LES BUDGETS DES DEUX VILLES INTEGRERONT LES MEMES PREOCCUPATIONS MONS MAIN DANS LA MAIN AVEC NAMUR

DEFFET,ERIC

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Samedi 14 décembre 1991

Les budgets des deux villes intégreront les mêmes préoccupations

Mons main dans la main avec Namur

Ni inutilement prétentieux ni revanchards, les deux chefs-lieux de province plaident pour une plus grande justice financière.

Plus que jamais, dans le difficile combat des finances communales, Mons et Namur font cause commune. Les deux plus importantes villes de Wallonie après Liège et Charleroi, comme disent, non sans fierté, les bourgmestres Lafosse et Close, présenteront en effet leurs budgets 1992 la semaine prochaine: ils intégreront les mêmes difficultés, les mêmes incertitudes pour l'avenir, les mêmes revendications. Mons présentera un déficit structurel de 70 millions contre 114 millions pour Namur.

On sait ce qui pousse les deux chefs-lieux de province à unir ainsi leurs discours. À peu de choses près, leurs tailles, leurs populations et leurs missions sont comparables. «Idem» pour la hauteur des budgets, la fiscalité, les dotations du Fonds des communes...

Mons et Namur ont aussi en commun le souci d'assurer leur mission sociale et le bien-être de leurs populations (sécurité, qualité de la vie, enseignement).

Facile à dire... À Mons, l'intervention communale dans le budget du CPAS est passée, en douze ans, de 194 à 335 millions; à Namur, de 160 à 345 millions. À Mons, les investissements programmés pour 1992 plafonnent à 196 millions alors que 392 millions seraient nécessaires pour assurer l'entretien du patrimoine communal. À Namur, les chiffres sont aussi parlants: 182 millions au budget, il en faudrait 308!

Maurice Lafosse, Jean-Louis Close et leurs collèges tirent donc la sonnette d'alarme. Si on n'y prend garde, leurs villes comme beaucoup d'autres, ne seront plus capables d'assurer les missions toujours plus larges qui leur échoient. À moins de plonger à nouveau dans le «rouge». Conclusion: il faut revoir en profondeur la problématique du financement des communes, du fonds et des aides complémentaires, sur base de critères réellement objectifs.

Pour Mons et Namur, la répartition de l'enveloppe régionale de 500 millions pour 1991 est l'exemple à ne plus suivre. Liège reçoit 250 millions, Charleroi 150 et vingt-deux autres villes doivent se partager le solde, soit 100 millions (33 millions pour Mons et 22 millions pour Namur). Il faut une fois pour toutes mettre le cas de Liège de côté et le régler de manière spécifique, disent MM. Lafosse et Close. Charleroi, qui n'a à supporter aucune dette de trésorerie, doit cesser de tirer prétexte de l'écart qui la sépare de Liège dans la dotation du Fonds des communes pour réclamer des aides supplémentaires.

Des revendications qui, jusqu'à présent, n'ont pas été entendues. L'enveloppe d'un milliard prévue pour 1992 devrait être répartie comme suit: 200 millions pour Charleroi, 550 millions pour Liège (toujours dans le circuit), 65 millions pour Mons et 45 pour Namur. Et pendant ce temps, disent encore les deux bourgmestres, notre fiscalité culmine à plus de 14.000 F par habitant, contre 11.000 à Charleroi. Ce n'est pas de ce côté que nous pourrons trouver les moyens supplémentaires qui nous sont nécessaires. Les deux villes wallonnes espèrent trouver dans le nouvel exécutif régional le réconfort nécessaire...

ÉRIC DEFFET