Les bus wallons s'arrêtent: José Daras démarre Bus wallons: tout le monde descend

GHESQUIERE,DENIS

Page 1;3

Samedi 30 septembre 2000

Les bus wallons s'arrêtent: José Daras démarre

La grève des TEC touche toute la Wallonie. Le ministre régional appelle au calme.

C'était couru: la grève des Transports en commun wallons (TEC) a gagné du terrain. Elle touche désormais toutes les zones non desservies par des sous-traitants privés. Les prochains jours (dont ce samedi «train-tram-bus») resteront chaotiques.

Le mouvement spontané porte une revendication de la base, qui rêve d'une augmentation carabinée de 10.000 F net par mois. Les syndicats ont désavoué puis couvert ces actions. Les centrales formulent pourtant des revendications barémiques plus modestes, dans la perspective de la convention collective pour 2001-2002. Elles ont déposé un préavis de grève pour réclamer la finalisation de la convention collective 1999-2000, qui implique notamment le versement d'une prime de productivité de 10.000 F.

La direction refuse de négocier sous la pression. Elle se défend d'envenimer le conflit par un excès d'intransigeance: Regardez l'histoire des TEC ces dernières années: à chaque fois, il aurait fallu qu'on négocie avec le couteau sous la gorge , s'indigne Jean-Marc Vandenbroucke, administrateur général adjoint de la Société régionale wallone du transport (SRWT). De 1992 à 1999, les TEC ont subi pas moins de 238 jours de grève, soit une moyenne de 3 jours par mois!

Une nouvelle rencontre, vendredi, n'a rien arrangé. La direction répète ne pouvoir envisager de mesures salariales avant d'en savoir plus sur le cadre juridique et budgétaire qui l'attend. L'incertitude réside entre autres dans la question de la norme salariale, dépendant des négociations interprofessionnelles.

José Daras (Ecolo) veut calmer le jeu. Le ministre régional des Transports et de la Mobilité demande une reprise de la conciliation pour finaliser la convention 1999-2000 et invite à fixer un calendrier de discussions pour la convention 2001-2002.

La négociation du prochain contrat de gestion devrait, dit-il, commencer la semaine prochaine. Daras s'engage à y intégrer un chapitre sur la gestion des ressources humaines et un autre sur la revalorisation barémique. Il souligne néanmoins que la détérioration du climat social et les mouvements qui sortent des procédures usuelles de négociation sociale pénalisent à la fois les usagers et le groupe TEC.

DENIS GHESQUIÈRE

En pages 2 et 3

Bus wallons: tout le monde descend

La journée train-tram-bus de ce samedi sera bien chaotique en Wallonie. Un seul titre de transport servira pour circuler sur le rail. Pour le bus, on en reparlera l'an prochain. C'est que, depuis vendredi, le réseau des TEC (Transports en commun wallons) est quasiment paralysé. Revue du mouvement lancé en début de semaine par les chauffeurs carolos qui revendiquent une augmentation de salaire (lire page une).

TEC-Brabant wallon. La situation était inchangée vendredi: seuls les exploitants privés ont roulé. Ces loueurs représentent 40 % du réseau. Pour le reste, les dépôts de Nivelles, Chastre, Lasne et Jodoigne sont demeurés à l'arrêt. A Jodoigne, la prise d'alimentation de plusieurs bus a été sectionnée pour que ces véhicules ne roulent pas. Michel Corthouts, le directeur général du TEC-BW, n'a pas déposé plainte mais a demandé à la gendarmerie d'ouvrir une enquête.

En ce qui concerne la journée train-tram-bus de ce samedi, les navettes spéciales ne devraient pas circuler. Ainsi la navette entre la gare de Braine-l'Alleud et les différents sites de la bataille de Waterloo a-t-elle été annulée.

TEC-Luxembourg. Dans la province où une partie du réseau est desservi par des sociétés privées sous-traitantes -qui n'ont pas fait grève-, le mouvement n'a pas été suivi partout. Celui-ci a manifestement connu plus de succès dans le nord. Ainsi, seul le ramassage scolaire a été assuré et encore, pas dans tous les arrondissements. Ce fut le cas notamment à Saint-Hubert et à Manhay. Dans le sud, circulation presque normale, à l'exception des dépôts de Ethe et d'Arlon.

Pour la journée train-tram-bus, la direction du TEC n'était pas en mesure d'indiquer si les bus allaient rouler normalement. Précision: aucun piquet n'a été - signalé devant les dépôts des sociétés privées.

TEC-Namur. La grève a paralysé le réseau TEC sur l'ensemble de la province. Aucun bus n'est sorti. En revanche, du côté des neuf sociétés privées roulant aux couleurs du TEC, il n'y avait rien à signaler. Tous les bus (près de 40 % du réseau kilométrique namurois) ont roulé normalement et aucun piquet de grève n'est venu perturber la sortie des bus des dépôts.

Concernant la journée train-tram-bus, la CGSP estimait qu'il y aurait sans doute de grosses perturbations. La journée de dimanche sera vraisemblablement plus calme. L'ensemble des chauffeurs devraient reprendre leur travail. En principe.

TEC-Charleroi. Les bus ne devraient pas reprendre la route avant jeudi prochain. En effet, ce lundi, après une assemblée générale prévue à 8 heures, le personnel se rendra à Namur pour être reçu par le ministre-président wallon et ministre du Budget, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS).

TEC-Hainaut. La situation demeurait très floue dans les sous-régions de La Louvière, Mons-Borinage et le Hainaut occidental. La quasi-totalité des 500 conducteurs hennuyers s'est croisée les bras tout ce vendredi. Ceux des dépôts de La Louvière, Mons-Bassin, Quaregnon, Eugies ainsi que les plus modestes antennes de Casteau et Roisin pourraient -reprendre leur volant dès lundi matin.

A Tournai par contre, les piquets de grève resteraient en place jusqu'à mercredi, date à laquelle un nouveau préavis serait lancé par la CGSP socialiste et la chrétienne CCSP. Les arrêts de travail dans cette partie du Hainaut se font toutefois moins sentir qu'ailleurs, puisque le réseau est desservi à 60 % par des loueurs privés. A noter encore que la CGSLB, minoritaire partout, sauf à Quaregnon, ne se joint pas au mouvement - même si, descendus sur les lieux, les chauffeurs du TEC Charleroi ont veillé à ce qu'aucun bus ne prenne la route.

Compte tenu des événements, Les TEC-Hainaut ne participeront pas à la journée train-tram-bus, mais la journée découvertes entreprises restera d'actualité le lendemain à Eugies: les 65 volontaires concernés ont tous manifesté leur volonté d'y prendre part activement.

TEC-Liège. Le personnel continue la grève. Vendredi, dès le matin, les conducteurs ont - envahi le centre-ville et exprimé leur mécontentement aux abords de la maison du TEC, place Saint-Lambert. Ils devraient venir perturber samedi l'inauguration de la célèbre foire de Liège.

Les bureaux régionaux