LE PROBLEME DE L'EMPLOI A LA UNE DANS LA REGION DU CENTRE LES FEMMES VEULENT CONQUERIR LEUR PART DE TRAVAIL

CORSO,CAROLE

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Vendredi 28 février 1992

Le problème de l'emploi à la Une dans la région du Centre

Les femmes veulent conquérir leur part de travail

Un métier qui n'est pas pour les filles, ça reste à inventer. Ce slogan pourrait être celui des manifestations organisées à La Louvière dans le cadre de la Journée internationale des Femmes. Le 12 mars prochain, la «Coordination des Femmes du Centre pour le 8 mars», qui comprend 4 mouvements féminins (Vie féminine, les Femmes prévoyantes socialistes, la Maison des femmes et le Collectif pour femmes battues) organise en effet une journée d'information sur le thème: «Femmes; formation; Emploi dans la région du Centre». L'objectif est double. Montrer, notamment au travers de stands d'informations, les possiblités réelles, pour une chômeuse, de se former dans la région du Centre et d'acquérir ainsi des qualifications lui permettant de retrouver un emploi. Aider d'autre part les adolescentes à orienter leur choix professionnel.

De différentes études, il ressort que la gent féminine travaille de plus en plus (22 % de la population active dans les années 70, 41 % à l'heure actuelle). Pourtant, les femmes gagnent, en moyenne, 70 % de ce que perçoivent les hommes. Et le taux féminin est anormalement élevé en matière de chômage de longue durée (plus de 60 %) et parmi les jeunes (70 %). La région du centre ne fait pas exception: 62 % des demandeuses d'emploi sont des femmes.

FORMATION PROFESSIONNELLE

Cette situation proviendrait essentiellement du fait que l'activité professionnelle des femmes se concentre dans des secteurs à risques pour l'emploi, et à des niveaux de qualification très peu élevés. C'est dire que l'orientation scolaire et professionnelle des femmes laisse encore à désirer, affirme Josiane Coruzi, une des organisatrices de la journée d'information. Les femmes se dirigent encore massivement vers des métiers très traditionnels, qui sont de moins en moins porteurs d'emploi, tels que l'habillement, le textile, le bas secteur tertiaire, c'est-à-dire le travail de bureau, mais de basse qualification. Elles devraient donc réfléchir un peu mieux; s'orienter vers un métier plus masculin et, en cas de recyclage, se diriger vers des formations comme la maçonnerie, l'informatique, la soudure, etc..., toutes accessibles aux femmes.

Différents organismes tentent actuellement de trouver des solutions à ces problèmes. La députation permanente du Hainaut, par exemple, s'est engagée depuis le 15 octobre 1990 et pour une durée de 4 ans, à encadrer toutes les communes et les CPAS situés sur son territoire, au niveau des plans d'égalité des chances hommes-femmes dans les services publics, à tous les niveaux hiérarchiques.

Le Forem s'est également constitué un «réseau Égalité» qui vise à promouvoir l'accès des femmes à toute qualification professionnelle. Les femmes prévoyantes socialistes ont aussi mis sur pied des stages destinés à toutes les femmes de 20 à 50 ans qui cherchent du travail. L'accent a été mis entre autres sur un axe technique, afin d'apprendre à se présenter devant un employeur, ou à rédiger une lettre de candidature. Quant à Vie féminine, elle dispense des cours, complétés par une expérience sur le terrain, à La Louvière, en matières de «vente-étalage-communication», pour des personnes âgées de 25 à 35 ans.

EXPOSITION HISTORIQUE

En parallèle à cette initiative, l'Écomusée régional du Centre a en outre décidé de monter une exposition relative à la dimension historique du travail des femmes au fil de deux siècles. Aussi apprend-on que si le Moyen Age a vu la femme participer activement à tous les secteurs de l'économie occidentale, l'avant-révolution industrielle l'a essentiellement connue dans des professions où le travail était réalisable à domicile. La mécanisation va alors la pousser vers les usines, ateliers ou charbonnages. L'ouverture de tous les niveaux d'enseignement aux jeunes filles et l'évolution de la législation vont l'orienter vers le secteur des services (bureaux, banques, administrations...). Mais même après la Seconde Guerre mondiale, les discriminations hommes-femmes se feront sentir, surtout au niveau des salaires. Il faudra attendre les fameuses grèves des ouvrières de la FN, à Herstal, en 1966, pour débloquer la situation. Aujourd'hui, toutes les professions sont accessibles aux femmes...

Une vingtaine de panneaux didactiques retraceront donc cette évolution. À côté de cette exposition, des animations seront menées, tout au long de la journée, et à 14 heures est proposé un spectacle de théâtre tragi-comique «C'est arrivé demain», par le Théâtre des rues.

CAROLE CORSO

La journée «Femmes-Formation-Emploi» aura lieu le 12 mars, de 9 à 19 heures, au Hall des expositions de La Louvière. Renseignements: Maison des femmes, 9, rue de Bouvy, 7100 La Louvière. Tél. 064/21.43.33.