Les mandats d’arrêt décernés légalement
DELEPIERRE,FREDERIC
Page 10
Jeudi 13 mars 2008
Cassation Meurtre de Kitty à Lot
C’était le 20 janvier dernier. Au terme d’une longue enquête et après avoir fait montre de patience, les polices fédérales de Bruxelles et de Charleroi interpellaient trois hommes qu’elles soupçonnaient depuis plusieurs semaines d’être les auteurs de la fusillade fatale à la jeune policière qui devait fêter ses 24 ans le lendemain. Symboliquement, c’est ce même 5 décembre que Galip Kurum, Nourrdine Cheikhni et Hassan Yasir étaient placés sous mandat d’arrêt.
Depuis ce jour, les avocats des trois suspects contestent les mandats délivrés à l’encontre de leurs clients. « La loi dit que les mandats doivent être délivrés aux inculpés dans les 24 heures, explique Me Marc Uyttendaele. Ils doivent aussi en recevoir une copie dans ces mêmes 24 heures. Or, comme l’un de ses coïnculpés, mon client s’est vu remettre cette copie hors délai. Le troisième, lui, n’a même toujours rien reçu. »
Une opinion que la cassation n’a pas suivie. Elle a donc conclu à la validité des trois mandats.
« Le mandat d’arrêt a été exhibé aux trois inculpés avant de leur être communiqué verbalement, commente Damien Vandermeersch, avocat général près la Cour de cassation. Comme les trois suspects étaient menottés, une copie du document a été donnée aux policiers qui les accompagnaient. Elle leur a donc été remise en retard mais la Cour a estimé que cela n’altère en rien les droits de la défense puisque cette arrestation avait déjà été signifiée. » Les trois hommes restent donc incarcérés.
Mais la défense des trois inculpés ne compte pas en rester là. « On nous présente l’enquête comme transparente mais ce n’est pas le cas, lance Marc Uyttendaele. On nous dit ainsi avoir retrouvé l’ADN des trois suspects sur des outils se trouvant dans la voiture calcinée. Mais on ne nous dit pas que ces trois ADN figurent à côté de 39 autres eux aussi retrouvés sur les mêmes outils. »
Par ailleurs, les enquêteurs pensent désormais avoir identifié lequel des trois suspects aurait tiré sur l’infortunée Kitty. Victime du home-jacking, Ismaël Sacoor affirme qu’aucun de ses deux agresseurs ne boitait. Or Kurum Galip est handicapé. C’est donc lui qui serait resté dans la voiture et aurait ouvert le feu sur le combi de police, tuant Kitty.
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