Les enjeux namurois du rail

SCHARES,LUC

Page 20

Vendredi 23 décembre 2011

Mobilité Les priorités d’Axud face aux développements ferroviaires

Quel sera notre paysage ferroviaire dans les prochaines années ? Des décisions lourdes vont prochainement tomber, à chacun de les faire infléchir. Dans ce domaine, Axud – qui rassemble des décideurs politiques, économiques, syndicaux et associatifs de la province namuroise – ne veut pas rester au balcon.

1L’étude de Tritel Mandaté par le gouvernement wallon, le bureau d’études Tritel a préparé un plan de desserte ferroviaire. « Un travail indispensable et d’excellente facture, qui dresse un panorama détaillé de la situation actuelle et des enjeux d’avenir », estime Axud. Le document peut encore subir des retouches, mais l’essentiel est déjà connu. Bien qu’a priori les interlocuteurs provinciaux ne soient pas consultés, Axud tient à faire entendre sa voix à l’Elysette.

2L’axe Nord-Sud Il s’agit de liaisons qui traversent le Namurois, mais qui irriguent toute la Wallonie. Pour Axud, les trois projets qui entrent dans ce champ sont à considérer comme prioritaires. Le premier projet est l’amélioration de la desserte des passagers vers Bruxelles qui veut donner aux navetteurs des provinces de Namur, de Luxembourg et du Brabant wallon un service de haut niveau. Cela passe par la mise en quatre voies de la ligne 161 entre Ottignies et Rhisnes. L’occasion de rappeler que Namur est la deuxième gare la plus fréquentée de Wallonie, après Ottignies. L’extension du futur RER jusqu’à Namur est demandée. Les deux autres projets sont la circulation des trains pendulaires (le Pendolino) vers Strasbourg via Luxembourg, et la consolidation du corridor de fret européen qui suppose des améliorations techniques sur la ligne Athus-Meuse.

3Dorsale wallonne C’est une deuxième famille de projets qui retient l’attention d’Axud. On y retrouve par exemple des nœuds de correspondance, ainsi que l’augmentation de la capacité entre Fleurus, Auvelais et Namur. Concernant celle-ci, les estimations budgétaires vont de 42 millions d’euros pour la version de base à 179 millions d’euros pour la version maximaliste ! De tous les projets cités, c’est le plus onéreux : les versions maximalistes sont à 145 millions pour le Pendolino, à 114 millions pour Athus-Meuse.

4Pour désenclaver Axud épingle encore deux autres catégories de projets qu’elle veut soutenir. Ceux qui visent à désenclaver des régions notamment, comme la modernisation de la ligne Charleroi-Couvin. Aux yeux des Namurois, l’enjeu concerne tout l’arrondissement de Philippeville. Enfin, désenclavement d’un autre genre, les liaisons transfrontalières sont à améliorer. Véritable arlésienne, la ligne Dinant-Givet revient ici sur le tapis. L’étude du bureau Tritel la met quasi au rancart, parce que trop peu rentable. Les Namurois voudraient la prise en compte d’un cofinancement éventuel par la France.