LES ESSAIS NUCLEAIRES DE MURUROA SUR LA SELLETTE ACCIDENT DE LABORATOIRE OU BAVURE NUCLEAIRE ? GREENPEACE ENQUETE

AFP

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Mardi 4 septembre 1990

Les essais nucléaires français de Mururoa à nouveau sur la sellette

Accident de laboratoire ou bavure nucléaire?

L'organisation écologiste internationale Greenpeace a publié lundi ce qu'elle décrit comme des témoignages d'accidents, dont l'un a fait quatre morts, survenus sur le site français d'essais nucléaires de Mururoa, en Polynésie. La France a toujours démenti que des accidents importants aient eu lieu sur l'atoll de Mururoa, situé dans le Pacifique Sud, à 1.300 km au sud-est de Tahiti et que la France utilise depuis de nombreuses années comme site d'essais nucléaires en mer ou souterrains.

Dans son livre intitulé «Témoignages», publié à Wellington, rédigé à partir d'interviews d'anciens employés du site et d'habitants des îles proches, réalisés en 1987/88, Greenpeace évoque notamment un accident survenu le 7 juillet 1979, lors de l'essai de la première bombe à neutrons française.

Selon un employé du centre, qui déclare avoir reçu 9.600 dollars de dommages, une explosion a eu lieu ce jour-là près de la salle de contrôle où il se trouvait. Cette déflagration a tué instantanément un de ses collègues. Son patron français, René Villette, a lui été tué à l'intérieur du bunker et deux autres personnes sont mortes plus tard de leurs blessures.

A propos de cet accident, un responsable de l'ambassade de France à Wellington a indiqué que «la radioactivité n'était pas en cause dans ce malheureux accident» et a parlé d'un «accident de laboratoire». Un fluide de nettoyage contenant de l'acétone aurait, selon le diplomate, provoqué une explosion qui fit quatre blessés, dont deux décédèrent par la suite.

Selon le document de Greenpeace, un essai nucléaire souterrain en 1977, baptisé «Astyanax», a provoqué un tremblement de terre et une fissure terrestre de 3 km de long qui s'est étendue à 7 km à la suite d'autres essais. Des témoins cités dans l'ouvrage de Greenpeace évoquent encore «de mystérieuses maladies, des morts inexpliquées, des enfants mort-nés et une forte augmentation du nombre d'enfants handicapés, nés après le début des essais nucléaires».

Interrogé lundi en fin de matinée à Paris, un porte-parole du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) s'est refusé à tout commentaire. Des réunions étaient programmées hier après-midi afin de préparer un communiqué formulant la réponse du Commissariat aux accusations contenues dans le livre présenté hier par l'organisation écologiste. (D'après AFP.)