Léonard veut clarifier le cours de religion

GUTIERREZ,RICARDO

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Mardi 11 mai 2010

Ecole Le recentrage annoncé par l’archevêque ne devrait pas ébranler le programme des cours

C’est à l’Eglise de fixer la teneur du cours de religion catholique. Comme c’est au Centre d’Action laïque de baliser les cours de morale… Rien ne s’oppose donc à ce que l’archevêque Léonard, comme il l’a annoncé au pape, « clarifie » le programme. A condition de ne pas verser dans la catéchèse.

André Léonard l’a dit à Benoît XVI, samedi, au Vatican : « Dans un pays où une large majorité d’élèves sont scolarisés dans l’enseignement libre catholique et où bon nombre de jeunes reçoivent un cours de religion catholique dans l’enseignement public, nous sommes (…) décidés à déployer de grands efforts pour que le cours de religion réalise pleinement sa mission, à savoir permettre la rencontre avec la personne du Christ et le contenu central de la foi catholique. »

L’archevêque se montre plus explicite, dans De Standaard de ce lundi : « Le cours de religion n’en est plus un depuis longtemps. C’est un ramassis de considérations philosophiques. Il y a tant d’enseignants, tant de manuels et tant de contenus différents. Je veux réintroduire une ligne claire. » Concrètement : recentrer le cours sur le récit biblique, la vie de Jésus.

Depuis sa dernière révision, en 2003, le programme du cours de religion catholique se conçoit, dans le secondaire, comme un « éclairage apporté par la foi chrétienne aux grandes questions humaines ». Un cours d’humanisme, en somme, destiné tant aux croyants qu’aux athées, et ouvert aux autres courants philosophiques et religieux.

« Ces fondamentaux ne me semblent pas remis en cause par l’archevêque Léonard, dit l’abbé Christian Deduytschaever, qui dirige le Secrétariat de l’enseignement religieux dans les écoles officielles (Sereo). Nous donnons bien un cours d’information religieuse, qui ne suppose en aucune manière l’adhésion de l’élève. Ce cours ne doit pas pour autant réduire la religion à des conseils de comportement moral. L’éclairage chrétien fait notre spécificité. »

« Un cours confessionnel, éclairé par la foi, n’est pas une catéchèse, qui viserait à transmettre la foi, inconcevable dans l’enseignement public subsidié », insiste-t-on à la tête de l’enseignement libre (Segec)… Précision utile pour les 70 % d’élèves francophones qui suivent le cours de religion catholique, en primaire et en secondaire, réseaux libre et officiel confondus.