Les 400 coups du théâtre-action
ROSSI,FRANCA
Page 13
Lundi 19 septembre 2005
Mons Jusqu'au 7 décembre
« Le théâtre-action fait les 400 coups », depuis le 15 septembre et jusqu'au 7 décembre, porte sur scène, cette année encore, une planète qui « commerce amer », pas assez Kyoto, les cris et les silences, les coups de gueule refoulés, les coups du sort mais aussi l'actualité sociale, concrète, locale.
Parmi la dizaine de spectacles qui décortiquent, entre amertume et dérision, les coulisses du monde, « Tziganes, le voyage immobile », le 28 octobre, par la Compagnie française Gilles Pajon, proposera un lever de rideau sur les « nomades, noirs de peau, parlant entre eux une langue incompréhensible, se targuant de pratiquer la magie. Les Tziganes accumulent les caractéristiques les mieux faites pour provoquer l'hostilité », soulignent les associations partenaires.
Jean Delval évoque alors l'opération de police du 21 octobre 2004 sur le site du Bois Brûlé à Ghlin, intervention particulièrement humiliante et vexatoire pour les gens du voyage, qui ont des modes de vie différents, un état d'esprit différent, à respecter. Leur sort n'est toujours pas réglé. Il faut maintenir la pression, d'où l'idée de ce spectacle.
Mélanie André, du Relais Picardie Laïque, salue l'insertion de « Tziganes, le voyage immobile » dans la programmation. La date-butoir d'expulsion des habitants du Camp des Hirondelles est dépassée, mais l'arrêté d'expulsion est toujours là, rappelle-t-elle. Nous devons rester vigilants, on espère une issue claire. C'est un devoir éthique et philosophique que de défendre les gens du voyage. Même dans le monde social et culturel, les stéréotypes étaient répandus. Il a fallu convaincre, là aussi.
Le théâtre-action revêt le costume de la critique sociale et de la culture populaire, deux concepts phares pour les acteurs et artisans des 400 coups, qui se joueront au Cerisier, à Cuesmes et à Quaregnon.
La banlieue montoise n'est pas anonyme, insiste Jean Delval, elle est peut-être moins rutilante que le centre de Mons, mais elle mérite autant d'attention. On ne peut pas faire de Mons une ville culturelle sans associer les couches populaires en périphérie.
Les 400 coups du théâtre-action, planche de salut pour tous les spectateurs désireux qu'on leur « fasse une scène »...
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