secrètes.·

Jo. C.

Atherinos : « Le système de rémunération devait rester opaque »ENTRETIEN

Nicolas Atherinos sirote un café... Le sexagénaire parle. Des heures durant. Sa voix vitupère. Ses yeux charment. Son sourire se perd. Dans ce bar désert de la banlieue athénienne.

Installé sur les rives de la mer Egée depuis plusieurs mois, loin du « monstre » comme il aime à appeler Tractebel son ancien employeur, devenu son principal détracteur , l'homme se dit meurtri. Aussi, le vice-président déchu d'Electricité et Gaz International (EGI), filiale du groupe bruxellois principalement chargée des opérations à l'étranger, entend-il contre-attaquer...

En novembre 1999, Tractebel a déposé plainte contre vous parce que vous auriez détourné des fonds, dans le cadre de vos fonctions, à l'insu de l'entreprise, lors de la passation de contrats gaziers et électriques au Kazakhstan. Quel a été votre rôle dans ces activités ?

Je suis passé au début des années nonante de Tractebel à EGI. J'ai été choisi à cause de mes capacités professionnelles. C'est moi qui ai organisé l'introduction de Tractebel dans l'ancienne Union soviétique.

La direction de Tractebel vous reproche d'avoir opéré seul et, partant, de l'avoir abusée. Ignorait-elle vos agissements ?

Qu'on sache que Tractebel a corrompu et qu'Atherinos n'a pas agi seul mais était l'homme de Tractebel.Tout mercenaire, tout corrupteur que j'étais, Tractebel n'allait pas laisser quelques centaines de millions de dollars à ma seule discrétion.Le montage financier, c'était moi. Mais il a été avalisé. J'en possède les preuves irréfutables.

Des soupçons qui ont d'ailleurs poussé Tractebel à porter plainte pèsent sur vous quant à des « retours » des commissions qui ont été versées dans le cadre de missions dites de consultance au Kazakhstan...

Mes accords étaient tels que je ne pouvais être rémunéré que par le système de la corruption puisque c'est moi qui le mettais en place. Tout autre mode de rémunération transparent allait entraîner d'énormes frais pour Tractebel au niveau de l'ONSS, mais cela dévoilerait aussi un système au sein de Tractebel, autrement dit : qu'il existait des rémunérations pour organiser quelque chose dont on niait l'existence. Ces deux choses conjuguées montrent que ce système de rémunération devait rester opaque.

L'argent de la corruption a donc notamment servi à vous rémunérer...

Cela a profité à tout le monde. A cette époque, nous n'étions que les servants de Tractebel. Et tous les servants recevaient leur cacahuète; moi aussi j'ai reçu ma cacahuète. Vous croyez que je faisais cela pour 100.000 francs par mois, soit mon traitement officiel ? Je me tire dans le pied mais je n'accepte pas qu'on me traite de faussaire.

Si vous n'étiez qu'un maillon de la chaîne, qui sont les bénéficiaires du système ?

Je vous explique ma position. Peut-être y a-t-il mille types à côté de moi. C'est ma signature. Oui j'ai participé à cela. Oui j'ai reçu un mandat. Peut-être qu'on va me condamner à six mois de prison. Peut-être que j'aurai un casier judiciaire avec 10 autres personnes. Je ne sais pas.

Ceux qui étaient au-dessus de moi avaient le Kazakhstan, le Pérou, le Pakistan, ça et ça... Eux donc, en ne prenant pas 50 millions mais en ne prenant que 5 millions, à la fin de la journée, eux, ils avaient 100 millions grâce aux tickets sur l'ensemble, tandis que moi j'en avais 50.

Pourquoi avez-vous décidé de ne parler qu'aujourd'hui ?

Je ne connaissais pas les détails de la plainte du 9 novembre 1999 déposée par Tractebel contre moi. Mais c'est lorsque j'ai lu ce document, voici un an, que j'ai décidé de réagir. J'ai donc porté plainte, le 9 août 2001, contre Tractebel, pour dénonciation calomnieuse et pour association de malfaiteurs.

Vous dénoncez une structure corruptrice, sinon un système frauduleux, au Kazakhstan, et évoquez, par ailleurs, d'autres marchés sur lesquels Tractebel est présent ou a tenté de s'implanter, tels qu'Oman...

A Oman, j'avais reçu pour mission d'« arranger » l'investissement. Ce que j'ai fait avec un grand succès. Cette affaire continue d'ailleurs à produire les fruits de ce que j'avais organisé. Tractebel se présente aujourd'hui comme au-dessus de tout soupçon et prétend que le groupe n'accepte pas des affaires qui ne sont pas « propres ». Mais alors pourquoi restent-ils à Oman ? Et je joue presque le prophète puisque la Banque mondiale a tiré les conclusions qui s'imposent et quitte ce bateau (lire ci-contre). Or, le modèle Oman a été répercuté au Kazakhstan. Quand je dis le modèle, c'est la structure « d'arrangement ».

Si vos propos sont exacts, pourquoi l'« affaire Oman » n'a-t-elle pas encore éclaté ?

Le rodage. Oman a commencé quatre ans avant mon départ de Tractebel (soit en 1994, NDLR). Tout est huilé. Tout fonctionne. Dans la mesure où Tractebel n'a, jusqu'à présent, pas voulu remettre en question la structure.

Pourquoi avez-vous quitté Tractebel en septembre 1998 ?

Le 8 septembre, je ne donne pas ma démission. J'ai constaté que l'employeur m'avait enlevé des mandats capitaux. J'ai donc considéré qu'il y avait une rupture de contrat entre Tractebel et moi par la faute de Tractebel. J'ai donc quitté la place du Trône. Une négociation s'est engagée (un pacte de non agression a été signé en mars 1999, NDLR) parce que Tractebel ne voulait pas que je porte l'affaire devant un tribunal du travail.

Pourquoi les activités kazakhes se sont-elles soldées par un échec ?

Tractebel a cru qu'il pourrait mettre quelqu'un d'autre à ma place. Ils se sont trompés. C'était un pacte de confiance.

Que faites-vous aujourd'hui ?

Je travaille toujours dans l'énergie.·

Jo. C.

La Banque mondiale ne commente pas

Le Kazakhstan ne serait-il que le maillon d'un système de corruption et d'alimentation de « caisses noires » mis en place par Tractebel ? Telle est la thèse défendue par Nicolas Atherinos. Dans le schéma du vice-président déchu d'« Electricité et Gaz international » (EGI), filiale de la grande maison bruxelloise, le sultanat d'Oman aurait servi de modèle aux activités kazakhes.

En 1994, Tractebel investit plusieurs millions de dollars dans la construction de la centrale électrique d'Al-Manah, à Oman, et dans un réseau de transport d'électrons. La société « United Power Company » (UPC) est créée, dont Tractebel détient 33 % des parts, des investisseurs privés omanais (Zubair Group, Tawoos Group, National Trading Company, W. J. Towell & Co.) 22 %, la Banque mondiale 5 % (par le biais de son bras chargé des investissements privés, la « Société financière internationale »), tandis que le solde, soit 40 %, relève de la Bourse de Mascate, la capitale du sultanat. Le coût total du projet s'élèverait, selon la Banque mondiale, à 217 millions de dollars.

Les enquêteurs suisses de la cellule du juge Devaud soupçonnent que des commissions auraient été versées dans le cadre de ces activités omanaises. Une accusation qui pourrait se révéler lourde de conséquences pour Tractebel, dans la mesure où l'« aile privée » de la Banque mondiale participe au projet. Or, les fonds prêtés ou investis par cette dernière ne sont disponibles que moyennant des clauses très sévères, interdisant notamment toute corruption...

Et, aux dires de Nicolas Atherinos qui dénonce un modèle omanais exporté au Kazakhstan, la Banque mondiale institution qui contribue à l'aide au développement se préparerait à se retirer d'UPC. A Washington, au siège d'IFC, seul règne le silence: Nous ne pouvons nullement commenter ce dossier, se limite à indiquer Afshin Molavi, l'un des porte-parole de l'institution bancaire.·

Jo. C.

Le point judiciaire

En Belgique. Plusieurs instructions sont ouvertes au Parquet de Bruxelles. Les enquêteurs s'intéressent surtout aux comptes du trio kazakh Patokh Chodiev, Alexandre Machkevitch et Alijan Ibragimov, ainsi qu'à l'ancien Premier ministre kazakh Akhezan Kajegueldine, soupçonnant des activités de blanchiment, des actes de corruption et des « retours de commissions » . Si Tractebel n'est pas directement mis en cause, la commission de 55 millions de dollars versée par l'entreprise au trio est dans la ligne de mire des enquêteurs. Enfin, la plainte de Tractebel contre Nicolas Atherinos et contre X est également à l'instruction. Tractebel soupçonne son ancien mandataire d'avoir détourné une partie de ladite commission. Réagissant à la plainte de Tractebel, Nicolas Atherinos a, par ailleurs, porté plainte contre les principaux dirigeants de l'entreprise pour association de malfaiteurs.

En Suisse. Le juge genevois Daniel Denaud enquête sur l'éventuelle corruption de l'ancien Premier ministre kazakh. La plainte déposée par Tractebel contre Atherinos et contre X a également été introduite devant la justice helvétique.