Le « rallye de papa » fait recette

FAURE,ERIC

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Vendredi 9 février 2007

Legend Boucles de Spa « Didi » retrouve son ancienne Fiat 131 Abarth

L'image est connue des amateurs belges de rallye : quand Larry Cols termine une spéciale ou arrive à l'assistance, son père Jean-Marie est rarement loin. Discret, attentif, il vit intensément la course de son rejeton. Ce week-end, les rôles seront inversés : le fils assurera l'assistance d'un père qui, durant quelques heures, s'appellera à nouveau « Didi » - son ancien pseudonyme - et retrouvera l'ambiance de la grande époque.

La sienne. Celle des Boucles de Spa 1980. Au volant d'une Fiat 131 Abarth noir et or, frappée des lettres Carling Black Label.

Samedi matin, cette même 131 Abarth - le numéro de châssis en atteste - confiée au duo Didi-Pauly prendra le départ de Boucles qualifiées de « Legend » puisqu'elles sont désormais réservées aux voitures historiques. Vingt-sept ans plus tard, le pilote affiche la même rage de vaincre : « Je n'ai jamais gagné cette épreuve où j'étais pourtant chez moi, sur mon terrain. Larry s'y est imposé et il m'offre l'occasion de le rejoindre au palmarès. »

La Fiat, louée en France, est arrivée à Verviers le week-end dernier... par la route. Un moment intense pour son ancien et futur pilote : « Rien ne manque, tous les boutons, cadrans, voyants sont à la même place... sauf la commande du lave-glace, désormais aux pieds du copilote. Il a juste fallu bricoler un mécanisme d'ouverture de la fenêtre côté conducteur ; elle est normalement fixe mais doit s'ouvrir car certains contrôles seront installés à gauche. »

Effarement

Larry l'a aussi prise en mains. Il était effaré. « Sincèrement, les gars avaient du mérite de piloter des engins pareils, lourds, encombrants, sans direction assistée, avec des commandes incroyablement dures. Les 4×4 dernière génération sont cent fois plus faciles à conduire. »

Ayant organisé le retour de son paternel sur la scène sportive, Larry est bien placé pour expliquer le succès de ce type d'épreuve pourtant davantage axée sur la régularité que la performance, mais réveillant de vieux souvenirs chez bon nombre de passionnés qui affirment retrouver dans ce genre d'épreuve une ambiance révolue... et des artistes du volant comme Ragnotti, Verreydt, Snijers, Colsoul, Van de Wauwer ou... Boutsen.

« Selon moi, le paramètre financier est déterminant : la location d'une bonne voiture historique réclame des budgets très largement inférieurs à ceux qui sont investis pour un rallye traditionnel, conte Larry. Nombreux sont aussi les concurrents assurant eux-mêmes une préparation qui se limite parfois au strict minimum. La solide réputation de l'épreuve, et notamment de la spéciale de la Clémentine, joue dans cet engouement : elle interpelle des pilotes qui n'ont pas connu la grande époque de Spa, ou des anciens qui veulent s'y replonger. Ainsi, la comparaison avec les annexes historiques organisées en championnat de Belgique et accueillant nettement moins de concurrents permet de mesurer le prestige dont bénéficient toujours les Boucles. Reste à voir si le phénomène perdurera ou si, au contraire, les seuls spécialistes de la régularité reviendront ; rendez-vous en 2008 pour le savoir. »

mode d'emploi

Legend Boucles de Spa. Course de régularité pour voitures construites avant 1986.

Parcours. Trois boucles totalisant 558 km dont 159 répartis en 19 Regularity Tests (RT).

Timing. Départ à Spa samedi à 9h00, à 17h10 et 21h30. Arrivée à 1h30 du matin.

Vedettes. Ragnotti (Alpine-Renault 1600S), Timmers (Opel Ascona 400), Verreydt, Snijers (Ford Escort RS), Van de Wauwer (Lancia Beta Monte-Carlo), Gaban (Opel Kadett GTE), Munster, Duez, Martin, Mondron (Porsche 911), Bouvy (MGB V8), Henrard (Austin Healey), Marcy (Volvo PV544), Duval (Skoda 130LR), Colsoul (Opel Manta 400), sans oublier un certain... Thierry Boutsen épaulé par son fils Kevin sur une Porsche 911.

Entrée gratuite. L'accès aux RT sera gratuit. Attention, le camp militaire de Marche et le début du RT de la Clémentine seront interdits au public.