Les mesures fortes sont réclamées

SCHOUNE,CHRISTOPHE

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Mercredi 20 février 2008

Environnement Les francophones favorables à la limitation de la voiture en ville

Des pics de pollution record. Dans ce cas, l’interdiction de circuler en centre-ville est soutenue par 62 % des francophones.

C’est d’un smog à couper au couteau qu’a émergé ce mardi, à Bruxelles, un sondage très piqué de « vert ». Initié par Dedicated Research alors que l’indice de la qualité de l’air atteignait des sommets de médiocrité dans la capitale et en Wallonie, cet instantané réalisé lundi témoigne tour à tour d’une bonne connaissance des francophones des causes des pics de pollution et d’attentes claires à l’égard des pouvoirs publics.

Spontanément, 75 % des 700 personnes interviewées par téléphone associent les pics de pollution à l’automobile en distinguant même le rôle des particules fines. La pollution industrielle est associée dans 49 % des cas à ces pics de pollution et le chauffage des habitations à 10 %. Ce dernier point étant sous-estimé.

« Les perceptions des risques pour la santé sont également très bien associées à ces phénomènes, commente Marc Dumoulin, directeur de Dedicated. Au total, 77 % des personnes jugent ces risques assez ou très importants. Cette sensibilité est davantage marquée du côté wallon. » Étonnant, en effet : près d’un quart des Bruxellois juge le risque des pics de pollution « peu important ».

Côté comportement, une majorité de personnes sondées déclarent s’engager « si possible » à diminuer leur chauffage (68 %), adopter une conduite souple (65 %), à rouler moins et à ne pas utiliser la voiture (47 %), voire à opter pour le covoiturage (27 %).

86 % des sondés attendent plus de transports publics

« Il faut surtout comprendre ces résultats comme une prédisposition, nuance Marc Dumoulin. Chacun se dit prêt à agir mais surtout si le voisin agit aussi. Et les citoyens souhaitent avant tout que les pouvoirs publics montrent le chemin à suivre. À cet égard, ce constat rejoint celui formulé l’an dernier lors de notre sondage consacré aux Belges face au réchauffement climatique. »

Comme le détaille l’infographie, une majorité de francophones jugent l’action des pouvoirs publics insuffisante (69 %) et se disent favorables à la limitation de vitesse sur les autoroutes (78 %) alors que celle-ci n’est imposée qu’en Flandre. De même, l’interdiction de circuler dans les centres villes en cas de pic est très soutenue (62 %) et la circulation alternée, prévue dès l’hiver prochain dans la capitale, rencontre une majorité de suffrages (57 %).

Pour lutter de manière structurelle contre la pollution de l’air, les personnes sondées réclament à 86 % un investissement massif dans les transports publics et attendent à 67 % que l’on taxe plus fortement les véhicules les plus polluants. Enfin, 55 % des francophones se (re)disent favorables au péage urbain. Une hypothèse clairement rejetée pour le moment par le gouvernement bruxellois.

La phase d’alerte sera levée

L’alerte à la pollution lancée lundi en Belgique sera levée ce mercredi matin. Selon la Cellule interrégionale de l’environnement (Celine), les particules fines, dont de fortes concentrations ont encore été enregistrées ce mardi, se dispersent lentement grâce au changement des conditions climatiques. Du vent, voire de la pluie en certains endroits, sont attendus.

Après deux journées de pics très élevés, dont un indice maximal (8) de « mauvaise » qualité de l’air ce lundi à Bruxelles et deux « très médiocre » (7) en Flandre et en Wallonie, les prévisions parient, pour ce mercredi, sur des indices variant du « médiocre » en Flandre et à Bruxelles à « assez bon » en Wallonie.

Prévisions et conseils

sur www.irceline.be