LE MANUTEA,BATEAU DE GREENPEACE,ARRAISONNE AU LARGE DE MURUROA MANIFESTATIONS DANS PLUSIEURS VILLES DE FRANCE

AFP; ASSOCIATED PRESS

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Lundi 2 octobre 1995

Le «Manutea», bateau de Greenpeace, arraisonné au large de Mururoa

Manifestations antinucléaires en France

A quelques heures du nouvel essai nucléaire français, le «Manutea», un bateau loué par Greenpeace, a été arraisonné, dimanche, dans les eaux internationales au large de Mururoa, a annoncé l'organisation écologiste, qui y avait vu la preuve de l'imminence de ce deuxième tir. La directrice de Greenpeace-France a souligné qu'aucun acte susceptible d'être considéré comme hostile par la marine française n'avait été entrepris.

Selon un porte-parole de Greenpeace à Papeete, les autorités françaises ont découvert à 2 heures du matin un canot sur l'atoll de Mururoa et ont pris cet événement pour prétexte. L'abordage a eu lieu à 5 h 10 du matin. Huit personnes se trouvaient à bord de ce navire battant pavillon américain.

En France, une vingtaine de milliers de militants antinucléaires s'étaient donné rendez-vous samedi à Paris et dans d'autres villes de France pour dire non à la reprise des essais. « Bombes humaines», poissons morts, faux missiles et masques blancs, entre cinq et dix mille personnes ont défilé à Paris, en musique et en couleurs, de la place de la Bastille à celle de la République. Pour simuler une explosion nucléaire, les manifestants, écologistes, syndicalistes et militants politiques de gauche, qui s'étaient retrouvés à l'appel de 150 organisations, se sont couchés un temps sur la chaussée, dans un «die-in».

Derrière ses drapeaux mauves, Greenpeace faisait rouler un camion tirant un gros missile noir, avec ses militants déguisés en «bombes humaines» et en chenilles multicolores.

Le cortège était mené par le généticien Albert Jacquart, l'ancien évêque d'Évreux, Mgr Jacques Gaillot, le comédien Claude Piéplu, l'ex-candidate des Verts à l'élection présidentielle, Dominique Voynet, les socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Henri Emmanuelli, ainsi que les responsables de Greenpeace-France.

Ailleurs en France, des cortèges réunissant de quelques centaines à plusieurs milliers de personnes se sont formés dans une cinquantaine de villes pour protester contre les essais.

Les experts de l'Union européenne n'ont pas eu un accès complet aux installations françaises à Mururoa lors de leur récente visite, a affirmé, hier, la Commission européenne. Leur mission n'a pas eu accès du tout à l'atoll de Fangataufa et seule une partie des informations réclamées a été remise, selon la Commission. (AFP, AP)