Les éoliennes reçues 7 sur 10

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Mercredi 22 juin 2005

Dour/Quiévrain Le ministre Antoine (CDH) dit oui

Le ministre donne raison au promoteur. Et accepte un parc de sept éoliennes entre Elouges et Audregnies. Les réactions soufflent en sens divers.

VALÉRY SAINTGHISLAIN

Ce n'est peut-être pas la fin d'un long feuilleton mais une page importante a été tournée hier par le ministre régional de l'Aménagement du territoire. André Antoine (CDH) a donné raison, ce lundi, au promoteur éolien Ventis. Ce dernier avait introduit un recours contre la décision, tombée en février dernier, prise par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne qui avait choisi de signifier un refus au permis sollicité pour l'exploitation d'un parc de dix éoliennes affichant une puissance totale de 30 mégawatts.

Lundi, André Antoine a donc cassé ce refus, autorisant Ventis à construire et à exploiter sept des dix mâts qu'il comptait dresser entre Elouges et Audregnies, près des lieux-dits « L'Avaleresse » et « Champ du Haut de la Cense », sur le plateau qui s'étend de Ferrand à Elouges et va jusqu'à Audregnies. Le parc sera limité à sept pieds d'éoliennes, tous situés dans un alignement qui épousera harmonieusement la structure paysagère, précise le cabinet de M. Antoine. Le ministre a décidé aussi que le permis serait assorti de conditions portant par exemple sur les voies d'accès, l'habillage des structures et la sécurité. Le souci est de rencontrer au mieux les remarques et les observations émises lors des enquêtes publiques.

Chez Ventis, hier, même ce permis partiel ne gâchait pas la satisfaction ambiante. Nous sommes super réjouis de cette décision, confiait Benoît Mat, l'un des responsables de la SPRL Ventis. Il s'agit de notre premier projet de parc éolien à recevoir une autorisation. La prudence restait cependant de mise parce que le recommandé officiel porteur de la décision ministérielle n'était pas encore arrivé.

Ce même recommandé doit également aboutir dans les administrations communales concernées. L'avis sera affiché soixante jours. Mais pour cause de vacances d'été, le délai d'affichage sera prolongé 30 jours (entre le 15 juillet et le 15 août). Le seul recours possible pour les opposants est le Conseil d'État. Or, jusqu'à présent, en cas de recours, les décisions de cette instance ont toujours été favorables aux porteurs de projets éoliens, note Benoît Mat.

Ventis espère voir débuter les travaux au printemps 2006. La société aura au préalable passé commande des éoliennes auprès d'entreprises spécialisées et attribué les marchés. Il faut compter plus ou moins deux semaines de travaux par éolienne, estime Benoît Mat. Soit un chantier d'une durée de quatorze semaines. Si bien que nous devrions être prêts pour l'été prochain. On peut imaginer une inauguration des éoliennes douroises et quiévrainoises qui coïnciderait avec le lancement de la campagne électorale pour les communales.

« Malgré tout, le ministre a dit oui »

RÉACTIONS

Carlo Di Antonio, député régional CDH et conseiller communal à Dour. Je suis particulièrement fier que ce projet puisse voir le jour dans ma commune. Ces éoliennes seront parmi les premières du Hainaut. Elles vont donner une image positive, de dynamisme dont notre région a cruellement besoin. La production d'énergie verte est un défi majeur des années à venir. Les éoliennes de Dour-Audregnies permettront de produire l'équivalent de la consommation électrique de plusieurs milliers de ménages. Bien sûr, l'installation d'éoliennes modifiera notre paysage mais il en a été ainsi de tout temps. L'homme aménage son environnement au gré de ses besoins.

Catherine Quittet, présidente du Comité de Défense de l'Environnement de Quiévrain. Dans ce dossier, notre position a toujours été claire. Nous ne sommes pas contre les éoliennes. Nous voulions simplement attirer l'attention sur le manque de sécurité qui entourait la demande de permis. A priori, du fait que le ministre Antoine a réduit le nombre d'éoliennes, on peut imaginer qu'il l'a fait pour des raisons de sécurité. Pour notre comité, c'est important d'avoir été entendu sur ce point. La présence d'un oxyduc dans le périmètre du parc éolien nous posait problème. Il aurait été inconcevable que l'on ne tienne pas compte de cet élément.

Michel Tromont, pour le Collectif de Sauvegarde et du Patrimoine régional. Je constate que le conseil communal quiévrainois avait refusé le dossier ; que la CCAT avait émis un avis défavorable ; que le collège avait donné son aval pour des éoliennes plus petites et moins nombreuses et qu'à Dour, il avait été suggéré de faire un test avec une ou deux éoliennes avant d'aller plus loin. Et que malgré tout, le ministre dit oui. Je me demande pourquoi fallait-il une procédure si longue si c'était pour en arriver là ?! Dans des dossiers comme celui-là, plus que tout autre, il faut tenir compte de l'avis des élus communaux et de la population.

Va.S.