LES ARNAQUEURS ? QUELLE ARNAQUE

LETIST,FERNAND

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Mardi 18 juin 1991

«Les Arnaqueurs»?

Quelle arnaque!

Dans la vaste galerie de nos amusements télévisuels, la caméra cachée occupe une place privilégiée. Rire aux dépens de celui qui ne sait pas qu'il est vu passe même pour être devenu un sport typiquement belge sous la houlette zygomatique de Bernard Faure pour la RTBF 1 (une vidéocassette reprenant les meilleures séquences «piégées» a d'ailleurs été éditée par le département vidéo de l'Institut).

On était habitué à une certaine qualité dans les idées qui sous-tendent les gags de ce genre de divertissement. Avec ses «Arnaqueurs», distillés à partir de ce soir sur RTL/TVi, le producteur canadien Marcel Béliveau parvient à démontrer involontairement que de mauvaises caméras cachées, cela existent. Et qu'il ne fait pas bon les rencontrer sous peine de s'ennuyer à mourir. Sûrement pas de rire.

Si les «Surprises sur prise», du même Béliveau, ménagent de temps en temps de bons moments, les pièges des «Arnaqueurs» sont vides d'idées, d'originalité et de piquant et sentent la série bâclée aux moindres frais. Dix sketches sans envergure défilent, tournés devant le Palais de justice, à City 2 ou au Québec et sont entrecoupés d'introductions ringardes.

Le moment le plus amusant reste paradoxalement le coup des passants arrosés par une fontaine publique au débit capricieux.

Pour la franche rigolade, on repassera. Et l'arnaqué n'est pas celui que l'on pense, à savoir la victime du gag, mais bien le téléspectateur moyen. Ce consommateur d'images à qui les programmateurs et producteurs d'émission fourguent n'importe quoi. Du déjà vu, de l'avarié, du mal foutu, du moins que bien.

Stop à la médiocrité et secouez-vous les puces, tous les Béliveau de la terre, considérez votre public autrement que comme une masse bêlante supposée «sensible» à votre humour de bazar.

F.Lt.

«Les Arnaqueurs», RTL/TVi, 20 h 10.