Les Borlée passent à la semaine de cinq jours

VANDE WEYER,PHILIPPE

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Mercredi 21 novembre 2012

ATHLÉTISME Davantage d’intensité et de récupération au menu

S’ils ont repris l’entraînement depuis un petit mois de manière on ne peut plus traditionnelle après des vacances bien méritées – « On en est encore à travailler la condition générale et le rééquilibrage de la chaîne musculaire », précise Kevin –, les frères Borlée s’apprêtent à fondamentalement modifier leur schéma habituel de préparation cette saison. Jacques Borlée, leur père/entraîneur, a en effet décidé, avec l’aval des autres membres du groupe de travail qui encadre les jumeaux bruxellois, de répartir désormais les semaines d’entraînement sur cinq jours au lieu de six sans diminuer le nombre de sessions, ce qui rendra les journées plus intensives et plus chargées mais leur permettra, en échange, de bénéficier de deux jours de repos hebdomadaires au lieu d’un auparavant.

« L’objectif de ce resserrement qui nécessitera deux entraînements quotidiens au lieu d’un est de créer plus de stress pour encore mieux pouvoir encaisser la succession de courses dans un grand championnat », précise Jacques Borlée qui, comme ses fils, est un peu resté sur sa faim lors des Jeux de Londres malgré leur 5e et 6e places sur 400 m et leur 6e place sur 4 x 400 m.

Marc Francaux, professeur en physiologie du muscle et de l’exercice à l’UCL et responsable du Centre d’évaluation de la performance sportive à Louvain-la-Neuve, qui travaille avec le clan Borlée, précise que « cette méthode de travail est un peu dans l’air du temps, et pas seulement en athlétisme ; nous allons d’ailleurs l’appliquer également au nageur François Heersbrandt. Elle permet de simuler à l’entraînement ce qu’on fait dans une compétition, où il faut enchaîner trois courses en trois jours sur 400 m. Pour cela, on veut travailler plus dur sur moins de temps tout en laissant plus de temps de récupération ».

Kevin et Jonathan Borlée ont accepté de tenter cette nouvelle expérience sans véritable crainte. « La philosophie de l’entraînement reste la même mais au niveau physique, cela peut nous faire évoluer, insiste le premier. Nos entraînements vont être plus qualitatifs, on va pouvoir faire plus de choses. Et puis, cette modification, que nous cautionnons, va nous permettre de nous changer les idées, de ne pas tomber dans la monotonie. Quant aux deux jours de repos dont nous bénéficierons, ils seront relatifs. Si l’un des deux sera consacré… à ne rien faire, l’autre servira aux soins et au suivi de notre programme de mobilité. »

La saison dernière, les « twins » avaient déjà innové en séjournant dans une chambre hypoxique installée dans un bungalow à Louvain-la-Neuve pendant deux périodes équivalant à dix semaines. Cette expérience devrait être reconduite… mais différemment.

« Certaines choses ne sont pas passées comme on l’aurait voulu, admet Marc Francaux. Ils ont eu plus de mal à récupérer de leur deuxième séjour (du 18 juin au 18 juillet) que du premier (du 1er février au 15 mars), ce qui nous a obligés à adapter les charges d’entraînement en dernière minute. Nous allons refaire l’expérience mais, cette fois, plus tôt dans l’année avec des rappels pour stimuler le système. Kevin et Jonathan étaient en effet arrivés aux Jeux bien reposés et avec un potentiel hématocrite plus important qu’aux Mondiaux 2011 ; mais les problèmes survenus avaient généré de l’anxiété. C’est quelque chose qu’il faudra absolument éviter la saison prochaine. »