Le réseau d’écrivains publics est au travail

COLINET,MATHIEU

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Lundi 30 novembre 2009

Charleroi PAC a déjà lancé une seconde formation

Sept des quelque vingt stagiaires qui ont suivi l’année dernière à Charleroi la formation en écrivains publics, proposée par Présence et action culturelles (PAC), ont pris leurs fonctions. Ils œuvrent aujourd’hui au sein d’institutions, communales et paracommunales, et d’associations où, de façon générale, ils accompagnent la parole d’autrui dans des demandes de correspondance des plus variées.

Voici quelques semaines, PAC a lancé une seconde formation. Une vingtaine de participants ont entamé le programme d’une centaine d’heures qui doit les initier à l’écriture publique.

Sélectionnés notamment pour les qualités d’empathie et d’écoute qui pouvaient affleurer dans les lettres de motivation qu’ils ont envoyées, ils s’imprègnent au cours de la formation d’une série de principes. Leur action se situera ainsi dans le champ de l’éducation permanente.

« L’écrivain public n’est pas selon nous quelqu’un qui descend avec tout son savoir vers celui qui ne sait pas, explique Denis Dargent, coordinateur chez PAC. Il doit plutôt s’agir d’un individu qui contribue à faire émerger et accompagne les sollicitations qui lui parviennent. »

Selon Présence et action culturelles, les difficultés face à l’écriture qu’éprouve une part des demandeurs naissent ainsi d’un manque d’audace ou d’une peur devant les exigences administratives. D’autres peuvent apparaître à la suite d’une mauvaise connaissance de la langue ou des mécanismes juridiques : « Autant que faire se peut, l’écrivain public doit agir comme un catalyseur, explique Denis Dargent. Son intervention doit démythifier l’écriture. Elle doit également permettre à celui en face d’avoir envie de progresser. »

À terme, les responsables carolos de PAC espèrent même pouvoir aller plus loin et former des animateurs pour des ateliers d’écriture que l’organisme lancerait. La parole qui y naîtrait aurait une autre dimension, plus collective, qui pourrait aborder le thème d’un quartier.

Elle accompagne les mots des autres

Dominique Lavanturier faisait partie des stagiaires qui ont suivi à Charleroi la première formation en écrivains publics, organisée par PAC. Depuis septembre dernier, deux fois par semaine, elle gagne l’Espace Citoyen de la Porte Ouest et s’assied à une table, derrière un ordinateur portable sur lequel elle a apposé l’inscription : « J’écris pour vous et avec vous ! » Cette petite phrase, elle l’a préférée à l’intitulé sec de sa fonction.

Peu de gens, note-t-elle, savent exactement quel travail fournit un écrivain public. Beaucoup, qui sortent de la permanence sociale organisée dans l’Espace Citoyen, sont pourtant susceptibles d’avoir besoin de s’arrêter un instant chez elle pour quelques services d’écriture. « Dès le premier contact, je leur dis que le travail est à faire ensemble, que ce sont leurs mots que je vais chercher à employer, explique Dominique Lavanturier. Je leur précise aussi que rien de ce qu’ils vont vouloir que j’écrive ne sera conservé. Tout cela les met, je crois, en confiance. »

Lettre de résiliation, courrier évoquant des problèmes avec un propriétaire, correspondance familiale sont quelques-unes des formes que peut prendre la collaboration entre l’écrivaine publique et les gens qui défilent devant elle.

Ce travail l’installe comme un des nouveaux acteurs importants de ce quartier populaire de Charleroi.