Les étrangers parias de l’emploi

DEMONTY,BERNARD

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Jeudi 8 octobre 2009

Emploi Le Conseil supérieur de l’emploi s’est penché sur le chômage des jeunes

Le Conseil supérieur de l’emploi a présenté, ce mercredi son dernier rapport, consacré à l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Les moins de 25 ans sont particulièrement touchés par la crise qui sévit actuellement. Il y avait en août dernier 17.000 jeunes chômeurs de plus que l’an dernier. Une comparaison des taux de chômage est encore plus parlante : en juillet 2009, le taux de chômage des plus de 25 ans était de 6,8 %. Celui des jeunes s’élevait à 21,6 %. Le Conseil supérieur relève toutefois quatre catégories de jeunes qui éprouvent davantage de difficultés que les autres.

Les étrangers. Le Conseil supérieur ne se risque pas à parler de discrimination, mais les chiffres sont préoccupants : le taux d’emploi des jeunes belges de moins de 25 ans s’élève à 80,6 %. Celui des étrangers atteint 47,8 %. Le problème est d’autant plus criant que la Belgique obtient des résultats inférieurs à la moyenne de l’Europe des 15, où le taux d’emploi des jeunes étrangers dépasse les 60 %.

Les moins qualifiés. Le Conseil relève, s’il le fallait encore, que les détenteurs d’un diplôme sont davantage à l’abri que les jeunes peu qualifiés. A peine la moitié (53,4 %) des jeunes qui n’ont pas terminé le troisième degré de l’enseignement secondaire ont un emploi. A nouveau, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne, qui affiche un taux d’emploi des non-qualifiés de près de 65 %. Par comparaison, les jeunes qui possèdent leur diplôme du secondaire sont 80 % à avoir un emploi, ce qui place la Belgique dans la moyenne européenne. En revanche les jeunes très qualifiés trouvent plus facilement un emploi en Belgique qu’ailleurs. Le taux d’emploi est de 91 %, contre 87,6 % dans l’Europe des douze.

Les femmes. La situation des jeunes femmes sur le marché du travail est pour le moins paradoxale. Leur niveau de qualification est plus élevé que celui des hommes, mais leur insertion sur le marché du travail est plus difficile. Le rapport du Conseil supérieur de l’emploi relève que près de la moitié des jeunes femmes disposent aujourd’hui d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Seules 15 % sont peu qualifiées. Les hommes font moins bien : seuls 35 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur, et près de 20 % sont peu qualifiés. Malgré ces bonnes performances, les femmes tardent (un peu) à s’insérer sur le marché de l’emploi. Entre 15 et 29 ans, elles sont 74,1 % à avoir un emploi, contre 82,3 % pour les hommes.

Les Bruxellois. Le Conseil supérieur de l’emploi relève aussi que la probabilité pour un jeune de trouver du travail dépend très fortement de la région où il vit.

Le taux d’emploi des jeunes diplômés depuis moins de deux ans est de 70 % à Bruxelles. Il est légèrement plus élevé en Wallonie. En Flandre, il l’est nettement davantage, puisqu’il dépasse les 90 %. Notons que ces chiffres datent de 2007, soit avant le déclenchement de la crise économique, qui frappe plus durement les jeunes.

En marge de la présentation du rapport, la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet a annoncé qu’elle avait proposé en conseil des ministres restreint une batterie de mesures destinées à soutenir l’emploi, notamment des jeunes.