Les candidats d’ouverture, ça marche !

DEFFET,ERIC

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Mardi 26 février 2013

Communes Trois universités ont décrypté les résultats du 14 octobre en Wallonie

Un bataillon de chercheurs en sciences politiques de l’ULB, de l’UCL et de l’Université de Liège sont occupés à étudier de près les résultats des élections communales et provinciales en Wallonie.

Moins de quatre mois après les scrutins, les premiers résultats sont connus. Ils aideront notamment Paul Furlan (PS), le ministre des Pouvoirs locaux, qui finance les recherches, à remplir l’obligation qui lui est désormais imposée par le Code de la démocratie : un rapport complet sur les élections à présenter au parlement wallon, avant le 31 mai.

L’exercice permettra aussi une analyse plus riche de phénomènes qui soulèvent bien des interrogations parmi les démocrates : l’abstention résolument en hausse, la place des femmes dans le processus électoral et celle des étrangers, peu nombreux à se présenter (lire ci-contre).

Le poids des listes sans sigle national. Le 14 octobre, on recensait 1.012 listes et 19.675 candidats. Ce scrutin est très particulier : à peine 481 listes sur 1.012 se présentaient sous le label classique d’un parti national traditionnel. On a uniquement dénombré 28 entités sur 262 où PS, MR, CDH et Ecolo se présentaient ensemble, sous leur sigle.

Voilà qui complique singulièrement la lecture des résultats électoraux lorsqu’il s’agit d’apprécier l’état de forme des partis qui dominent la vie politique belge.

Certains cas s’apparentent même de véritables casse-têtes pour les politologues les plus chevronnés. Ainsi trois listes se présentaient à Hastière. Leurs noms ? Avenir, Union et Renouveau…

Une fois soulagée de toutes les formations « quasi-nationales » ou des alliances de circonstance, le constat est clair : 14 % des 1.012 listes répertoriées peuvent être considérées sans étiquette politique, de création locale.

Le mystère des alliances électorales. Les chercheurs ont recensé 110 listes (10,9 % du total) qui peuvent être considérées comme des listes d’alliance entre plusieurs formations politiques.

Curieusement, le phénomène est d’ampleur très variable d’une province wallonne à l’autre. C’est à Liège qu’on se montre le plus réticent : 7,6 % à peine. A l’inverse, la formule est très courante dans les petites entités rurales du Luxembourg.

Le CDH est le plus présent dans ces listes composites (78 alliances) devant le MR (69), le PS (58) et Ecolo (42).

Les avantages des candidats d’ouverture. Il faut d’abord s’entendre sur cette notion. Les responsables de l’étude ont retenu l’idée du candidat présenté clairement (presse, affiches, folders…) comme n’appartenant pas au sérail et n’étant affilié à aucune formation politique.

Le phénomène a tendance à se généraliser, pas toujours avec des « people » : 381 des 1.012 listes du 14 octobre dernier (37,6 %) ont présenté un ou des candidats dits d’ouverture.

En moyenne, sur chacune de ces listes, près d’un candidat sur trois (32,4 %) était « d’ouverture ». Autre donnée : un total de 83 listes affichaient plus de 50 % de candidats « non politiques ».

La tendance risque de s’amplifier car selon les chercheurs des trois universités, cela marche : sur la base des modèles qu’ils ont établis et des multiples critères répertoriés, on peut estimer que l’ouverture d’une liste lui permet d’augmenter sa performance électorale de 5 à 7 %. C’est surtout vrai au PS et chez Ecolo, un peu moins au MR et au CDH.

Candidat sur une liste Action à Bertrix, Denis Collard, M. Météo de la RTBF, est échevin. © frédéric

Candidat sur une liste Action à Bertrix, Denis Collard, M. Météo de la RTBF, est échevin. © frédéric humblet.

Jean-Denis Lejeune, sur une liste IC, a cartonné à Flémalle : 946 voix de préférence. © Pierre-Yves

Jean-Denis Lejeune, sur une liste IC, a cartonné à Flémalle : 946 voix de préférence. © Pierre-Yves thienpont.

Nathalie Winden, bien connue des téléspectateurs de RTL-TVI, a été élue sur une Liste Maïeur. ©

Nathalie Winden, bien connue des téléspectateurs de RTL-TVI, a été élue sur une Liste Maïeur. © D.R.

abstentions

12,2 Le taux d’abstention moyen en Wallonie lors des communales de 2012. En hausse puisqu’on en était à 8 % six ans plus tôt. C’est à Liège (19,7 %) que l’abstention a été la plus forte. A l’inverse, elle n’a été que de 2,5 % à Daverdisse.

féminisation

1.854 Le nombre de femmes qui siègent dans les 262 conseils communaux wallons, après le dernier scrutin, sur un total de 5.306 élus. Ce qui représente 35 % du total. Six ans plus tôt, ce pourcentage n’était de que 32 % : 1.667 femmes sur 5.214 élus.

étrangers

353 Le nombre de candidats de nationalité étrangère répertoriés lors des dernières élections communales en Wallonie, sur un total de 5.306 candidats. Parmi ces prétendants, 32 à peine ont été élus dans 24 communes différentes.