Les Alliés indécis sur l’après- 2014 en Afghanistan

BELGA; QUENELLE,BENJAMIN; REGNIER,PHILIPPE

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Samedi 19 mai 2012

Un sommet de l’Otan se tient dimanche et lundi à Chicago. Les Alliés baliseront la suite du retrait d’Afghanistan et devront s’entendre sur leurs capacités militaires collectives. Délicat.

Après l’Irak, l’Afghanistan. Le président Obama, à peine le G8 de Camp David clôturé, reçoit à partir de dimanche les vingt-sept pays alliés des Etats-Unis, coalisés sous la bannière de l’Otan. Dont la Belgique, emmenée pour la première fois par Elio Di Rupo. Le sommet se déroule avant la présidentielle de novembre aux Etats-Unis et « à domicile » pour Barack Obama – à Chicago, son berceau, là où il se lança dans la course présidentielle de 2008 avec la promesse de tirer un trait sur les deux guerres de l’Amérique décidées par son prédécesseur, George W. Bush.

A Chicago, les 28 Etats membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (Otan) confirmeront le calendrier esquissé lors de leur précédent sommet, en novembre 2010 à Lisbonne : un retrait des troupes de combat déployées en Afghanistan pour la fin 2014. « Les sommets sont bien souvent des réunions symboliques destinées à marquer les accords. Chicago sera un sommet plutôt consensuel », estime un « sherpa », qui a contribué à la préparation de la rencontre. Autrement dit, les points litigieux seront au maximum renvoyés à plus tard – et Barack Obama, en campagne pour sa réélection, pourra respirer.

Des divergences risquent pourtant de faire surface.

En campagne électorale, le candidat Hollande désormais président de la France n’a pas hésité à marquer sa différence. Paris entend radicalement accélérer le tempo de la sortie de ses troupes combattantes d’Afghanistan : dès la fin de l’année ! François Hollande fera donc une entrée remarquée auprès de ses homologues à Chicago…

Avec quelque 3.500 hommes déployés en Afghanistan, la France est le quatrième contributeur de troupes à la Force internationale d’assistance à la sécurité (Fias) de l’Otan. Mais il faut relativiser cette position : la France se classe juste derrière l’Allemagne (5.000) et le Royaume-Uni (9.500) mais loin derrière les Etats-Unis (plus de 90.000 hommes). Le départ des Français est donc d’autant plus « gérable » que le processus de transfert du maintien de l’ordre aux forces afghanes suit son cours.

Le président afghan Karzaï vient d’annoncer l’imminence de la « troisième phase » de ce transfert, au terme de laquelle 75 % de la population afghane devraient se trouver sous la responsabilité des forces de sécurité afghanes. Dont les habitants de la région de la Kapisa… aux mains des Français.

La précipitation du président Hollande révèle cependant d’autres dissensions. S’il veut partir au plus vite, d’autres veulent déjà rester… après décembre 2014. Ceux-là redoutent par-dessus tout un retour aux affaires des talibans, qu’ils combattent depuis près d’une décennie.

« J’ai confiance dans la capacité des Afghans à prendre leur sécurité en mains, déclare le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, lors d’un entretien avec quelques journalistes, dont Le Soir. Mais ils auront encore besoin de notre soutien ». Pour Rasmussen, la Fias « prendra fin et une nouvelle mission dirigée par l’Otan se mettra en place. Il faudra aussi assurer la protection de nos entraîneurs. Cette mission d’entraînement, de conseil et d’assistance (aux forces de sécurité afghanes) sera discutée à Chicago ».

Combien d’hommes, avec quels moyens, seront encore en Afghanistan en 2015 ? « Il est trop tôt pour donner un chiffre, mais il sera plus bas », que les 130.000 hommes aujourd’hui déployés en Afghanistan, ajoute le secrétaire général. « Cela dépendra de la situation sécuritaire et des capacités des Afghans… »

Les Etats-Unis ont déjà signé un « partenariat stratégique » pour dix ans avec les Afghans. « Sur ce que cette mission fera ou ne fera pas, ce sera à préciser, indique un diplomate européen à l’Otan. Il faudra voir aussi ce que les Etats-Unis seront prêts à faire, et ils ne se décideront pas avant l’automne » et l’élection présidentielle. Des forces spéciales, hors Otan, devraient également se trouver encore sur le terrain après 2014, ajoute le diplomate.

Bref, à Chicago, « on devrait définir le cadre général, mais les modalités seront à préciser dans les mois à venir », estime le « sherpa ». D’autant qu’au-delà de cette discussion – engagement, désengagement –, de lourdes questions financières se posent également.

Kaboul espère décrocher à partir de 2017 un financement d’au moins 4,1 milliards de dollars par an pour l’entretien de ses forces de sécurité. Après donc le départ des étrangers (dont la présence sur le terrain coûte encore plus cher !), au nom de la lutte internationale contre le terrorisme. Mais qui va payer, et selon quelle clé de répartition ? La question est d’autant plus cruciale que ces 4,1 milliards ne permettront pas de payer 120.000 des 350.000 policiers et soldats afghans aujourd’hui recrutés. Certains d’entre eux pourraient alors être tentés de rejoindre… l’insurrection. En juillet, une conférence à Tokyo fera le point sur l’avenir « économique » du pays, au-delà de l’aspect militaire. Le casse-tête afghan est loin d’être réglé.

P.6 Elio Di Rupo fait bande à part

La belgique

Exit Afghanistan pour fin 2014…

La Belgique a confirmé qu’elle allait achever le retrait de ses troupes en Afghanistan à la fin 2014 après l’avoir entamé en septembre prochain. « La Belgique confirme le retrait de ses troupes d’ici la fin 2014 », a-t-on indiqué mercredi de source gouvernementale à l’issue d’un conseil des ministres restreint, consacré à ce dossier sous la présidence du Premier ministre Elio Di Rupo (PS). Près de 600 soldats belges participent aux forces de l’Otan en Afghanistan, essentiellement basés à l’aéroport de Kaboul, qu’ils contribuent à sécuriser, et sur la base aérienne de Kandahar (sud). Le processus de leur retrait débutera cet automne par Kaboul.

« Sur la question du rôle militaire éventuel de l’Otan après 2014, tout rôle de combat devrait être exclu. Il va de soi qu’en cas de nécessité, ces troupes devront pouvoir se défendre »

, a-t-on précisé de source gouvernementale. (afp)

… à moins que

Le Premier ministre n’a toutefois pas exclu le maintien d’une présence militaire belge après cette date de fin 2014. « Aucune décision n’a été prise à cet égard par le gouvernement », a-t-il affirmé au Parlement mardi dernier. « Et aucune déclaration ne doit être faite (à Chicago) à défaut d’une telle décision », a ajouté Elio Di Rupo. « Nous n’aurons pas de forces de combat après 2014 en Afghanistan, mais sommes prêts à participer au financement de la formation et des salaires des troupes », a pour sa part souligné le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR). (b)

Douze millions par an

La Belgique contribuera pour 12 millions d’euros maximum à la reconstruction de l’Afghanistan après 2014 notamment via les Forces de sécurité afghanes, selon une décision prise mercredi en Conseil des ministres restreint. La Belgique souhaite que ces montants soient affectés à une tâche de « reconstruction civile clairement identifiée ». (b)

L’Alliance atlantique fourmille de projets

Si vous m’aviez dit il y a un an que nous serions en Libye… Je n’aurais pu l’imaginer. Et pourtant, on l’a fait ! » Anders Fogh Rasmussen, l’ex-Premier ministre danois devenu secrétaire général de l’Otan en 2009, l’affirme : « L’Otan doit être prête pour l’imprévu ».

« Otan, Game Over », comme le proclament régulièrement des pacifistes venus aux grilles de l’Otan pour clamer l’obsolescence de l’organisation privée de l’ennemi soviétique ? On en est loin : « La défense de nos frontières commence souvent loin de nos frontières, dit Rasmussen. Le futur de l’Otan, c’est aussi la défense contre les cyber-attaques… Nous devons être prêts à maintenir une capacité d’intervention et de dissuasion, pour protéger efficacement nos populations ».

Un bouclier bien coûteux

Deux grands dossiers figurent à cet égard au menu des chefs d’Etat ou de gouvernement qui convergent vers Chicago. Le premier, dans un contexte de crise et d’austérité budgétaire qui frappent l’ensemble des Etats membres, consiste à davantage mutualiser les achats nationaux de matériels. Vingt-cinq projets sont sur la table. Washington, surtout depuis la Libye, pousse l’Europe à « faire plus avec moins » – et d’aucuns relèvent qu’ils ne sont jamais loin avec leurs carnets de commandes remplis d’offres… très concurrentielles.

Le second dossier, en revanche, promet d’être coûteux : le développement d’un bouclier antimissile en Europe, aussi voulu par Washington. Du moins, si le projet est mené à son terme, puisque ce sommet-ci doit se borner à constater l’existence d’une « capacité intérimaire ».

Une âpre bataille industrielle

Ce sont pour l’essentiel des équipements US existants (radars, navires, systèmes d’alerte) mais qui pourront être placés sous commandement Otan, censés protéger le sud-est de l’Europe contre de futurs missiles qui seraient un jour lancés de Téhéran, voire de Pyongyang. Mais trois autres phases de développement sont imaginées d’ici 2020. Il s’agit d’étendre la protection antimissile des forces de l’Otan aux populations des pays alliés.

Une âpre bataille industrielle s’annonce pour la suite, notamment pour le marché des intercepteurs de missiles. Le financement de la mise en commun du système s’élèverait à 157 millions d’euros sur 10 ans, mais c’est sans compter les moyens de défense eux-mêmes, autrement plus coûteux – des milliards d’euros.

Par ailleurs, ce projet continue à envenimer les relations entre l’Otan et la Russie (lire ci-contre), pourtant « remises à zéro » par Obama. « Ce n’est pas une menace contre la Russie mais contre l’Iran », répète en boucle l’Otan. Un diplomate européen au sein de l’Alliance ajoute : « On a bien entendu la rhétorique russe pendant la campagne électorale, mais on espère que Moscou fait désormais bien le bilan des avantages d’une coopération avec l’Otan et les USA ». Pour l’heure, ce n’est pas limpide : aucune réunion du Conseil Otan-Russie n’est prévue à Chicago.

ne plus laisser la mécanique s’emballer

Commentaire

La Libye a tout changé. Au dernier sommet de l’Otan, il y a deux ans à Lisbonne, l’organisation était engluée dans le bourbier afghan, une guerre en forme de cul-de-sac dont on ne voyait plus la fin. La formidable alliance militaire paraissait en si petite posture qu’il fallut planifier, dans la capitale portugaise, le retrait graduel des forces armées étrangères déployées en Afghanistan – une planification organisée qui permettait de gommer un humiliant sentiment de capitulation face à des « talibans » jamais défaits.

Puis vint la Libye, l’an passé. Mission accomplie. Tambour battant, sept (longs) mois durant. L’objectif officiel était atteint : protéger le million d’habitants de Benghazi d’un massacre annoncé. L’officieux aussi, inavoué autant qu’inavouable – car trop évidemment « impérialiste » : débarrasser le peuple libyen en quête de liberté du tyran de Tripoli.

C’est donc dans un tout autre contexte que s’ouvre le sommet de Chicago. Le succès libyen, malgré les quelques dizaines de victimes civiles dont l’Otan ne nie plus désormais la possibilité, sera dans les esprits, tandis que l’Alliance s’apprête à tourner la page afghane.

Douce euphorie ? Une extrême vigilance s’impose, au contraire : le contrôle politique – et sur le contrôle politique, le contrôle citoyen ! – est capital pour calmer l’ardeur que met toute institution en restructuration à se trouver des « raisons d’être » afin d’échapper à la liquidation, quitte à s’engager à tout prix dans des (més)aventures hasardeuses.

Une bonne dizaine d’années après la disparition de l’ennemi historique – l’URSS –, l’Otan a tout fait pour « rebondir » en Afghanistan. La leçon est amère. Certes, ce fut une « plaine des manœuvres » formidable – pensez : nos Belges frayant sur un « théâtre d’opérations » avec la plus puissante armée du monde ! Mais, ni la sécurité, ni le développement du peuple afghan ne sont au rendez-vous, alors que cette guerre a coûté la vie à près de 3.000 soldats étrangers et à plusieurs dizaines de milliers d’Afghans – talibans, terroristes, insurgés, chefs de guerre et mafieux, mais aussi des femmes, des enfants, vieillards et autres civils parfaitement innocents.

Dès lors, un contrôle strict des « faucons » s’impose. Plus que jamais, à l’heure où la machine pourrait à nouveau s’emballer. Avec une nébuleuse nouvelle mission de l’Otan en Afghanistan, déjà en discussion, et le projet de bouclier antimissile dirigé contre une hypothétique menace, aussi dispendieux qu’à l’efficacité incertaine.

La marine russe veut renaître à Kaliningrad, au cœur de la tension entre Otan et Moscou

rEPORTAGE

KALININGRAD

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

C’est à Kaliningrad, cette enclave russe en pleine Union européenne aux frontières de la Pologne et de la Lituanie, deux Etats membres de l’Otan, que se jouent les dernières tensions entre Moscou et Washington. En guise de réponse au projet de bouclier antimissile américain en Europe de l’Est, Moscou a menacé d’y déployer des Iskander, des missiles à courte portée. Des sources militaires russes ont déjà confié à la presse l’imminence de la mise en service d’un système de défense antiaérienne et antimissile mobile S-400 Triumph.

« S’il y a un danger, nous serons prêts ! », prévient sur place Sergeï Skorniakov, avec l’assurance du militaire confiant en sa mission. Droit dans son uniforme marin de commandant adjoint, il vient d’accueillir un petit groupe de journalistes étrangers sur le Iaroslav Moudrï, navire de guerre amarré sur un quai de la base navale de Kaliningrad. C’est l’un des fleurons de la flotte de la Baltique. Et l’un des vestiges de la Guerre froide. « Nous sommes un avant-poste sûr de notre pays en Occident et un facteur important de stabilité dans la région », se défend le commandant général de la flotte, le vice-amiral Viktor Tchirkov.

Tous deux refusent de commenter l’actualité et les tensions croissantes à la veille du sommet de l’Otan – Vladimir Poutine, l’ex et nouveau chef du Kremlin, a décidé de ne pas participer aux traditionnelles rencontres conjointes entre l’Alliance et la Russie. Mais, à Kaliningrad, d’où vient la menace ? Pas de réponse officielle. « Je ne vois d’ennemi nulle part. Surtout ici où nous sommes entourés de pays européens… », reconnaît Sergeï Skorniakov qui, loin de ce climat de crise, s’apprête avec ses hommes à partir en mer Baltique pour cinq jours.

« On s’exerce, on surveille… Il faut se préparer à la lutte contre le terrorisme. Et aux opérations contre les pirates des mers », explique le commandant adjoint. « Sans oublier la défense des intérêts économiques… » Allusion à North Stream, le nouveau gazoduc russe qui, passant sous la Baltique, fournit directement l’Europe. La flotte de Kaliningrad participe d’ailleurs à des missions internationales et entretient diverses coopérations avec les pays de l’Otan. Autant d’occasions pour les navires russes de se mesurer aux Occidentaux.

« On tient la comparaison ! », assure Sergeï Skorniakov. La Russie n’a-t-elle pourtant pas indirectement reconnu son retard technologique en passant commande l’an passé à la France de deux porte-hélicoptères Mistral, premier achat auprès d’un pays de l’Otan dans l’histoire militaire russe ? « C’est bien d’acheter à l’étranger. Mais nos chantiers peuvent toujours construire des navires de qualité », répond Skorniakov.

Carcasse de plus de 4.500 tonnes et longue de 130 mètres, le Iaroslav Moudrï se veut l’un des plus modernes de la flotte de la Baltique, la plus ancienne en Russie. Mais, à lui seul, ce navire résume bien les limites de la modernisation de l’armée lancée par Vladimir Poutine – lire ci-dessous. Il est lourdement équipé en armes, avec des missiles Kinjal et deux complexes d’artillerie Kortik. Tout a été fabriqué en Russie. Et même « en URSS », comme l’indiquent les inscriptions un peu partout dans la salle des commandes. Des étoiles rouges, symboles du régime soviétique, sont omniprésentes. Il n’y a quasiment pas d’ordinateur. Au milieu d’un labyrinthe de câbles, de boutons et d’interrupteurs, beaucoup de fonctions restent manuelles. Radios et autres outils de communication datent d’un autre temps.

Car s’il est tout neuf, sorti des chantiers navals en 2008, le Iaroslav Moudrï a été conçu sur un modèle de navire mis au point à l’époque soviétique. « On vous montre ce qu’on veut bien vous montrer… », glisse l’un des militaires, laissant comprendre que la rustique salle des commandes cache en fait des installations bien plus modernes. Certains des équipements seraient à la pointe du progrès. « On sent bien la différence par rapport à il y a dix ans », insiste Sergeï Skorniakov. La majorité des hommes à bord sont désormais sous contrat et non plus des appelés. Et les salaires ont fortement augmenté – plus du double.

A bord du Iaroslav Moudrï, tous ne cessent de le répéter : ils se sentent enfin respectés grâce à la modernisation en cours. « Poutine a déjà beaucoup fait pour l’armée ! Et ce n’est pas fini… Du coup, le moral est à nouveau bon ! », s’enthousiasme Sergeï Skorniakov. Derrière lui : le portrait de Pierre Le Grand, fondateur de la flotte de la Baltique. « Nous existons depuis trois cents ans. La fierté nationale perdure… », espère le commandant adjoint qui, pourtant, peine à convaincre.

LES CHIFFRES de la modernisation russe

L’ambition de Vladimir Poutine

En février dernier, en pleine campagne électorale, Vladimir Poutine avait promis un « réarmement sans précédent » de la Russie. Une priorité de son retour au Kremlin. Avec un chiffre-clé : 23.000 milliards de roubles, soit près de 600 milliards d’euros, seront investis d’ici dix ans dans le complexe militaro-industriel. L’armée russe (un million d’hommes) avait beaucoup souffert, dans ses finances mais surtout dans son amour-propre, de la chute de l’URSS puis du chaos des années 1990.

Pendant les deux premiers mandats présidentiels de Vladimir Poutine, entre 2000 et 2008, puis ses quatre ans à la tête du gouvernement, plusieurs réformes ont déjà essayé de moderniser des troupes sous-équipées et démotivées. Les soldes des militaires ont été multipliées pratiquement par trois au 1er janvier dernier, et l’armée sera professionnalisée pour ne plus comporter que 145.000 appelés en 2020.

La Russie reste toutefois loin de son statut de superpuissance militaire qu’elle détenait face aux Etats-Unis pendant la Guerre froide. « Nous devons combler notre retard. Reprendre un statut de leader dans toutes les technologies militaires », s’est engagé Vladimir Poutine. Il a désormais six ans au Kremlin pour lancer une nouvelle réforme.