Le potager à portée de pot

DI PRIMA,CORENTIN; LEPRINCE,PATRICE

Vendredi 8 juin 2012

Environnement Faire pousser ses légumes sur le balcon ou en terrasse

Faire pousser légumes, fruits et autres herbes aromatiques sur un pan de balcon : c’est possible. La preuve par le kit proposé par Bruxelles-Environnement qui vous permet, sans être spécialiste, de vous lancer dans l’aventure.

Récolter ce que l’on a soi-même semé, une pratique que d’aucuns souhaiteraient voir bourgeonner. Selon une étude commandée par la ministre de l’Environnement Evelyne Huytebroeck, 22 % des Bruxellois disposant de l’espace suffisant – un jardin ou une terrasse – possèdent un potager (Le Soir du 23 mai). Trop peu, estime l’élue écolo qui aimerait doubler cette statistique. Tel est donc l’objectif poursuivi avec le kit proposé aujourd’hui aux Bruxellois. Intitulé « Mon potager facile », il s’appuie sur trois chiffres ; surface nécessaire : 1 m2 ; investissement : 30 minutes par semaine pour un résultat de 10 kilos de légumes.

Les modèles. Vous ne bénéficiez pas de 1 m2 en extérieur ? Qu’à cela ne tienne, quelques pots, une vieille bassine ou une caisse à vin feront l’affaire. Il faudra juste veiller à percer au moins un trou dans le fond du récipient qui fera au moins 20 à 30 cm de profondeur.

Si vous disposez du m2, le kit vous explique étape par étape comment confectionner votre potager en carré (quatre parcelles) à l’aide de planches en bois. Pour ce bac, il vous faudra compter de 250 à 300 litres de terreau.

L’emplacement. Idéalement, le potager placé dans un endroit baigné par la lumière du soleil (orientation : sud ou sud-ouest), « mais il est aussi possible de faire un potager à l’ombre. Certaines plantes comestibles poussent avec peu de lumière », peut-on lire dans le mode d’emploi.

Les semences. Quatre variétés sont proposées dans le kit : de la roquette (à semer de mi-mars à mi-septembre), du radis (fin mars à août), des haricots (du 15 mai jusqu’à la fin juin) et des bettes (début avril à fin juin). Chaque variété est accompagnée de recommandations, de l’arrosage à la cuisson.

Bien plus de conseils encore tout au long de ce guide pratique téléchargeable également sur internet. Un mode d’emploi qui devrait vous permettre de ne pas vous planter.

www.bruxellesenvironnement.be

Une habitante et un formateur

« Agréable »

« On a commencé à créer notre potager il y a deux mois », explique Julie, qui vit à Saint-Gilles avec son compagnon et son fils. Sur leur terrasse de 12 m2, un véritable petit Eden. « On a planté des panais, des carottes, des herbes aromatiques et des capucines. On a dégoté les graines à la ferme Nos Pilifs », explique, ravie, Julie. Et ce n’est pas tout. « On a un noyer, et aussi un prunier et un poirier de 2 m 30 chacun, des variétés anciennes », explique-t-elle. « Pour les pots, une astuce : des grands bacs de maçon noirs percés. Seulement 10 euros pièce ! » Julie doute de ses talents de jardinière. C’est surtout son compagnon et son fils qui s’occupent des plantes. « Ça leur fait une chouette activité en commun », dit-elle. Mais elle en profite quand même : « C’est très agréable visuellement. C’est beaucoup plus vivant. Et quand on cuisine, on pense à venir chercher de la coriandre… » Verts de plaisir, les jardiniers en herbe.

« Un jeu »

« Un jeu »

Patrick Bulteel est membre de l’ASBL Tournesol.

Vous organisez des formations sur les potagers en balcon ou en pots. Un succès ?

Il y a un engouement croissant pour ce type d’initiative. L’idée du kit de Bruxelles-Environnement est intéressante car elle permet à chacun de se débrouiller seul. On peut très bien se lancer avec un pot et un plant de tomate ou quelques plantes aromatiques. L’idée étant de progresser par essais et erreurs pour se prendre au jeu.

Quelles différences entre ville et campagne ?

On trouve plus de ramiers en ville mais, de manière générale, les prédateurs sont les mêmes. Vous avez également des différences dans une ville. A Uccle, vous pourrez éventuellement recourir au service d’un hérisson ou de batraciens contre les limaces, ce qui n’est pas envisageable dans un quartier où les jardins sont cloisonnés.