Le politique analyse le cas du site Chimeuse

WAUTERS,LAURENCE

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Mardi 6 mars 2007

Sclessin Les riverains doivent se passer des légumes du jardin

La rue Sous-les-Vignes, entre Liège et Saint-Nicolas, est baignée de soleil, ce lundi matin. Devant les maisons ouvrières devenues coquettes à force de soins attentionnés, un sujet de conversation est sur toutes les lèvres : la pollution du site à côté duquel ils vivent depuis toujours. Dans ce quartier de Sclessin où le grand terrain autrefois occupé par Chimeuse fait partie du paysage, la majorité des habitants est d'origine italienne. Cultiver les légumes, s'échanger les variétés entre voisins devenus amis font partie des habitudes.

Jeudi, les riverains apprenaient que les analyses des prélèvements faits dans leurs jardins par la Spaque révélaient la présence de cyanure, de plomb, d'arsenic, de cadmium et d'hydrocarbures aromatiques polycycliques supérieures aux valeurs admises. Immédiatement, il a leur été fortement conseillé de ne plus consommer les légumes et eau de puits de leurs jardins. Une réunion intercabinet (des ministres Vienne et Lutgen), avec des représentants des bourgmestres Demeyer et Avril et de la Spaque, a été organisée d'urgence au cabinet de la ministre de la Santé, lundi après-midi. La ministre présentera l'état de la situation au gouvernement ce jeudi.

En attendant d'en savoir plus, les riverains peuvent recevoir les premiers renseignements auprès d'une ligne verte mise à leur disposition (0800-24220). « Nous avons reçu une vingtaine de coups de fil depuis samedi, les questions fusent et nous tentons de fournir aux riverains un maximum de renseignements », explique-t-on à la Spaque.

Des questions, il y en a beaucoup. Comme celles que se posent deux jeunes femmes habitant la rue, dont les parents résident juste à côté : « J'ai été opérée deux fois, ma soeur trois, explique l'une. Nous avons eu énormément de difficultés à avoir des enfants. Après maintes visites chez des gynécologues, nous avons appris que nous souffrions d'endométrite et que cela était causé par la pollution. Est-ce parce que nous avons toujours mangé des légumes du jardin, pensant que c'était bio ? »

En face, un monsieur plus âgé se souvient des monticules de terre aux couleurs particulières, aplanie par les bulldozers sans être traitées, dans les années soixante. Tous se rendront à la réunion d'information prévue ce jeudi à 18 h 30 à la salle communale de la rue Ferdinand Nicolay, à Tilleur.