LES NEGOCIATIONS SUR LA REDUCTION DES FORCES CONVENTIONNELLES EN EUROPE UN ACCORD DE PRINCIPE ENTRE LES ETATS-UNIS ET L'URSS

AFP; ASSOCIATED PRESS

Page 11

Vendredi 5 octobre 1990

Les négociations sur la réduction des forces conventionnelles en Europe

Un accord de principe entre les États-Unis et l'URSS

Le secrétaire d'État américain, James Baker, et le ministre soviétique des Affaires étrangères, Edouard Chevardnadze, ont annoncé mercredi à New York qu'ils avaient conclu un accord de principe sur tous les principaux points d'un traité CFE sur la réduction des forces conventionnelles en Europe. Nous devrons bien sûr consulter nos alliés, mais pour ce qui est des discussions américano-soviétiques nous avons pu conclure un accord sur toutes les questions principales et (...) je suis sûr que nos alliés pourront tomber d'accord avec nous, a déclaré M. Chevardnadze après six heures et demie de négociations à la mission soviétique auprès des Nations unies.

Et bien sûr, les Soviétiques ont fait toutes les concessions importantes, a-t-il ajouté en plaisantant.

Les négociations CFE, ouvertes en mars 1989 à Vienne, sont menées par l'Otan et le pacte de Varsovie. Elles doivent déboucher sur le premier traité de l'Histoire sur le désarmement conventionnel en Europe, de l'Atlantique à l'Oural. Toutes les parties sont convenues de le conclure à temps pour pouvoir le signer à Paris avant un sommet de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), qui se tiendra du 19 au 21 novembre.

M. Chevardnadze a également annoncé que des progrès substantiels avaient été réalisés dans les négociations START sur la réduction des arsenaux stratégiques des deux superpuissances. Mais les deux hommes devront sans doute se revoir à New York dans les prochains jours.

Washington et Moscou se sont donnés pour objectif de conclure un traité START d'ici la fin de l'année. Nous continuerons et nous voulons préparer le terrain avant de conclure ces négociations, a déclaré M. Chevardnadze.

Les négociations CFE portent sur cinq catégories d'armes permettant de mener des offensives: les chars, les véhicules blindés de combat, l'artillerie, les avions de combat et les hélicoptères.

Il reste un problème en suspens pour les hélicoptères mais il n'est pas difficile et nous avons demandé à nos délégations à Vienne de poursuivre (leurs travaux) et je suis sûr qu'elles trouveront une solution, a déclaré le ministre soviétique.

Le secrétaire d'État a annoncé que les deux parties s'étaient mises d'accord sur un plafond pour le nombre d'aéronefs soviétiques.

La question difficile de l'aéronavale soviétique basée à terre a été exclue du traité, a indiqué M. Baker. Les États-Unis insistaient pour qu'elle soit couverte par le traité, de crainte qu'elle ne remplisse simplement les missions de la force aérienne. L'URSS refusait, à moins que le traité ne prenne en compte les appareils américains embarqués sur des porte-avions.

Washington a finalement accepté que l'aéronavale soviétique soit limitée par une déclaration politique, en dehors du traité, a annoncé le chef de la diplomatie américaine. Le même artifice a été employé dans les négociations START, pour évacuer le problème des missiles de croisière américains embarqués sur des navires ou des sous-marins. James Baker a enfin indiqué que le question de la vérification du traité avait été pratiquement réglée.

Edouard Chevardnadze a refusé de donner les chiffres sur lesquels les deux parties s'étaient mises d'accord, avant d'en parler à leurs alliés qui sont concernés par les quotas respectifs. Mais on sait qu'aux termes de cet accord, le pacte de Varsovie devra procéder au retrait de 40.000 chars, de plus de 51.000 pièces d'artillerie et de plus de 40.000 transporteurs de troupes blindés déployés en Europe centrale et orientale. Ces armements devront être redéployés à l'est de l'Oural, à près de 2.000 km à l'est de la frontière soviétique avec la Pologne. L'Otan quant à elle devra retirer 2.000 chars d'Europe. Les effectifs d'artillerie des deux organisations ne devraient pas dépasser un plafond de 20.000 hommes de chaque côté. Le nombre de chars est fixé à 20.000 pièces et celui des transporteurs de troupes blindés à 30.000.

Le secrétaire d'État américain a indiqué que des questions périphériques sur la répartition des armements entre les zones restaient à résoudre. Quatre zones ont été découpées entre l'Atlantique et l'Oural pour ces négociations.

Enfin, à l'issue de ces entretiens, les deux hommes ont signé un communiqué commun dans lequel ils affirment notamment: Les Nations unies deviennent le centre réel des actions décidées en commun et le Conseil de sécurité a rétabli son rôle crucial dans le maintien de la sécurité internationale, de la prévention et du règlement pacifique des conflits. (D'après AFP et AP.)