Le mystère du Pharaon

PAIROUX,ETIENNE; BERTI,CHRISTOPHE

Page 26

Lundi 3 décembre 2007

Ahmed Hassan tousse et tout Anderlecht s’enrhume. « Pour moi, c’est une énigme », avoue Jacobs…

Remplacements :

Anderlecht : 68e : Mpenza pour Legear ; 79e : De Man pour Pareja ; 83e : Serhat pour Hassan.

Standard : 67e : Ingrao pour Dufer ; 74e : De Camargo pour Mbokani.

Arbitre : Allaerts.

Assistance : 25.061 spectateurs.

Cartes jaunes : Dante, Mbokani, Polak, Sarr, Onyewu, Goor, Wasilewski.

Samedi matin, en arrivant dans le vestiaire au lendemain du partage sans gloire et sans émotion contre le Standard, Ariël Jacobs a noirci le tableau blanc avec ce qu’il a retiré du match. « Dans la mauvaise colonne, j’ai insisté sur le début de match très mauvais et sur le nombre trop élevé de pertes de balle. J’ai aussi évoqué la concurrence interne, mais je garde cela pour le groupe. Dans la bonne colonne, j’ai souligné la réaction de l’équipe, l’acharnement dans les duels et les occasions obtenues. Sans exagérer, et même si je sais que l’ensemble ne fut pas spectaculaire, je retiens plus de points positifs que de points négatifs. »

Trop malin pour tirer des conclusions après deux matchs (Hamme et le Standard), Jacobs ne veut pas parler d’équipe en progrès, mais il ne se montre pas trop inquiet pour la suite des événements, malgré le calendrier chargé jusqu’à la trêve (Tottenham, Saint-Trond, Bruges, Getafe et Mons, bref que « du lourd »).

En fait, ce qui inquiète le plus le technicien bruxellois et, pour tout dire, tout le club mauve, c’est l’état de forme d’Ahmed Hassan. L’Égyptien, considéré comme une icône au parc Astrid depuis son arrivée, a confirmé vendredi soir sa méforme persistante. Avec un signe qui ne trompe pas : pour la première fois depuis son arrivée, il a été (un peu) sifflé pour un public qui l’acclamait, il y a peu, même quand il faisait une remise en touche.

Le Pharaon tousse et c’est tout Anderlecht, somme toute, qui s’enrhume, car en l’absence de Boussoufa, Hassan est quasi le seul garant de la créativité d’Anderlecht au milieu du jeu.

« Pour moi, Hassan, c’est une énigme, avoue Jacobs sans langue de bois. Ahmed est un professionnel très sérieux, qui travaille sans relâche et ne triche pas. Son problème n’est pas physique, ni mental. En tout cas, je ne le crois pas. Je discute beaucoup avec lui pour trouver une solution, lui-même est conscient qu’il n’est pas au mieux. Il n’est pas heureux pour l’instant, car il se sent frustré de ne pas apporter à l’équipe ce qu’on attend de lui. En fait, vendredi, je ne lui ai donné qu’une seule consigne : ne pas revenir trop loin dans le jeu pour demander le cuir, car je préfère qu’il soit frais et décisif à 20 mètres du but adverse plutôt qu’à 20 mètres du nôtre. Mais c’est son péché mignon, il veut toucher beaucoup le ballon pour se sentir en confiance. Mais finalement, cela se retourne contre lui car comme il n’est pas en forme, il perd plus de ballon et c’est un cercle vicieux. »

C’est un peu surréaliste qu’un club comme le Sporting soit dépendant d’un seul homme, mais avec Boussoufa blessé et Baseggio qui reste un point d’interrogation, Hassan n’a quasi pas de concurrence dans son rôle. « C’est vrai, mais son crédit n’est pas illimité, ajoute Jacobs. À un moment, il faut aussi le protéger contre lui-même, c’est pour cela que je l’ai retiré du jeu vendredi. Pour la suite, on verra. »

Une chose est sûre : Hassan fait preuve d’une « disponibilité » à toute épreuve, pour reprendre un terme à la mode sous l’ère Vercauteren, et d’un attachement au club bruxellois. Suspendu pour le premier match de la CAN, l’Égyptien tient à jouer en Coupe puis contre Malines, début janvier, avant de partir en Afrique. D’ici là, tout le Sporting espère qu’il aura retrouvé la forme. Car les cinq matchs avant la trêve seront décisifs pour toute la saison du club. En championnat et en Coupe de l’UEFA, où la défaite de Getafe contre Tel Aviv a redistribué toutes les cartes dans le groupe G. « On ne va pas rigoler contre Tottenham », prévient Jacobs, qui avait suivi les Anglais en Israël alors qu’Anderlecht perdait 2 points à Aalborg. « Un partage qui va nous poursuivre jusqu’au bout. »

Anderlecht

0

Zitka

Wasilewski

Pareja

Juhasz

Deschacht

Legear

Polak

Biglia

Goor

Hassan

Frutos

Entraîneur :

Jacobs

Standard

0

Espinoza

Marcos

Sarr

Onyewu

Dante

Dufer

Fellaini

Defour

Witsel

Mbokani

Jovanovic

Entraîneur :

Preud’homme

Preud’homme : « Le Standard n’est pas le Real »

Vendredi soir, les Liégeois étaient partagés entre deux sentiments. D’abord, la satisfaction de quitter le parc Astrid avec un point tout en conservant leur brevet d’invincibilité. Un brevet qui, avouons-le, ne trotte quand même pas trop dans les esprits. Ensuite, il y a cette impression que si la division offensive liégeoise avait été aussi performante que son axe central défensif, le Standard aurait pu remporter la totalité de l’enjeu dans un match où il n’a pas vraiment été mis en difficulté. Etrange, quand on sait, comme le faisait remarquer un observateur très attentif du club principautaire, que le banc anderlechtois ne comptait quasiment que des internationaux alors que le coach liégeois a dû titulariser « un réserviste brugeois » (Dufer) pour le remplacer en cours de match par un « joueur du Lierse » (Ingrao) ! C’est sans doute pour cette raison que Preud’homme appréciait le point ramené du parc Astrid.

« Depuis quelque temps, j’ai le sentiment qu’on attend du Standard qu’il soit le Real Madrid. Et bien croyez-moi, si celui-ci avait fait match nul comme nous à Anderlecht en Ligue des champions, il aurait été content ! »

Mais ce qui chagrine le coach liégeois depuis le début de championnat, et c’était encore somme toute le cas la saison dernière, c’est l’incapacité de sa formation à remporter la totalité de l’enjeu quand elle ne brille pas de mille feux.

« Bruges est devant nous en gagnant parfois de justesse. Tant mieux pour lui. De notre côté, on a mérité tous nos points. Mais j’aimerais bien moi aussi que mon équipe réalise de temps en temps l’un ou l’autre hold-up. »

L’autre point qui n’a sans doute pas amusé le coach principautaire, ce sont les quatre avertissements pris par ses ouailles. Une première cette saison. Mais une première qui coûte cher car Dante et Sarr ne joueront pas le prochain match contre Charleroi.

« Nous avons fait une mise au point en interne. Si je peux pardonner celle prise par Dante, les autres sont un peu stupides. Mais vu le match exceptionnel livré par Sarr et Onyewu, je ne peux pas vraiment leur en tenir rigueur. Mais je leur ai quand même dit qu’ils ne peuvent pas se permettre ce genre de cartes s’ils veulent progresser à l’avenir. »

Sarr était d’ailleurs le premier à en convenir.

« C’était stupide, mais c’était un geste instinctif. Après avoir repoussé Goor, j’ai immédiatement regretté mon attitude car je savais qu’elle était synonyme de suspension. Et je savais aussi que Dante était déjà privé du prochain match. »

Voilà qui laisse Preud’homme devant une belle équation à deux inconnues. Dès le début de la saison, il avait annoncé que les solutions de remplacement manquaient dans son secteur défensif. Avec le noyau à sa disposition, changer un joueur n’est pas évident, alors deux ! Si on ne voit pas très bien comment il pourrait se passer de Fred pour remplacer Sarr dans l’axe puisque Phibel poursuit sa rééducation, il va devoir aussi trouver une solution pour son flanc gauche. Mulemo avait été rappelé de Saint-Trond pour constituer une alternative, mais il n’est pas encore rétabli de son opération suite à une pubalgie. Alors, va-t-il devoir se tourner vers Dupré (qui n’a joué qu’une minute en championnat) ou Ingrao ? Il a en tout cas une semaine pour trouver la meilleure solution.

échos

Anderlecht : Tottenham battu à la dernière minute

Pareja. Touché au quadriceps, le défenseur argentin subira une échographie ce lundi pour définir la gravité de sa blessure, mais samedi, il ne se faisait pas d’illusion : son premier tour est terminé. Avec Von Schlebrügge également indisponible, Jacobs ne dispose plus que de 5 défenseurs (Wasilewski, De Man, Juhasz, Deschacht et Van Damme). Avec deux solutions dans l’axe, donc : De Man et Deschacht

Biglia. Le médian argentin a reçu un coup sur le mollet et ne s'est pas entraîné samedi matin, tout comme Juhasz (coup sur l'orteil) et Vadis (cuisse). Legear, lourdement « chargé » par Dante, vendredi soir, se plaint de la nuque.

Polak. Le Tchèque sera suspendu à Saint-Trond, dimanche prochain, probablement remplacé par... Serhat, dans une configuration plus offensive.

Tottenham. Les Anglais ont été battus 2-3 à la dernière minute face à Birmingham, dimanche, en Premier League. Ils se retrouvent 16e au classement après 15 journées. Les Londoniens arriveront mercredi à Bruxelles et s’entraîneront (à huis clos) à 18 heures. Jeudi, le match débutera à 20h45. (C.Be.)

Leidgens devient directeur commercial du Standard

Team-manager. Depuis 2003, Frédéric Leidgens cumulait les fonctions de team-manager et d’attaché de presse au Standard. Il ne le fera plus dès 2008. En effet, à 28 ans, il vient d’être nommé directeur commercial du club principautaire. Cela devrait être confirmé ce lundi lors d’une conférence de presse annoncée par le club liégeois. A cette occasion, la direction des Rouches va sans doute présenter son successeur dans le double rôle qu’il exerçait jusque-là. Bref, après un médecin en début de saison, c’est un nouveau changement qui intervient dans l’entourage de l’équipe.

Samedi. Les Liégeois qui ont disputé le match ont eu droit à une séance de décrassage sur vélo. Les autres ont eu un entraînement normal avec, notamment, Dante. Suspendu pour le match de vendredi, le Brésilien a demandé, et obtenu, l’autorisation de pouvoir s’entraîner normalement. Dimanche, ils ont eu congé avant de préparer le match contre Charleroi à raison d’un entraînement par jour dès ce lundi. (E.Px.)

Mohamed Sarr

Mohamed Sarr

Intransigeant, rassurant, rigoureux, le défenseur sénégalais a fait beaucoup de bien à son équipe. Et beaucoup de tort à Nicolas Frutos.

Ahmed Hassan

Ahmed Hassan

L’Egyptien est quasi le seul garant actuel de la créativité mauve et pour l’instant, il est en panne. Vendredi, il est passé à côté de son match.