Le wifi à l’assaut des toits bruxellois

HAINE, DIDIER

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Samedi 3 septembre 2011

Communications Les antennes ne nécessitent pas de permis d’environnement

Bruxelles bientôt entièrement couverte en wifi ? C’est en tout cas l’ambition affichée par Laurent Weil, consultant en informatique et propriétaire de la société myFIFI. Le premier opérateur bruxellois wifi qui espère voir ses ondes rayonner d’ici peu sur l’ensemble de la Région bruxelloise propose déjà des connexions pour les professionnels « be to be » sur Bruxelles.

Place désormais aux particuliers. myFIFI se lance à la conquête des toits des propriétaires et se cherche des « parrains « intéressés par le deal proposé : une connexion wifi gratuite en échange de l’hébergement d’une antenne de l’opérateur ». Laurent Weil : « On a pour le moment une bonne cinquantaine d’antennes. Ce qui signifie qu’on couvre pour le moment 2 % du territoire et qu’on a donc encore beaucoup d’antennes à installer. »

Le point de relais myFIFI, à installer sur son toit, est décrit dans les contrats proposés aux propriétaires comme « un mât supportant l’antenne de réception et les antennes de ré-émission […] relié à un boîtier technique étanche […] d’environ 5 kilos ». Sauf, précise-t-on, s’il s’agit d’une antenne sur pied mobile. Le cas échéant, « l’encombrement au sol est d’environ 70 cm de côté et le poids d’environ 50 kg ». A la clef pour les pionniers, explique Laurent Weil : « Un accès internet à haut débit dans tout le bâtiment, du 12 méga dans les deux sens. En download et upload contrairement à la concurrence. Cela, sans aucun frais à payer ni avant ni après, si ce n’est la consommation électrique de l’installation : 30 watts, soit +/- 15 euros par an. »

Des risques pour les propriétaires donnant accès à leur toit ? « Le risque est quasi nul, rassure Laurent Weil. L’intensité du signal est proche de celle d’un routeur wifi. C’est du 0,2 watt. Une exposition d’une année auprès de l’un de nos équipements correspond à celle d’une communication téléphonique de 20 minutes, le GSM à l’oreille. » Et d’ajouter :

Avantages du réseau selon son opérateur : « Il n’y a pas besoin de matériel comme un modem, pas besoin de contrat. Pas besoin de prendre de package pour bénéficier de l’internet mobile. »

Et tout cela serait parfaitement légal : « On a une licence de l’IBPT pour faire de la transmission internet. On ne le crie pas trop fort, mais les gens pourront surfer d’un endroit à l’autre dans Bruxelles quand on aura 3.000 clients. » Quand ? « Dans trois ans… », espère Laurent Weil.

« Un satellite avec des oreilles de lapin »

Pour se lancer comme opérateur wifi, explique-t-on à l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), « un enregistrement s’impose auprès de l’IBPT ». L’utilisation des antennes wifi est, elle, libre sur le marché belge. « Il ne faut pas de licences pour autant que les fréquences d’utilisation des appareils et que les puissances d’émissions autorisées ne soient pas dépassées. »

Quelques obligations légales à notamment remplir pour obtenir ledit enregistrement : « Un site internet avec des informations comparables, adéquates et à jour en ce qui concerne les services proposés. » Ou encore : « Un service d’assistance par téléphone au coût maximum d’une communication nationale. »

En outre, l’opérateur doit avoir les capacités suffisantes pour « l’identification de l’appelant, le repérage, la localisation, les écoutes, la prise de connaissance et l’enregistrement des communications privées qui seraient demandés par le ministère public ou les services de renseignement et de sécurité ». Cette première étape franchie, deux options. Il faut soit conclure des contrats avec des propriétaires afin de placer des points de relais wifi sur leurs toits. « Le matériel qu’on utilise est classique et il y a des dizaines de fournisseurs possibles », explique Laurent Weil, propriétaire de l’opérateur myFiFi. Autre option : disposer, comme c’est le cas des opérateurs classiques de tels points de relais dans tout Bruxelles… Pas besoin de permis d’urbanisme non plus ? « Non, assure Laurent Weil. Nos antennes ont la taille d’un satellite avec des petites oreilles de lapin qui ne dépassent pas 1,5 mètre de hauteur. » Pas besoin non plus d’un permis d’environnement comme pour les antennes GSM ? « Tant que la puissance d’émission de l’antenne ne dépasse pas les 0,8 watt, confirme-t-on à l’IBGE, ces antennes ne tombent pas sous le coup de notre législation. »

Comment expliquer alors que les autres opérateurs ne s’y mettent pas encore ? « C’est ce qu’on va faire, assure la porte-parole de Belgacom, Frédérique Verbiest. On a signé il y a deux mois un partenariat avec l’entreprise Fon – premier réseau wifi mondial qui propose déjà plus de quatre millions de hot spots à travers le monde – et on compte dès la fin de l’année proposer du wifi en rue gratuitement aux clients qui acceptent d’ouvrir leur b-box. » Ambition : « Construire la plus grande communauté wifi en Belgique. Objectif : utiliser nos routeurs wifi pour obtenir des centaines de milliers de points d’accès wifi. »

Son de cloche différent chez Mobistar : « On n’a pas de plan concret pour déployer le wifi communautaire. On croit davantage dans le développement du réseau mobile. L’expérience client est meilleure sur le réseau mobile. Mobistar examinera si la complémentarité du réseau mobile et du wifi offre une meilleure solution. »

pratique

La marche à suivre

Vous devez être propriétaire de votre toit. Après signature d’un contrat d’une durée de trois ans tacitement renouvelable, l’opérateur installera son matériel dans les dix jours. Cela ne lui prend que 24 h par bâtiment et cette installation est entièrement gratuite. Selon la configuration du toit, l’opérateur installera un point de relais fixe ou mobile. Fixe, il ne pèsera pas plus de 5 kg.

Infos

www.myfifi.net ou 02-669.69.00.