Les chances de Blair s’amenuisent
n.c.
Vendredi 30 octobre 2009
Les chances de Tony Blair de devenir le premier président de l’Europe ont encore un peu plus fondu lors du sommet des dirigeants européens, laissant la voie libre à un représentant d’un petit pays tels que le Néerlandais Jan Peter Balkenende.
Le chef du gouvernement britannique Gordon Brown s’est bien démené auprès de ses collègues pour promouvoir l’« excellent candidat » Blair. Mais l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous.
Même le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, l’un de ses plus farouches partisans, qui avait été le premier à lancer son nom dans l’arène, semble avoir fait son deuil de cette hypothèse. « Les noms de la première vague ne sont pas forcément les vainqueurs de la dernière », a-t-il dit. Il a assuré s’être mis d’accord avec la chancelière allemande Angela Merkel pour soutenir un candidat commun. Or, Berlin ne paraît guère emballé par l’ancien Premier ministre britannique.
Jusqu’ici, la recherche du « George Washington européen » s’apparente à un théâtre d’ombres chinoises, où chacun avance masqué et où une série de « non-candidats » concourent dans l’ombre pour un poste qui n’existe pas encore. Ce jeu de dupes devrait bientôt prendre fin après un accord trouvé à Bruxelles pour débloquer le traité de Lisbonne et sortir l’Europe de l’incertitude dans laquelle elle se morfond depuis une dizaine d’années.
Les dirigeants européens ont accordé au président tchèque eurosceptique la dérogation qu’il demandait pour prix de sa signature sur ce texte censé donner à l’UE un plus grand rôle sur la scène internationale. M. Sarkozy a indiqué tabler sur une entrée en vigueur du traité le 1er décembre. Du coup, un sommet européen spécial sur les nominations sera convoqué dans les prochaines semaines.
La candidature Blair reste plombée par l’euroscepticisme britannique. « Le fait que le Royaume-Uni ne soit ni dans la zone euro, ni dans la zone Schengen n’est pas forcément un atout », reconnaît une source proche de la présidence française. Même la propre famille socialiste du fondateur du « Nouveau Labour » n’en veut pas. Elle lui reproche son soutien à la guerre en Irak. « Il y aura toujours un lien entre l’Irak, M. (George W.) Bush et M. Blair. Et si nous relançons l’Europe, nous devons nous projeter vers l’avenir. Je crois que ceci a été compris ici à Bruxelles par beaucoup de pays », a dit le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.
L’intensité de la campagne de Londres pour Tony Blair pourrait du coup préparer le terrain à une solution de repli : celle du chef de la diplomatie britannique, le travailliste David Miliband, un proche de Blair, au poste de « ministre » des Affaires étrangères de l’UE, estiment des diplomates.
Les socialistes européens poussent en tout cas en ce sens, même si l’intéressé assure ne pas être disponible. Cette option en ferait sans doute l’homme fort de la future Union européenne. Car l’Europe semble s’orienter pour le président permanent vers un candidat d’un petit ou moyen pays, à la vision plus modeste du poste que Blair.
Le Premier ministre conservateur des Pays-Bas, Jan Peter Balkenende, est considéré comme un candidat de compromis. S’il a jugé vendredi la question « prématurée », il n’a pas exclu d’être intéressé. « Je ne sais pas ce qui va se passer », a-t-il laconiquement répondu. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker n’a pas abandonné espoir, même si pour beaucoup il s’est « sacrifié » pour faire barrage à Tony Blair. Et Vienne caresse aussi des espoirs pour son ancien chancelier Wolfgang Schüssel.
(afp)
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