Le logement social carolo en fusion Les sociétés nouvelles sont arrivées

COLLOT,OLIVIER

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Jeudi 2 juillet 1998

Le logement social caroloen fusion La métropole abrite un dixième du patrimoine wallon. La restructuration a valeur d'exemple pour la région.

C'est une expérience, et elle devrait servir d'exemple à l'échelle wallonne: Charleroi vient de mener à terme la restructuration de ses sociétés d'habitations sociales pour en ramener le nombre de neuf à cinq. Une opération qui devrait permettre à l'avenir des économies d'échelle, l'harmonisation des niveaux des loyers et la simplification des formalités administratives imposées aux candidats locataires. Il n'était pas rare, en effet, de voir ces derniers introduire un dossier dans chacune des sociétés agréées. L'idée est aujourd'hui de mettre en place une société faîtière (avant le 1er janvier idéalement) qui assurera une gestion administrative plus cohérente du secteur. Parallèlement, des dispositions seront prises pour restructurer le patrimoine sur le plan géographique et pour assurer la viabilité financière des nouvelles entités fusionnées. La Région wallonne consacrera d'ailleurs une enveloppe de 250 millions à l'opération.

Il faut dire qu'avec 11.896 logements mis en location (5.939 maisons et 5.957 appartements), Charleroi héberge un dixième du parc locatif wallon. Il n'est donc pas étonnant que, dans une métropole en perpétuelle restructuration (dans les domaines de l'énergie et de la télédistribution entre autres), les autorités communales et régionales aient souhaité rationaliser le secteur. Dans le prolongement, l'idée est de restructurer également le champ d'activité des diverses sociétés, d'autant que les zones d'influence géographique s'avèrent parfois étonnantes. Ainsi, le «Foyer moderne» de Châtelineau possède 106 logements à Ransart et 97 autres à Dampremy, tandis que la «Socolo», de Mons, gère 233 logements à... Jumet. Tout porte à croire que des négociations devraient permettre de corriger cet état de choses à terme.

L'EXEMPLE À SUIVRE

Bref, dans une région wallonne qui compte 130 sociétés de logement agréées (107 locatives et 23 acquisitives) les grandes manoeuvres sont en cours pour initier de nouvelles démarches et de nouveaux instruments visant à faire du droit au logement un véritable service public. Dans cette optique, le processus enclenché à Charleroi peut être considéré comme une sorte de test, d'autant qu'il s'inspire du code du logement actuellement en discussion en commission du parlement wallon.

Déjà, d'autres initiatives sont d'ailleurs en cours. Ainsi à La Louvière le «Foyer louviérois» gère-t-il désormais seul les 5.400 logements de son secteur. Des négociations se poursuivent également à Soignies et dans la province de Luxembourg, où une décision de principe en vue d'une fusion des trois sociétés d'Arlon est acquise. On réfléchit de même à Virton (le projet est de fusionner deux sociétés) et à Libramont, où deux des trois bourgmestres concernés (Neufchâteau, Bertrix, Bouillon) semblent acquis au principe. Pourparlers toujours entre les entités de Philippeville, Chimay et Rance pour regrouper leurs moyens, tout comme en Brabant wallon où l'on verait bien s'instaurer une cogérance entre Wavre et Nivelles. Enfin, à Namur, l'objectif serait d'unir les forces de la société provinciale (23 logements), d'Eghezée (83) et de Gembloux (200).

OLIVIER COLLOT

Les sociétés nouvelles sont arrivées

Le 10 juin dernier, les «Habitations de Mont-sur-Marchienne» et les «Habitations marchiennoises» ont uni leurs destins pour former la «Société immobilière de service public du Val d'Heure» (Sisp) forte de 2.056 logements (1.551 maisons, 505 appartements).

Le 19 juin, ce sont le «Foyer gillicien» et le «Foyer montagnard» qui se sont coulés dans le «Versant est», au patrimoine de 1.486 logements (299 maisons, 1.187 appartements).

Ce 30 juin enfin, le «Foyer jumétois», les «Maisons roviennes» de Roux et le «Foyer» de Monceau-sur-Sambre ont convolé pour se muer en «Logis moderne», fort de 2.291 logements (1.563 maisons, 728 appartements).

Des fusions antérieures avaient déjà porté la capacité de la «Carolorégienne» à 2.370 logements (820 maisons, 1.910 appartements), tandis que le «Foyer marcinellois» avait rassemblé 1.265 logements (197 maisons, 1.068 appartements) dans son patrimoine et que «Notre maison» avait porté son parc à 2.068 logements (1.509 maisons, 559 appartements).

Faut-il le préciser, ces fusions successives ne se sont pas réalisée sans douleurs. Le nombre de mandats, et forcément de présidents ayant été revu à la baisse, il a fallu convaincre quelques mandataires de sacrifier leur «responsabilité personnelle» à l'intérêt général. Aujourd'hui, on pase de 11 à 6 sociétés, et d'une capacité minimale de 400 logements à un minimum de 1.500, et plus souvent même de 2.000 et davantage.

O. C.