Les étudiants de Saint-Luc exposent

MATRICHE,JOEL

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Mardi 26 février 2008

Liège Travaux présentés dans le cadre de la Biennale de la photographie

Vêtus de saison, deux enfants ont disposé feutre et papier sur une table blanche. L’un s’applique, l’autre est pour le moins dissipé. Une troisième tête blonde se redresse dans son lit-cage. Un cliché de famille presque comme les autres si ce n’est qu’il a été minutieusement composé pour la Biennale de la photographie par Jérôme Jacquemin, jeune étudiant de troisième bac à l’Institut Saint-Luc : les meubles ont quitté le cocon de la maison familiale pour être disposés dans une clairière, quelques animaux factices (un rongeur empaillé, un cheval à bascule, des ours en peluche) veillent sur les enfants et complètent le trompe-l’œil.

« Géométrie variable »

Cette série intitulée « Animal domestique » est à voir avec celles d’une trentaine d’étudiants de Saint-Luc dans les locaux de l’école. Leurs travaux ont pour thème commun « Géométrie variable » et s’inscrivent (chacun à leur façon même si c’est parfois au prix d’étonnantes contorsions) dans les « Territoires » que met en valeur la Biennale. Qu’ils aient choisi le reportage (sur les cités, les prisons, l’anorexie…), le montage sur ordinateur, l’installation (comme cet homme recouvert d’un patchwork de photos de son corps), les étudiants font preuve d’une grande maîtrise technique souvent, de créativité et de maturité toujours. Des qualités exacerbées par celle de l’accrochage. Et tant pis (tant mieux ?) s’ils déconcertent parfois leurs professeurs, avec quelques installations multimédias notamment.

« Les étudiants ont pris tout en charge, la prise de vue mais aussi l’impression et les accrochages », se réjouit Christine Plenus, enseignante en photo à Saint-Luc. Le résultat est parfois étonnant, comme cette série sur cette déferlante de drapeaux rouge, jaune et noir au plus fort de la crise institutionnelle. Contre toute attente, elle est signée par un étudiant espagnol et un condisciple qui, sur ses vingt et quelques années, en a passé la majorité en Allemagne et au Canada. Ou cette série de Benjamin George, étudiant de troisième année, sur les chambres de ses copains : de larges panoramiques ouvrent sur les antres, parfois ordonnés et d’autre fois beaucoup moins. Curieusement, le photographe s’est abstenu d’immortaliser son propre repaire. Il est des territoires qui restent inexplorés…

A voir à l’Institut Saint-Luc, boulevard

de la Constitution, à Liège. Du 16 février au 22 mars, du mercredi au samedi,

de 13 à 17 heures.