LE RAINBOW WARRIOR ARRAISONNE PRES DE MURUROA

AFP

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Lundi 10 juillet 1995

Le bateau de Greenpeace doit repartir hors de la zone française

Le « Rainbow Warrior» arraisonné près de Mururoa

Il fallait s'y attendre : alors qu'entourés de plusieurs bâtiments de la Marine française et de quatre hélicoptères, trois bateaux de l'organisation écologiste Greenpeace avaient pénétré hier dans les eaux territoriales de l'atoll de Mururoa, en Polynésie française, la marine française est intervenue, montant d'autorité à bord dans le navire principal, le «Rainbow Warrior II». Toutes les communications avec le bateau ont été coupées peu après l'arrivée à bord des militaires français, qui avaient d'abord lancé des grenades lacrymogènes.

L'équipage du «Rainbow Warrior II», a été libéré dix heures plus tard et le navire-amiral de Greenpeace a été autorisé à repartir, ont annoncé les autorités françaises.

L'équipage est autorisé à quitter l'atoll à bord du «Rainbow Warrior» à condition qu'il s'engage à rester en dehors de la zone d'exclusion de 12 milles nautiques, à l'intérieur de laquelle le navire a été intercepté. On ignore pour le moment si Greenpeace a promis ou non de respecter cette condition. Un remorqueur doit accompagner le «Rainbow Warrior II» jusqu'à la limite de la zone d'exclusion.

Quant aux deux autres navires sur la zone, le «Vega», deuxième navire de l'organisation écologiste, et le drakkar danois «Bifrost», on indique de source militaire qu'ils évoluent dans les mêmes secteurs depuis deux jours. Le premier à une trentaine de kilomètres au nord de l'atoll et le second à l'ouest de Fangataufa, l'autre site d'essai du Pacifique.

Le «Rainbow Warrior» avait pénétré dans la zone interdite à une vitesse qui a visiblement surpris les militaires, avant d'être rejoint en quelques minutes par un patrouilleur et ses commandos de marine. Selon le Haut-commissariat, les militants anti-nucléaires voulaient s'échouer sur l'atoll, dès son entrée ou à l'intérieur. L'interception, baptisée «Nautile 95» par les militaires, a mobilisé au moins quatre bâtiments, deux hélicoptères et un avion de reconnaissance.

Au moment où nous mettions cette édition sous presse, les dix-neuf militants de Greenpeace, et les trois personnalités qui les accompagnaient dont Mgr Jacques Gaillot, étaient embarqués de force à Mururoa par des légionnaires vers 11 h 30, dans la nuit de dimanche à lundi (heure locale), lundi en fin de matinée à Paris, à bord d'une vedette. Les militants écologistes, qui se trouvaient depuis deux heures trente sur le quai du port, avaient refusé d'embarquer. Certains se sont laissés traîner, d'autres ont été portés, d'autres encore ont marché encadrés par des légionnaires, ont constaté les journalistes de l'AFP. La vedette a ensuite quitté le quai en direction du «Rainbow Warrior» ancré dans le lagon de Mururoa. (AFP.)