Le président Michel Damar a convoqué un conseil d'administration extraordinaire le 1 e r octobre Durant suspend sa confiance à Schouppe

LAMBERT,EDDY; PIRAUX,SYLVAIN

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Jeudi 23 septembre 1999

Le président Michel Damar a convoqué un conseil d'administration extraordinaire le 1er octobre Durant suspend sa confiance à Schouppe

Inculpé d'escroquerie, l'administrateur délégué devrait sinon démissionner, du moins prendre du recul.

Le parquet de Bruxelles, ainsi qu'il l'a confirmé mercredi, a inculpé d'escroquerie l'administrateur délégué de la SNCB, Etienne Schouppe, et l'ancien directeur financier, Bernard de Closset. Le 29 mars, déjà, le juge d'instruction Jean-Claude Leys les avait inculpés tous deux «de faux et usage de faux, comme auteur ou coauteur».

La deuxième inculpation touche des contrats de «sale and lease back» conclus avec le groupe suédois Ikea, et ayant eu pour effet de léser le fisc suédois, a précisé le porte-parole du parquet de Bruxelles. Ce type de financement alternatif consiste à vendre le matériel roulant, puis le louer à long terme («sale and rent back»), ou le racheter en fin de contrat tout en le conservant en actif pendant le contrat («sale and lease back»).

CRÉDIBILITÉ ÉRODÉE

Après avoir appris ce nouvel élément, le président du conseil d'administration de la SNCB, Michel Damar, a invité Etienne Schouppe à réfléchir à sa position dans l'entreprise, dans l'intérêt même de celle-ci. Michel Damar, insistant sur le respect de la présomption d'innocence, estime néanmoins que dans les circonstances actuelles, un recul par rapport à la fonction s'indique, ce qui ne constitue en aucun cas un aveu de culpabilité. Du reste, il a convoqué un conseil extraordinaire, qui se tiendra le 1eroctobre.

Peu après, la ministre de la Mobilité et des Transports, Isabelle Durant, a décidé, après avoir reçu le commissaire du gouvernement auprès de la SNCB, Pierre Forton, de suspendre sa confiance à Etienne Schouppe. La ministre de tutelle est inquiète de voir cette affaire éroder la crédibilité de la SNCB. Tirant la leçon de cette nébuleuse affaire, le gouvernement pourrait, comme l'a indiqué la vice-Première ministre Isabelle Durant, intervenir de deux manières: modifier le contrat de gestion liant la SNCB à l'Etat et revoir la loi sur le financement des entreprises publiques autonomes.

Pour l'instant la suspension de la confiance d'Isabelle Durant ne conjecture pas l'avenir immédiat d'Etienne Schouppe, dont le mandat, renouvelé en 1998 par Michel Daerden, expirera le 13 octobre 2004. D'après la loi, l'administrateur délégué peut être révoqué par arrêté royal délibéré au conseil des ministres sur avis conforme et motivé - lequel a force contraignante - d'au moins deux tiers des membres du conseil d'administration. Or la moitié des administrateurs sont sociaux-chrétiens comme Schouppe. Se pourrait-il qu'ils l'abandonnent?

Mercredi soir, l'administrateur délégué a réagi par voie de communiqué. Clamant son innocence, il attire l'attention sur le fait que jamais la SNCB n'a reçu de demande d'information de la part d'une instance officielle suédoise ni même reçu aucune visite d'une commission d'enquête rogatoire pour examen de ce dossier. Partant il est d'avis qu'il peut et doit continuer à exercer ses responsabilités. Dans l'intérêt de la société , a-t-il justifié, au moment où celle-ci est confrontée à d'importants conflits sociaux et où elle a des projets en chantier qui sont nécessaires à son avenir.

E. L.

Réunion de concertation

La direction de la SNCB et les organisations syndicales reconnues (Centrale générale des services publics et Syndicat chrétien des communications et de la culture) se rencontreront ce jeudi, à 18 heures, pour discuter des problèmes liés au personnel (recrutement, congés, préretraite, primes,...). La réunion fait suite à la concertation de jeudi dernier, imposée par la grève des conducteurs et des accompagnateurs de trains.