Les courtiers dénoncent la résiliation de certains contrats Des assureurs se défilent face au «bug»

REGNIER,PHILIPPE

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Jeudi 8 octobre 1998

Les courtiers dénoncent la résiliation de certains contrats Des assureurs se défilent face au «bug»

Les courtiers en assurances, ces intermédiaires indépendants qui vendent les produits des compagnies, accueillent avec une relative satisfaction l'avant-projet de loi du gouvernement sur les catastrophes naturelles. Ils s'inquiètent, par contre, de l'attitude de nombre d'assureurs à l'égard du bogue de l'an 2000, cette crainte que le changement de date n'affole les ordinateurs de la planète. Les courtiers dénoncent en effet les compagnies qui résilient ou amendent des contrats en cours, surtout ceux souscrits par les assurés «à risque».

Les assureurs ont peur, parfois à juste titre, mais ils auraient dû y penser plus tôt , ont affirmé mercredi les responsables de laFédération des professionnels de l'assurance de Belgique (Feprabel), qui, avec son homologue néerlandophone, regroupe 1.200 courtiers. Nous reprochons aux compagnies d'agir aujourd'hui en résiliant des contrats ou en agitant cette menace, plutôt qu'en sensibilisant les assurés et en les amenant à réagir - ils y sont d'ailleurs obligés, toutes les assurances impliquant un comportement en «bon père de famille».

D'autre part, l'augmentation de 9 % en moyenne de la prime des assurances incendie pour couvrir les dégâts des catastrophes naturelles, ne devrait pas trop susciter le mécontentement des assurés, disent les courtiers. Le gouvernement souhaite que les assurances incendie soient étendues aux dommages causés par les inondations, tremblements de terre, coulées de boue, raz de marée, choc des vagues et chutes de rochers.

Lorsque les contrats ont augmenté de 15 %, il y a quelques années, pour financer l'extension de la couverture aux dégâts des tempêtes et des grèves et attentats, cela s'est très bien passé, d'autant que le niveau des prix de ces assurances a tendance à baisser, estime Patrick Cauwert, le secrétaire général de Feprabel. La «privatisation» du Fonds (public) des calamités par les assureurs est une bonne chose, car elle permettra un traitement des dossiers plus convivial et plus facile. Mais il faut un bon produit, qui satisfait le consommateur, disent les courtiers.

Ils se félicitent dès lors de l'extension des périls couverts à d'autres catastrophes que les seuls tremblements de terre et inondations, comme cela avait été un temps envisagé. Mais ils souhaitent que les biens commerciaux, les biens industriels, les murs d'enceinte ou encore le contenu des caves soient également assurés. Sinon, l'assuré qui ne sera pas indemnisé, en retirera un ressentiment très grand, non plus envers les pouvoirs publics, mais envers son assureur - et l'intermédiaire risque bien d'essuyer les plâtres de sa colère! La loi, qui doit encore être votée, fera l'objet de nombreux arrêtés d'application, qui pourraient rencontrer ces revendications, plaide Feprabel.

Ph. R.