Le wifi prend du galon

JENNOTTE,ALAIN

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Vendredi 23 mars 2012

Télécoms Le sans-fil devient capable de roaming

Le wifi va-t-il phagocyter la 3G, l’internet mobile des opérateurs GSM ? Et peut-il même couper l’herbe sous le pied de la 4G, la nouvelle génération de téléphonie mobile, pour laquelle quatre licences ont été attribuées en Belgique ? On n’en est pas là. Mais la technologie sans-fil revoit sans complexes ses ambitions à la hausse.

Et les opérateurs mobiles eux-mêmes n’ont guère d’autre choix que de prendre en marche le train du wifi, une technologie qu’ils ont longtemps regardé avec méfiance, notamment parce qu’elle pouvait être utilisée sans licence alors que certains d’entre-eux avaient déboursé des fortunes pour acquérir leur licence 3G.

La GSMA, une association qui regroupe huit cents opérateurs mobiles parmi lesquels Belgacom, Orange, Deutsche Telekom et AT&T, s’associe à une initiative de recherche pour simplifier l’accès aux points d’accès wifi, les « hotspots » pour les smartphones et les tablettes, avec à la clé des possibilités de roaming. Ce roaming permettrait de passer d’un hotspot à un autre sans perte de connexion. Cette fonctionnalité, banale pour les utilisateurs de 3G, manque cruellement au wifi.

L’UCL en cheville avec Google

Un domaine où la Wallonie se distingue. Vendredi prochain à Paris, l’IETF, l’organisation internationale à l’origine de la plupart des nouvelles normes de l’internet, devrait approuver un premier standard pour le wifi itinérant. Une variante du wifi qui pourrait changer radicalement l’usage que l’on fait aujourd’hui de cette technologie sans fil.

C’est le laboratoire des réseaux de l’UCL (Université catholique de Louvain) qui pilote la mise en œuvre expérimentale de ce wifi, depuis plusieurs années. Un projet cofinancé par Google, qui pourrait adopter la nouvelle technologie dans Android, son système d’exploitation mobile.

L’un des tests déjà opérationnels à l’UCL consiste à émettre un appel de téléphonie internet avec le logiciel Skype, sur le réseau 3G d’un opérateur mobile, passer ensuite sur un réseau wifi puis revenir sur le réseau 3G, tout cela sans aucune perte de connexion de la communication en cours sur Skype.

Chez Belgacom, on se réjouit d’une évolution du wifi qui joue déjà un rôle majeur dans la stratégie de convergence de l’opérateur. Depuis novembre, en partenariat avec la société espagnole Fon, il propose à ses clients le partage de leurs connexions wifi. Plus de 500.000 hotspots ont déjà été activés.

Mais qu’est-ce qui motive les opérateurs mobiles à investir des fortunes dans la 3G et la 4G pour ensuite permettre – parfois gratuitement – à leur client de bouder ces technologies au profit du wifi ? « La réponse est peut-être à chercher du côté de la capacité et des performances des réseaux 4G, explique-t-on à l’UCL. Il n’est pas certain qu’ils pourront soutenir l’explosion du trafic. On essayerait alors de connecter au maximum les utilisateurs sur les réseaux wifi. Quant à la 4G, elle serait surtout réservée aux applications très mobiles, la voiture, par exemple ».

Repères

3G.

Troisième génération de téléphonie mobile (la deuxième, c’était le GSM), la 3G permet de connecter son téléphone mobile, sa tablette ou son ordinateur portable à l’internet lorsque l’on est en déplacement.

4G.

Appelée également LTE, la nouvelle génération de téléphonie mobile démarrera en Belgique à une date qui n’est pas encore déterminée. Elle permettrait d’atteindre des vitesses jusqu’à 100 Mbps. En novembre dernier, le gouvernement a attribué des licences à Proximus, Mobistar et Base, ainsi qu’à un quatrième opérateur, derrière lequel se trouveraient des intérêts chinois. Telenet et Voo auront également la possibilité d’utiliser la 4G.

Roaming.

C’est la possibilité de passer d’un point d’accès à l’autre sur un réseau sans-fil. On passe ainsi d’une antenne à l’autre avec son GSM sans interrompre sa communication. Le terme roaming est également utilisé lorsque l’on se connecte au réseau d’un opérateur étranger, lorsque l’on est en déplacement.