Le quotidien des Baladins et de La Maison éphémère

HERENS,GEOFFROY

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Lundi 19 juillet 2010

Festival d’Avignon

Ile de la Barthelasse, Avignon. Il est 8 h. Quasi rien ne bouge dans le campement des Baladins du miroir. Présente avec Le Chant de la source dans le cadre du Festival off, la troupe de Thorembais-les-Béguines sort lentement de sa léthargie nocturne engendrée par une soirée au bar avec le public qui s’est encore terminée après 2 h pour certains.

À quelques centaines de mètres de là, François Houart est debout. L’unique comédien du Carré des cosaques de La Maison éphémère (Noduwez) est déjà actif. « Je suis un lève-tôt, explique celui qui jouera plus tard au Théâtre des Doms. Je profite de la fraîcheur du matin pour aller nager, faire un peu de vélo… » Deux rythmes bien différents, donc, pour les deux compagnies issues du Brabant wallon. Mais aussi de nombreux points communs, dont celui de travailler sur leurs créations respectives. « Il faut toujours opérer quelques petits ajustements, précise Geneviève Knoops, la metteuse en scène du Chant de la Source. Changements, améliorations, réglages : ce ne sera évidemment jamais parfait. »

Parallèlement, les tâches ne manquent pas pour certains Baladins : inventaires, courses, détails techniques, tracasseries administratives à régler avec la Belgique, préparation des parades, nettoyage des abords du chapiteau, relations avec l’extérieur, découvertes d’autres spectacles… Sans parler des conséquences du mistral qui s’est levé samedi. Bref, pas le temps de s’ennuyer et parfois même de respirer. Les comédiens, eux, s’attachent surtout à supporter l’accablante chaleur (en se couchant sous une roulotte ou en profitant d’une piscine), à ne pas se blesser bêtement ainsi qu’à garder leurs forces pour les parades en ville et la représentation quotidienne de 21 h 30.

La sieste, François Houart n’y a pas droit, ses histoires de maison de repos belges pour Russes blancs se déroulant à partir de 15 h 30. Avec, dès la fin du spectacle, un démontage du décor réellement impressionnant de par sa rapidité et sa complexité. Cela alors que, dehors, le reste de La Maison éphémère tente d’attirer le public pour un prochain jour. Pas question de vacances pour les deux troupes, lancées dans une aventure exténuante… mais passionnante.