Les jeunes aiment le risque

BODEUX,JEAN-LUC

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Mercredi 26 septembre 2007

Luxembourg 40 % sont prêts à se lancer comme indépendants

Le groupe Méridienne publie son dernier Livre blanc. L’avenir professionnel des garçons et des filles y est analysé.

Et de cinq. Depuis 2003, l’équipe Méridienne poursuit la publication de ses livres blancs. Il est cette fois consacré à Filles et garçons : même horizon. Des documents qui sont la synthèse des idées issues du forum annuel et de l’enquête commandée sur le thème « L’esprit d’entreprendre ».

Menée en Wallonie, au Grand-Duché et en Lorraine auprès de 1.200 jeunes, l’enquête a permis d’obtenir des chiffres ciblés et comparatifs. En 2004, une enquête européenne révélait que 45 % des jeunes Européens disaient vouloir créer leur entreprise, contre 34 % de Belges seulement. L’enquête 2007 montre que 40 % des jeunes de la province se disent prêts à se lancer comme indépendants. L’esprit d’entreprise y est moins perçu négativement qu’ailleurs : 5 % contre 12 % ailleurs. Et si 70 % des jeunes Wallons semblent redouter l’échec en cas de création d’entreprise, ce taux tombe à 58 % pour les Luxembourgeois.

Le forum de Libramont de mars voulait percevoir ce que les jeunes pensent de leur avenir, autour de 4 ateliers. Le livre blanc en détaille la substance. Qu’en retenir ? « Que l’éducation reste une clé de voûte des mentalités, parents et enseignants véhiculant des stéréotypes importants pour l’orientation des études, le choix des filières, des métiers, etc. Aucun stéréotype n’est innocent, concluent les Méridiennes. Il ferme une multitude de portes, tant en termes d’épanouissement personnel que professionnel. »

Autre élément significatif des débats : pour les jeunes, réussir socialement et gagner beaucoup d’argent n’est pas prépondérant. Pour une majorité, il importe de s’épanouir dans son travail et de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Autre constat : l’orientation scolaire reste très sexuée. Une majorité de filles se retrouvent dans les métiers relationnels (éducation, arts, santé, social), les garçons allant vers des filières mettant en valeur leur savoir-faire (sports, informatique, mécanique, économie). L’atelier lié aux métiers scientifiques montre qu’il subsiste des barrières. En 2006, la section math-physique de l’ULB enregistrait 150 étudiants, mais seulement cinq filles !

Un réseau de créatrices d’entreprises

Interreg III se termine. Le groupe Méridienne et la Province songent à la suite. Pour rappel, ce groupe pluraliste s’est fixé comme objectif d’aider les femmes à prendre conscience de leurs compétences. « Trop souvent, note Dominique Tilmans, présidente du groupe, lorsqu’on propose un poste à responsabilité à une femme, elle doute de ses capacités, quel que soit son niveau de compétence. La publication des livres blancs permet de créer un réservoir d’idées et de servir de relais pour promouvoir des concepts novateurs dans la société luxembourgeoise. »

Tout ce travail est effectué dans le cadre du programme Interreg Wallonie Lorraine Luxembourg. L’objectif premier du programme visait à analyser les freins à l’entreprenariat féminin. Une synthèse des données rassemblées durant ces cinq ans va être réalisée. Ensuite, un carnet de recommandations reprendra toutes les pistes évoquées pour favoriser l’implication socioprofessionnelle des femmes.

Et déjà, la Province travaille à l’avenir, via Interreg IV. « Nous allons déposer un nouveau dossier à l’Europe, dans le même objectif de concrétiser un réseau transfrontalier de créatrices d’entreprises, commente le député René Collin, dont la division économie assume le rôle de coordinateur. Des contacts existent avec des partenaires. Trois en Lorraine, deux au Luxembourg, et nous renforçons le nombre côté belge, avec la Province, Challenge, Méridienne, le Forem Formation, l’ASBL Emploi mode d’emploi, Vie Féminine et les Femmes prévoyantes socialistes. Ceci afin de couvrir l’ensemble des réalités de l’emploi féminin. »

« L’objectif n’est pas de tout faire ensemble, note Sabine Vandermeulen, mais que chacun puisse avancer dans sa sphère de travail. »