Le Villo change de braquet

BORLOO,JEAN-PIERRE; MDS

Page 22

Vendredi 17 juin 2011

Mobilité Les vélos de location s’étendent à huit autres communes

A terme, 5.000 Villo devraient permettre de couvrir l’ensemble du territoire de la région. La première phase d’implantation de ces vélos de location est terminée (2.500 exemplaires). Elle couvre la première couronne de Bruxelles, soit 11 des 19 communes, et compte 180 stations de prise et de dépôt de bicycles. La deuxième phase est lancée vers les communes plus périphériques.

La formule fonctionne. Dans un style multimodal, c’est-à-dire que le vélo de location est utilisé pour de courts trajets et en complément à d’autres moyens de transport : le train, le tram, le bus… « La formule du Villo est pratique, insiste Charles Picqué (PS) le ministre-président de la région : il ne faut pas avoir un local de rangement chez soi pour placer son propre vélo. » « C’est une réelle alternative aux embouteillages, » embraye Emir Kir (PS), secrétaire d’Etat à l’Urbanisme.

Et c’est surtout un mode de déplacement qui a déjà fait ses preuves : « Plus de 25.000 abonnements, dont 2.500 liés à la carte Mobib. Plus de 1,4 million de locations. Et plus de 8 millions de kilomètres parcourus à Villo, énumère Bruno De Lille (Groen), le secrétaire d’Etat à la Mobilité. Les Villo représentent quelque 15 % des vélos en circulation à Bruxelles. »

La Région et la société JCDecaux vont maintenant se tourner vers les huit nouvelles communes (Auderghem, Evere, Forest, Ganshoren, Uccle, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre) pour leur demander de choisir des lieux d’implantation pour les futures stations Villo. En tenant compte du fait qu’elles ne doivent pas être éloignées de plus de 400 à 450 m pour que le système soit efficace.

L’objectif est d’aller vite : installation de 180 nouvelles stations d’ici au printemps 2012. En tenant compte, aussi, des leçons tirées de l’évaluation de la première phase : meilleure distribution et rééquilibrage entre les stations vides et les pleines… « Nous n’avons pas attendu la clôture de l’évaluation pour changer notre mode de fonctionnement, a précisé Bruno De Lille. Nous avons, par exemple, effectué un travail sur la manière de répondre aux appels des usagers qui rencontraient un problème. Nous envisageons aussi revoir la capacité de certaines stations existantes, comme à la Bourse, afin de mieux coller à la réalité. Même si cela a un coût. »

en marge

Les bourgmestres ne lâchent pas la taxe La concertation avec les huit communes concernées par la deuxième phase de développement de Villo ! va démarrer. L’objectif : définir les futurs lieux d’implantation afin, qu’au printemps 2012, les 180 nouvelles stations soient opérationnelles. A priori, les maïeurs de chacune des huit communes sont favorables au développement du dispositif sur leur territoire. Mais, à l’instar de leurs homologues concernés par la première phase, ceux-ci ne comptent pas céder devant les attentes de JCDecaux. C’est qu’aucun des 19 pouvoirs locaux n’épouse les conditions coulées dans la convention tripartite initialement élaborée entre la Région et JCDecaux, et devant inclure chacune des communes. Résultat, pour la première phase, les 11 communes ont signé une convention bipartite. Celle-ci ne prévoit pas l’exonération, pour Decaux, de la taxe sur l’affichage (les dispositifs publicitaires), prérogative communale. Cette exonération n’est donc effective que sur les voiries régionales. Une situation qui devait disparaître à l’élaboration de la seconde phase mais qui est loin d’être réglée. « On ne peut décider de priver les communes de cette rentrée. C’est le principe d’autonomie qui est en jeu ! D’autant que nous perdons déjà des rentrées d’argent avec la perte de la gestion des abribus », rappelle un bourgmestre. « Et il serait

injuste que les communes de la deuxième couronne soient privées de Villo ! »