Les liégeois de tous horizons solidaires et parfois inquiets

MOREL,PIERRE

Jeudi 8 décembre 2011

Vincent Teugels

43 ans, ouvrier chez ArcelorMittal

« Je travaille dans le froid, à l’électrozingage, depuis vingt ans, et nous y sommes tous très conscients que l’arrêt du chaud va fragiliser le froid en faisant augmenter nos coûts de fabrication. Nos produits sont pourtant excellents, exportés essentiellement vers l’Allemagne. Mais Mittal veut faire un milliard d’économies en Europe, et, du coup, les investissements ne suivent pas. Je pressens qu’on va encore jouer avec nos pieds pendant deux ou trois ans et puis ce sera aussi la mort du froid. Tout ça, c’est aussi la conséquence de ce marché mondialisé, complètement capitaliste. Regardez l’Europe ultralibérale : c’est meilleur marché, l’énergie, depuis que l’Europe a libéralisé le secteur ? » Le nouveau gouvernement ? « En tant qu’homme de gauche, je ne m’y reconnais pas ! »

Jocelyne Dejardin

Jocelyne Dejardin

46 ans, animatrice socioculturelle chez les Femmes Prévoyantes Socialistes

« Je suis ici pour marquer ma solidarité avec les travailleurs d’ArcelorMittal, parce que c’est bien sûr important de se serrer les coudes, surtout quand, comme moi, on est déléguée syndicale. Mais plus globalement, je veux aussi protester contre les mesures d’austérité du nouveau gouvernement qui, elles, vont toucher absolument tout le monde. Le gouvernement va appliquer des recettes totalement antisociales, notamment envers le secteur associatif, les mutualités, le secteur des soins de santé. Tout cela est dangereux et je crois qu’on peut avoir peur de l’avenir dans pas mal de secteurs. »

Alessandro Infantino

Alessandro Infantino

29 ans, ouvrier chez Techspace Aero

« À vrai dire, je ne crois guère à un éventuel sauvetage de la sidérurgie : je pense que les dirigeants de l’entreprise feront ce qu’ils ont dit. Mais il fallait absolument venir aujourd’hui, pour montrer qu’on est solidaires. C’est important, parce que demain ça peut arriver à n’importe qui. Dans les entreprises, il y a de la peur. Parce que ce qui arrive à la sidérurgie, ça pourrait arriver aussi dans beaucoup d’autres secteurs. »

Monica Santoro

Monica Santoro

24 ans, employée dans un call-center

« Je suis venue parce que j’en ai marre : il faut que ça bouge ! Je soutiens les travailleurs d’ArcelorMittal car beaucoup vont se retrouver sans emploi et je pense que quand on a la chance d’avoir un emploi, il faut soutenir ceux qui n’en ont pas ou qui le perdent. Dans le contexte de crise actuel, il y a de quoi avoir peur pour l’avenir. Que vont pouvoir faire nos enfants ? Parce que des gens qui veulent travailler, contrairement à ce que certains disent, il y en a plein : ce sont les emplois qui manquent. Je suis plutôt contente de voir la Belgique dotée enfin d’un gouvernement, mais je suis résolument contre les mesures d’austérité qu’il annonce ! »

Luc Léonard

Luc Léonard

50 ans, employé à l’administration communale de Flémalle

« On est ici pour montrer notre solidarité avec les gens d’ArcelorMittal. Il y a des gens de ma famille qui travaillent dans cette entreprise mais, de toute façon, je pense que les problèmes de la sidérurgie concernent tout le monde. L’arrêt de la phase à chaud ferait beaucoup de mal à de nombreuses petites entreprises. Et à Flémalle où je travaille, on pourrait aussi être touchés très directement, car je crains bien que le froid ne suive le même chemin. » Luc n’est par contre pas là pour protester contre l’austérité annoncée : « Le nouveau gouvernement ? Chaque chose en son temps. Il faut le laisser se mettre en place et on verra bien quelle politique il va mener. »