LES COMBATS OPPOSANT LES REBELLES DU FPR A L'ARMEE ONT REPRIS AU NORD-OUEST DU RWANDA LES BELGES ESCORTES VERS KIGALI

KIESEL,VERONIQUE

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Jeudi 24 janvier 1991

Les combats opposant les rebelles du FPR à l'armée ont repris au nord-ouest du Rwanda

Les Belges escortés vers Kigali

Regain d'activité au Rwanda: les rebelles du FPR sont proches de Ruhengeri. L'évacuation des Belges et des Français est en route.

Depuis novembre dernier, le calme semblait presque revenu au pays des mille collines, en tous cas sur le plan militaire puisque le procès des 1.556 personnes arrêtées lors des premières attaques d'octobre est en cours depuis la fin du mois de décembre. Des escarmouches frontalières de temps en temps, quelques incursions des rebelles du Front Populaire Rwandais (FPR) depuis l'Ouganda, mais rien de très significatif. Les rebelles du FPR, pour la plupart des réfugiés tutsi, avaient envahi le nord-est du Rwanda le 1er octobre avec des armements lourds ougandais. Ils ont été repoussés au-delà de la frontière en octobre, mais n'avaient cessé depuis lors de petites opérations de harcèlement. Or, depuis mardi soir, des combattants du FPR ont réussi à s'infiltrer dans la région de Ruhengeri, au nord-ouest du pays, tout près du célèbre parc des Volcans qui abrite des gorilles en voie de disparition. Les rebelles seraient, de source diplomatique belge, au nombre de 400. Selon le gouvernement de Kigali, ils seraient appuyés par les forces armées ougandaises, la NRA.

Des combats les ont opposés à l'armée rwandaise - aucun bilan des pertes humaines et matérielles n'est encore disponible -, mais il semblait mercredi soir que les rebelles n'avaient pas réussi à occuper tout le centre de la localité ni le camp militaire.

En revanche, ils ont pris la prison et ont libéré plusieurs détenus. Dans les milieux rebelles de Kampala, la capitale ougandaise, on a précisé que parmi les prisonniers qui avaient pu s'échapper figurait notamment le major Theoneste Linzinde, enfermé depuis 1980 pour complot contre le président Juvenal Habyarimana.

Cinquante Français et une quinzaine de Belges vivent à Ruhengeri et dans les environs immédiats. Les Affaires étrangères belges ont expliqué que l'ambassadeur en poste à Kigali est en contact avec les ressortissants belges qui sont tous sains et saufs. Néanmoins, pour éviter tout risque, même minime - depuis le début des événements, les rebelles ne s'en sont jamais pris aux étrangers - les ambassades belge et française se sont concertées pour ramener, en un seul convoi, leurs ressortissants vers Kigali où ils séjourneraient, le temps que la situation s'éclaircisse. Ce convoi a ramené mercredi soir de Ruhengeri vers Kigali 189 personnes dont 43 Français et 10 Belges, les autres étant de 10 nationalités différentes. Il était placé sous la protection des paras français, sur place depuis le mois d'octobre. Alors que la Belgique rappelait début novembre tous les militaires qui y avaient été envoyés un mois plus tôt, la France a gardé sur place, pour des raisons de sécurité, une compagnie de 150 paras.

Cette reprise des combats intervient alors que les affrontements les plus récents datent du début du mois de janvier, dans le nord et le nord-est du pays. Par ailleurs, le gouvernement rwandais avait affirmé le 13 janvier que les rebelles préparaient une offensive depuis l'Ouganda, où ils étaient entraînés par l'armée ougandaise. Cette accusation, qui avait été démentie par le gouvernement de Kampala, est maintenant reprise sur les ondes de Radio-Rwanda.

D'autre part, toujours selon la radio rwandaise, cette attaque a pour but inavoué de miner les chances de succès de la prochaine conférence régionale d'Arusha, en Tanzanie. Ce sommet qui aura pour thème le problème des réfugiés doit avoir lieu au début du mois de février et réunir l'Ouganda, le Burundi, le Zaïre, le Rwanda, la Tanzanie, le Haut Commissariat pour les Réfugiés et l'Organisation de l'Unité africaine.

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