Les Diables devront battre la Tunisie Favoris du groupe H, les Russes ont dominé les Tunisiens et indirectement mis la pression sur les Belges

LAUWENS,JEAN-FRANCOIS

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Mercredi 5 juin 2002

Les Diables devront battre la Tunisie

Favoris du groupe H, les Russes ont dominé les Tunisiens et indirectement mis la pression sur les Belges

La Russie a pris la tête du groupe des Belges mercredi en battant la Tunisie (2-0) assez logiquement. Les Africains joueront donc leur va-tout contre les Diables rouges.

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

Il y a quelques semaines, Ali Boumnijel ne pensait même pas à la Coupe du monde. A 36 ans, le gardien tunisien de Bastia ne pensait même plus à la gloire. Pourtant, coup sur coup, on l'a vu disputer (et perdre) la finale de la Coupe de France avec le Sporting corse contre Lorient et être l'appelé de la dernière heure pour la Coupe du monde après qu'une hernie discale a contraint Chokri el-Ouaer, le gardien de l'Espérance Tunis, à mettre un terme à sa carrière. Boumnijel, qui n'avait plus été sélectionné en équipe de Tunisie depuis le flop subi par les Nord-Africains lors de la Coupe du monde française voici 4 ans. Mais Boumnijel ne s'attendait certainement pas à être l'acteur le plus malheureux de la formation tunisienne à l'occasion des débuts de l'équipe d'Ammar Souyah en Coupe du monde.

C'est pourtant lui qui a précipité la défaite tunisienne lors de leur première rencontre face à la Russie, mercredi, à Kobé. Un mauvais dégagement, un dégagement complètement raté même, de la part du portier de Bastia et le ballon revenait dans les pieds russes pour permettre finalement à Titov de tromper Boumnijel. Quand on connaît les difficultés des Tunisiens à inscrire un but, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que les Russes, avec la complicité indirecte du gardien nord-africain, venaient de faire un grand pas vers la victoire. Une victoire assise quelques minutes plus tard par la conversion, par Karpine, d'un penalty logiquement accordé par l'arbitre suite à une faute de Jaïdi sur Sychev.

Si, dans les chiffres, les statistiques en possession de balle plaident nettement en faveur des Russes, les choses ne sont pas aussi simples. Aucune des deux équipes n'a été véritablement conforme à ce que l'on attendait d'elle. Les Russes, finalement sans Mostovoï, n'ont pas été aussi irrésistibles qu'on pouvait le penser au vu de leur statut de favoris du groupe mais ils ont été diantrement réalistes. Quant aux Tunisiens, ils ne sont pas apparus aussi faibles qu'on pouvait le craindre pour eux. Jusqu'au but de Titov et, ensuite, en fin de match, ils ont obtenu un certain nombre d'occasions véritables mais la naïveté de leurs attaquants n'a rien pu contre l'expérimentée défense russe.

Ceci pour dire que, contrairement à ce que l'on avait été en droit de penser au regard de ces décidément peu informatives rencontres de préparation, les Diables, qui se sont déjà dits heureux d'avoir conquis un match nul devant une équipe japonaise méritante mais faiblarde, n'auront pas partie gagnée lundi.

On dira que la pression sera encore plus grande pour les Tunisiens mais eux n'entretiennent pas de véritable ambition de qualification, contrairement aux Belges qui ont désormais une vision assez réaliste des forces en présence dans le groupe et doivent tout de même sans forfanterie aucune se rendre compte qu'ils représentent une des deux meilleures équipes du groupe. La Russie, dans des conditions difficiles pour elle (une température de 30 o), n'a pas manqué son entrée même si sa victoire fut laborieuse. Dans l'idéal, pour les Belges, la Russie devrait battre le Japon, de sorte à ce qu'elle soit d'ores et déjà qualifiée pour affronter les Diables. Mais, entre-temps, qu'eux-mêmes n'aient pas le pied qui tremble contre les Tunisiens comme cela a souvent tendance à être le cas contre les « petits ».·