Le parquet de Bruxelles enquête «Kazakhgate»: Tractebel confirme, sans commentaire «Kazakhgate», le dessous présumé des cartes Dans l'immédiat, cinq questions s'imposent Ceux par qui le scandale arrive: Patokh Chodiev Alexandre Machkevitch Alijan Ibragimov Un «Moniteur belge» saccagé

LALLEMAND,ALAIN; REGNIER,PHILIPPE; DELVAUX,BEATRICE

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Mardi 28 décembre 1999

Le parquet de Bruxelles enquête «Kazakhgate»: Tractebel confirme, sans commentaire

Le porte-parole du Parquet de Bruxelles a confirmé lundi l'existence d'une enquête judiciaire concernant le dossier Tractebel-Khazakstan révélé hier par notre journal.

Estimant qu'il s'agissait d'un dossier compliqué où tout n'est pas encore clair, M. Colpin n'a cependant commenté aucune des informations livrées par notre quotidien, et rappelé qu'à ce jour aucune personne n'était inculpée.

De son côté, la société Tractebel a globalement confirmé l'information par voie de communiqué, précisant entre autres qu'i l y a quelques mois, les instances judiciaires belges et suisses ont entamé des enquêtes concernant d'éventuelles pratiques de blanchiment d'argent intervenues au départ de sociétés hors de l'Union européenne.

Dans ce contexte, les enquêteurs s'intéressent entre autres à des sociétés et à des personnes avec lesquelles Tractebel a entretenu des relations d'affaires au Kazakhstan.

Tractebel a pris elle-même l'initiative de collaborer pleinement aux enquêtes en cours. Dans le cadre de celles-ci, la société a déposé une plainte entre les mains du juge d'instruction, le 10 novembre 1999.

A ce stade, Tractebel (...) s'abstiendra de toute déclaration qui serait de nature à perturber le bon déroulement des instructions en cours.

A la Bourse de Paris, l'action Suez Lyonnaise des eaux, la maison mère française de Tractebel dont elle détient quasiment 100 % du capital, n'a pas réagi, lundi, à nos informations, clôturant inchangée par rapport à vendredi, à 158€ .

A. L., Ph. R.

Dossier page 15

«Kazakhgate», le dessous présumé des cartes

Suite et fin de notre enquête. Comment Tractebel est-elle entrée en contact avec un trio kazakh aujourd'hui suspect?

Ils sont trois, proviennent en fait d'Ouzbékistan et du Kirghizistan, mais dans la foulée de l'indépendance des républiques de l'ex-URSS, se sont enracinés dans la vie politique et économique kazakhe. Deux d'entre eux, Patokh Chodiev et Alexandre Machkevitch, connaissent bien la Belgique pour y avoir créé dès 1991 et 1992 leurs premières sociétés, alors qu'ils étaient encore domiciliés à Moscou. Ils créent à l'époque les sociétés belges PMC Trading Co et Astas, mais participent surtout à la mise sur pied de la société Seabeco Belgium, qui leur vaut d'emblée l'intérêt du monde du renseignement.

Pourquoi? Parce que leur partenaire, l'homme qui règne sur le réseau mondial des sociétés Seabeco, est un immigrant lituanien qui fera parler de lui dans les cercles liés au crime organisé russe: Boris Birshtein.

Le nom de Birshtein sera mentionné dans les schémas d'exfiltration des fonds du parti communiste d'Union soviétique, dans la chute en 1993 du gouvernement kirghize sur une transaction internationale d'or, et on retrouvera son nom dans le dossier Rustkoï, lorsque le vice-président russe sera accusé d'avoir permis l'évasion vers la Suisse de millions de roubles appartenant au gouvernement russe. On reparlera de Birshtein dans le dossier du mafieux présumé Sergueï Michaïlov lorsque, en mars 1997, la justice suisse viendra perquisitionner les sièges de Seabeco Belgium, Astas et Brussels Research Consulting (autre société où apparaît Chodiev). Si Tractebel avait connu le curriculum vitae de ce duo, elle n'aurait sans doute jamais fait affaire avec lui. Mais la société belge ne traite pas a priori avec eux: elle noue son premier contact avec un troisième homme que la justice belge ne connaît pas: Alijan Ibragimov, de nationalité kazakhe, qui semble avoir apporté des contacts privilégiés avec le Premier ministre kazakh de l'époque Akhezan Kajegueldine.

Ce n'est qu'à l'époque de cet arrimage à Ibragimov, et dans les années qui suivirent, que le «trio kazakh» va se constituer, les contacts de Chodiev (envers la présidence kazakhe) et d'Ibragimov (au niveau du Premier ministre kazakh) étant complémentaires.

LE DÉTAIL DES COMMISSIONS

Quand la Sûreté de l'Etat approchera la direction de Tractebel pour les mettre en garde, il est trop tard: ces «partenaires» sont entrés dans le capital des sociétés de Tractebel au Kazakhstan, à hauteur de 45 % dans les sociétés Intergas et Global Gas, à hauteur de 24 % semble-t-il dans la société Almaty Power Consolidated. Remarquons qu'à cette époque, la société d'aluminium Transworld n'a pas encore porté plainte pour menaces et associations de malfaiteurs à l'encontre du trio: Transworld ne saisit la justice belge que le 1 er décembre 97, Tractebel n'aurait donc pas su l'interpréter comme un signal d'alarme.

En vertu des accords liant Tractebel au trio - celui-ci ayant permis la percée de la société belge au Kazakhstan - Tractebel verse à la mi-juillet 97 une première commission de deux fois 15 millions de dollars, via l'European United Bank de Genève, à l'une des sociétés du trio, Emery International, basée aux Bahamas ou aux Antilles néerlandaises. Une autre tranche de 25 millions de dollars US devait être versée au trio sous la forme d'une participation aux bénéfices, à prélever en théorie sur les caisses des sociétés de Tractebel au Kazakhstan. Mais l'investissement étant peu rentable, Tractebel conclut avec eux trois nouveaux contrats de consultance - à hauteur des 25 millions de dollars restant dûs - qu'elle honore en juin 98 sous la forme de versements de 10, 11 et 4 millions de dollars. La commission de 55 millions de dollars (plus de deux milliards de francs) est ainsi complète.

Il n'y à là aucun délit. Le problème se pose en aval, lorsqu'est examiné ce qu'il advient de ces commissions. Le juge genevois Daniel Denaud, saisi par le Kazakhstan d'une demande d'entraide judiciaire concernant les avoirs à l'étranger de l'ex-Premier ministre Kajegueldine, tombe sur la société Emery International, sur les flux financiers de Tractebel, et découvre une série d'opérations - au bénéfice de la famille Kajegueldine et/ou de la famille du président kazakh - qui conduisent au gel de divers avoirs. Bien que ces devoirs d'instruction suisses ayent été initiés à la demande du Kazakhstan, le juge Denaud remontera si haut qu'il provoquera même l'ire des diplomates kazakhs et du département fédéral suisse des affaires étrangères. Par ailleurs, ce juge semble avoir un dossier consistant sur le rôle qu'aurait joué Nicolas Athérinos, ex-vice-président d'EGI, bras international de Tractebel, dans ces montages. A notre connaissance, Atherinos ne serait plus pour l'heure sur le territoire belge.

LE MONTAGE DE SOCIÉTÉS

La justice belge ne reste pas inactive: elle aurait pour sa part identifié à Londres, en 1999, d'autres opérations elles-aussi liées aux commissions Tractebel. Comment et pourquoi? Nous l'ignorons. Mais les opérations sont de telle nature que la justice anglaise pourrait à son tour s'en saisir.

Ce qui est plus clair, c'est ce qui a été identifié en Belgique: la famille Kajegueldine - le nom de Mme Kajegueldina apparaît ici - fait revenir des fonds via une société des Antilles néerlandaises, la «Lostona», en direction de la société néerlandaise «Food and leisure», de La Haye, laquelle participe à la création des sociétés belges «Ina Invest» et «Belital Development». Là réside une des opérations de blanchiment présumé. Elle est elle-même réalisée avec l'aide d'un groupe de personnes centrées autour de la société «Euro Asian Travel», société belge où on retrouve... Chodiev et Ibragimov.

Vous avez dit «compliqué»? Oui. Et délicat, surtout: comme l'a rappelé le porte-parole du parquet de Bruxelles en confirmant ce lundi l'existence d'un dossier Tractebel-Kazakhstan, personne, jusqu'à ce jour, n'a été inculpé. On marche donc sur des oeufs.

ALAIN LALLEMAND

Dans l'immédiat, cinq questions s'imposent

Au vu des fragments que nous connaissons de ce dossier, cinq questions directement liées à Tractebel se posent en regard du «Kazakh -gate»:

1 Tractebel devait-il aller au Kazakhstan? Les avis divergent, entre ceux qui trouvent l'idée très, voire trop «audacieuse», et ceux - comme certains groupes étrangers - qui croient que le jeu en vaudra la chandelle. A l'époque, en 1996, le dossier apparaissait déjà comme très complexe car lié à des problèmes de géopolitique locale (dont les relations très tendues entre les trois pays concernés par le trajet du gazoduc), de nature à faire fuir l'investisseur étranger. Mais, dit-on alors pour convaincre Tractebel, la nationalité belge- entendez: «neutre» - de l'entreprise devrait lui donner un avantage comparatif majeur face à d'autres groupes actifs dans le même secteur, pour démêler cet écheveau politique. Un optimisme qui n'a cependant pas été complètement vérifié dans les faits.

Mais l'erreur, dit-on aujourd'hui de source proche de Tractebel, est surtout d'avoir laissé l'exécution et la gestion véritables de ce contrat entre les mains d'un seul homme (Nicolas Athérinos, ex-vice-président d'EGI, le bras international de Tractebel), qui non seulement fait l'objet d'une plainte mais a engagé la société dans des contrats financièrement désastreux. Ainsi les tarifs négociés à l'époque ne couvrent pas les frais encourus, tandis que le paiement en nature (gaz) des services rendus par Tractebel, s'est révélé un insupportable fardeau. Autre erreur, ajoute-t-on, la tactique trop douce qui a été utilisée pour négocier les conflits nés de la fixation des prix, notamment avec les Kazakhs.

2 Le prix était-il démesuré? La décomposition du prix total payé pour ce contrat (85 millions de dollars) en deux montants aussi inégaux (30 millions pour le gouvernement, 55 autres pour les intermédiaires) n'aurait-elle pas dû susciter des interrogations au sein de Tractebel? Des questions ont été posées à l'époque, nous dit-on. La réponse donnée alors par la direction d'EGI - qui avait la haute main sur ces dossiers en lien avec le patron d'alors, Philippe Bodson -, faisait état des nécessités liées aux coutumes du business local.

Question subsidiaire cependant: à supposer - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui - que Tractebel ait pu se douter que les 55 millions de dollars payés aux industriels kazakhs étaient destinés à de la corruption, le fait, dans le chef de la société, est-il répréhensible en Belgique sur un autre plan qu'éventuellement moral? La loi belge relative à la répression de la corruption a en effet été adoptée au parlement le 10 février 1999, pour entrer en vigueur le 3 avril 1999, soit bien après ces histoires kazakhes.

3 Comment Tractebel ne s'est-elle pas méfiée? On le sait, deux des trois intermédiaires kazakhs auxquels Tractebel lie son sort en 1996, sont connus pour être suspects de liens avec le crime organisé, dès 1992. Comment expliquer qu'une entreprise comme Tractebel, identifiée comme l'un des enjeux géostratégiques belges, n'aie pas été informée à temps par la Sûreté de l'Etat? Par ailleurs, en avril 1998, lorsque Jean-Luc Dehaene se rend en personne au Kazakhstan pour épauler Tractebel (laquelle vient de perdre son allié le plus précieux, l'ex-Premier ministre kazakh démissionaire), le trio kazakh est déjà sous surveillance en Belgique. Jusqu'à quel point le gouvernement était-il informé des spécificités «criminelles» de ce dossier?

4 Quid du retour (le fameux «kickback») en Belgique d'une partie des commissions payées par Tractebel? Qu'en est-il du retour d'une partie des commissions sur des comptes de proches de Tractebel, comme l'affirme la justice suisse? Athérinos, l'ex-vice-président d'EGI, la filiale internationale de Tractebel en charge du dossier, est aujourd'hui dans la ligne de mire. Tractebel, prudente, a déposé plainte contre Athérinos et contre X, «au cas où». La question reste donc entière: s'il y a eu «retour» de commission, qui en a profité, et à quelle hauteur?

5 Tractebel doit-elle rester au Kazakhstan? La société belge est confrontée à des choix stratégiques: quitter ce pays en limitant la casse? Tirer juste un trait sur les centrales électriques et conserver le gazoduc? Tout dépend de l'arbitrage que feront les dirigeants de l'entreprise entre les pertes à court terme et les gains hypothétiques à moyen et long termes. Et de leur capacité d'attendre. Si rien n'avait été fait, les pertes sur le Kazakhstan pour cette année, auraient dépassé les montants déjà provisionnés pour le premier semestre (soit 8 milliards de FB). Pas de quoi déstabiliser les comptes très profitables de l'entreprise. Mais est-ce tenable à terme? Dans l'immédiat, des mesures très nettes ont été prises chez Tractecbel pour réduire à rien la facture kazakhe.

B. Dx

Ceux par qui le scandale arrive: Patokh Chodiev

Patokh Chodiev, 46 ans, né à Jizak (Ouzbékistan) au printemps 1953, est le seul du trio à avoir obtenu la nationalité belge - en juin 1997. Il réside à Waterloo, où il est le voisin direct du ministre régional wallon de l'économie, Serge Kubla (PRL), ce qui est pure coïncidence. Au départ, sa percée en Belgique, en 1991, se confond avec celle de Boris Birshtein, l'homme soupçonné d'avoir participé à la sortie de l'argent du parti communiste de l'ex-URSS vers l'Occident, et qui fera indirectement tomber, en 1993, le gouvernement kirghize dans un scandale lié à la disparition d'une tonne d'or. Chodiev et Birshtein créent ensemble Seabeco Belgium (la brique belge de l'empire mondial de Birshtein), et on retrouvera également Chodiev lors de la création des sociétés belges Brussels Research and Consulting et Astas.

Il partage dès cet époque le sort d'Alexandre - Machkevitch, un des autres membres du trio, mais il est indéniablement le plus «politique» des trois: ancien «conseiller à l'Union soviétique des avocats», il est le plus proche du président actuel du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, dont il fut le conseiller personnel.

Chodiev semble jouer un rôle central dans la répartition des 55 millions de dollars versés à titre de commission de consultance par Tractebel. Il est le premier à attirer l'attention des services belges, en organisant en 1998 à l'hôtel Conrad, à Bruxelles, puis au château de Genval, des agapes pour plus de cent personnes. Les invités sont repérés, et on s'interroge sur la présence soudaine et massive des Kazakhs dans notre capitale.

Mais Chodiev n'a pas uniquement ce profil «suspect»: en Europe de l'Est, il est considéré comme un personnage clé du marché des métaux. Il y a une bonne année, l'homme s'est senti menacé. Par qui? Pourquoi? On lui prête depuis lors l'intention de quitter la Belgique.

A. L.

Alexandre Machkevitch

Alexandre Machkevitch, 45 ans, est né à Frounze, au Kirghizistan, en 1954. De nationalité russe- il résidait encore à Moscou au début de la décennie, à la même adresse que Chodiev - il vécut à Uccle sous la protection d'un garde du corps yougoslave. Lui aussi aime la fête, comme il l'a prouvé en février lors de son anniversaire au château de La Hulpe: feux d'artifice, orchestre tzigane, alcool à volonté. Au nombre de la centaine d'invités, un seul occidental - l'ex-employé de Tractebel désormais en délicatesse avec celle-ci, Nicolas Ahtérinos. Aux tables figure également, ce jour-là, un homme qui a toujours été soupçonné d'avoir commandité le meurtre du mafieux russe Vladimir Missiourine, abattu en 1994, à Uccle.

On retrouve Machkevitch dans la société «PMC Tradinc Co» aux côtés de Chodiev et Ibragimov, et lui aussi est un pur produit de la filière Birshtein. Il se présentera un temps comme «conseiller en affaires économiques». Machkevitch mène visiblement un somptueux train de vie: Mercedes, BMW, et quelques délices d'ameublement intérieur qui ont laissé pantois les services venus contrôler incidemment son habitation.

A.L.

Alijan Ibragimov

Alijan Ibragimov est né à Fergana (Ouzbékistan), en 1953. De nationalité kazakhe, il résidera longtemps à Braine l'Alleud et se distingue nettement des deux autres: il serait le seul à être liépar convention à Tractebel, et c'est en tout cas le premier à entrer en contact avec la société belge. Se déclarant banquier de profession, consommateur de tabac mais non d'alcool, cet époux et père de famille nombreuse est le plus discret du trio: pas de grande démonstration de richesse à son actif.

Ce proche de l'ex-Premier ministre kazakh Kajegueldine tentera d'obtenir la nationalité belge pour lui et son épouse, mais sans succès, les services belges de police ayant alerté la commission de naturalisation. Il apparaît notamment comme investisseur dans la société PMC Trading Co de Bruxelles, via la société kazakhe Kara Tas AA dont il est le représentant, ainsi que dans Euro Asian Travel, avenue Louise, aux côtés de Chodiev.

Il semble être le véritable propriétaire du «château de Lillois» (en fait une grosse villa) dont la presse kazakhe attribuera un temps la propriété à l'ex-Premier Kajegueldine.

Selon nos informations, la fortune de M. Ibragimov est déjà sous l'étau judiciaire: des titres pour un montant de 66 millions de francs auraient déjà été saisis par le juge Bulthé, ainsi que des immeubles pour quelque 300 millions de francs dans le dossier ouvert par la juge Roggen. Est-ce pour cela qu'il déclare, depuis avril dernier, être désormais résident à Istanbul?

A. L.

Un «Moniteur belge» saccagé

L'une des choses que Transworld, première société à s'être officiellement plainte du trio, lui reproche est la manière à tout le moins cavalière dont il prend ou tente de prendre le pouvoir au sein des sociétés. Transworld l'accuse de dérober les documents administratifs de la privatisation de sociétés, et de faire ainsi disparaître toute trace de propriété. Encore faut-il savoir que dans l'ex-URSS, il a souvent suffi de s'emparer - fût-ce par les armes - du registre des actionnaires pour gagner le contrôle légal d'une société. Quelle ne fut donc pas notre surprise en consultant les archives du «Moniteur belge», rue de Louvain, et en suivant ainsi à la trace MM. Chodiev, Machkevitch et Ibragimov. On constate, en effet, qu'un bon nombre de volumes des annexes du «Moniteur» ont été saccagés, les actes les plus importants des sociétés du trio ayant été proprement... arrachés! Il en est ainsi des actes constitutifs des deux sociétés ayant servi aux achats immobiliers en sous-main de M. Kajegueldine, du premier acte officiel qui voit se réunir Birsh -tein, Machkevich et Chodiev, et de bien d'autres encore. Surprenante coïncidence.

A. L.