Le Standard a tourné en rond

LARSIMONT,FREDERIC

Page 14

Lundi 26 septembre 2011

Division 1 Malgré une demi-heure à 11 contre 10

Après mûre réflexion, José Riga est revenu, contre le Cercle de Bruges, à ses fondamentaux en matière de composition d’équipe. On le sait, sa rotation adoptée le dimanche précédent à Genk (Van Damme, Berrier et Tchité sur le banc, Nong carrément non sélectionné) avait débouché sur un résultat pour le moins sec (défaite 3-0) et surtout quelques commentaires, notamment dans le chef de Van Damme, certes polis mais traduisant l’incrédulité des leaders du groupe.

Une semaine plus tard, cinq permutations ont donc été opérées par le T1 liégeois dans le onze de base. Si celle de Bolat (élongation au pouce) lui avait été dictée par les événements, les retours au premier plan de Van Damme, Tchité, Nong et Berrier entraient dans la logique d’une démarche visant à recouvrer un minimum de stabilité face à une équipe du Cercle qui fait parties de flambeurs de l’été.

On vit d’entrée les choix de Riga se traduire en pourcentage de possession de balle. Mais pas au marquoir. L’implantation dans la moitié de terrain brugeoise était certes franche, mais ne signifia pas pour autant une correspondance des genres en matière d’efficacité, Van Damme, Tchité et Nong échouant régulièrement dans leurs tentatives par manque de précision ou trouvant sur leur passage un gardien très attentif.

Le pressing principautaire ne pouvait décemment perdurer et en toute logique, la baisse de régime des Rouches, en fin de premier acte, coïncida avec quelques sorties brugeoises plus audacieuses. Souvent corrigé à Sclessin (on pense au 7-0 de 2004 et au 7-1 deux ans plus tard), le Cercle s’y est, une fois n’est pas coutume, aventuré à pas de loups en reléguant au fond d’une poche de short les préceptes offensifs qui sont d’ordinaire les siens.

Une prudence payante dans l’optique de l’obtention de ce point qu’espèrent généralement venir arracher des formations de ce calibre en effectuant le détour par Sclessin. Avec un peu de chance, l’arbitre aurait même pu involontairement apporter son écot aux desseins du Cercle en sanctionnant une très nette poussée de Ciman sur Janssens.

Qu’en serait-il advenu de cette rencontre, avec une équipe liégeoise menée au score, même si Nong s’est lui aussi fait balancer dans la surface juste après ? Au vu du net recul des intentions de l’équipe locale, on peut se le demander, le scénario tournant progressivement vers un Westerlo (1-0 à quelques secondes du terme).

Le public de Sclessin crut à la délivrance, sous la forme d’un penalty obtenu pour un sauvetage de la main de Mertens sur un lob de Van Damme. Le défenseur du Cercle ne s’était pas sacrifié pour rien, au grand dam du Standard, puisque Berrier manqua dans la foulée le penalty qui aurait probablement lancé le Standard vers un succès étant donné le double avantage du score favorable et de la supériorité numérique.

Mais, malgré le rush final et le poteau touché par Mujangi Bia, il était écrit qu’à quatre jours de la visite du FC Copenhague, jeudi en Europa League, la répétition générale déboucherait sur un (semi-)flop. Et cette fois, les barons du vestiaire liégeois ne pourront pas se plaindre d’une assignation à résidence sur le petit banc des réservistes.

Standard

0

CS Bruges

0

LE MATCH

STANDARD - CS BRUGES 0-0

Standard. Moris, Opare, Ciman, Kanu, Pocognoli, Vainqueur, Buyens (65e : Seijas), Nong (56e : Mujangi Bia), Berrier, Van Damme, Tchité.

Entraîneur : Riga.

CS Bruges. Verbist, Van Roose, Reis, Mertens, Evens, Vidarsson, Neto, Iachtchouk (90e + 4 : Vetokele), Janssens (65e : Portier), Rudy (86e : Dompig), Balde.

Entraîneur : Peeters.

Arbitre. Vandevelde.

Assistance. 25.000 spectateurs.

Cartes jaunes. Evens, Janssens.

Carte rouge. Mertens (61e).

Riga : «Jeudi, Copenhague sera déjà capital»

On fait souvent dire tout et n’importe quoi aux statistiques mais, une fois n’est pas coutume, impossible de faire mentir les chiffres de ce Standard - Cercle plus intense que ne le laisse entrevoir le score final sans buts : on a comptabilisé 28 tirs liégeois (dont à peine 9 cadrés contre 6 côté brugeois. Mais au bilan final, les filets n’ont tremblé ni d’un côté, ni de l’autre. « Ce n’est pas la première fois que l’on aboutit au constat du manque d’efficacité, déplorait José Riga. Après avoir longtemps buté sur l’adversaire, le penalty obtenu à l’heure de jeu aurait dû constituer le tournant du match. Mais en le manquant, on s’est retrouvé en difficulté. Et ce n’est pas la première fois ! »

Le manque d’altruisme de et lucidité en zone de conclusion constitue-t-il un début d’explication à ce refus obstiné qu’oppose le Standard à l’intégration dans le Top 6 ? « Il y a de ça, certainement, poursuit le T1 du Standard. Quand l’adversaire est en possession du ballon, on affiche un formidable collectif mais une fois parvenu aux environs du rectangle, les bonnes intentions s’étiolent de manière incompréhensible. C’est évidemment frustrant pour le staff, pour les joueurs et pour le public car cela coûte des points et donc des places au classement. Ça ne fait pas avancer une équipe qui a pourtant une réelle marge de progression. »

Après la qualification en Coupe de Belgique, puis le championnat (4 sur 9 avec deux matchs à domicile contre des adversaires très abordable et un déplacement évidemment délicat à Genk), place à l’Europa League, jeudi, avec la venue à Sclessin du leader archi-dominateur de la Super Ligaen danoise. « Contre le FC Copenhague, ce sera déjà un match capital après notre partage à Hanovre (0-0). Face à une équipe très physique et compte tenu que les rotations n’ont pas eu l’heure de plaire, il va falloir gommer notre déception de ce soir et relever un défi de tous les instants. Il faut persévérer car tôt ou tard, ça va devenir plus facile. Avec un tel état d’esprit, il ne peut en aller autrement ! »

Yoni Buyens

« Trop de centres sans rien après »

« Je ne les ai évidemment pas comptés, mais quand je vois la trentaine de centres qui n’ont rien donné, je me dis qu’on doit vraiment retravailler cet aspect du jeu à l’entraînement. Il y a des jours où les ballons tombent où vous l’attendez, d’autres où ils vous fuient obstinément. Mais ne cherchons pas d’excuse : ces deux points perdus, c’est de notre faute. »

Laurent Ciman

« Pas pris assez de risques »

« On savait que notre pressing n’allait pas durer tout le match. Dès lors, on aurait pu jouer un peu plus haut et prendre davantage de risques. Les changements de rythme aussi, n’ont pas été suffisamment abondants pour espérer sortir d’une gentille circulation de balle. Sur un demi-terrain, ça devient vite stérile. Et la dernière passe a manqué à chaque fois. »

William Vainqueur

« Tout était pourtant réuni »

« Notre précipitation dans les derniers mètres nous a coûté très cher. On pensait que le score fleuve de mercredi en Coupe, avec un 8-2 contre Hoogstraten, allait nous relancer devant le but. C’est dommage, car tout était réuni pour un succès : le jeu, l’envie et le public. Heureusement, on n’a pas perdu sur le contre brugeois de la dernière seconde. »

Oleg Iachtchouk

« Le Standard ne pouvait pas plus »

« On peut nous reprocher de ne pas être trop sortis de nos positions avant l’exclusion, mais c’était prévu par la suite. La sortie de Mertens a changé notre fin de match où ce n’est jamais facile d’évoluer à 10 contre 11. Ce soir, j’ai vu un Standard qui m’a donné l’impression de ne pas pouvoir beaucoup plus que ce qu’il a montré. »

en bref

Copenhague sur le fil à Brondby : 1-2

José Riga s’était déplacé samedi à Brondby pour y visionner le FC Copenhague. Le futur adversaire du Standard en Europa League a été mené avant d’égaliser à l’heure de jeu via le Sénégalais N’Doye et de s’imposer 1-2 au début des arrêts de jeu sur un but du Brésilien Cesar. Après 10 journées de Super Ligaen, le FC Copenhague est donc toujours largement en tête avec 28 points soit déjà… 10 (!) de plus que ses deux plus proches poursuivants, Aarhus GF et Midtjylland.

Cyriac pas rétabli

Blessé depuis Genk, Cyriac (cheville) ne figurait pas sur la feuille de match. Il reste incertain pour l’Europa League jeudi. Au contraire de Bolat (pouce), ménagé par prudence dimanche.