Les opposants à « CHB » ne désarment pas !

MOREL,PIERRE

Page 9

Samedi 22 avril 2006

Liaison Cerexhe-Heuseux - Beaufays Demande d'une étude globale, indépendante et contradictoire

Cela fait près de 30 ans qu'on en parle mais le projet d'une liaison autoroutière entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays (A605) destinée à refermer le ring autoroutier de Liège semble désormais se concrétiser. Après l'avoir inscrit à l'été 2004 dans son programme, le gouvernement wallon a lancé fin 2005 une procédure de permis rapide en modifiant le Code wallon d'aménagement du territoire (Cwatup) de façon à éviter la procédure de révision du plan de secteur normalement nécessaire. Obtention des permis et expropriations sont espérées en 2007 avec début des travaux, d'une durée de trois ans, en 2008, voire en 2007.

Une soudaine précipitation qui n'étonne pas les opposants au projet, réunis en ASBL au sein du « Groupement CHB » : « Notre conviction est que le gouvernement wallon sait qu'il s'agit d'un mauvais projet, qui ne résisterait pas à une évaluation globale menée sérieusement », affirme Frédéric Falisse pour l'ASBL.

Une évaluation qui, selon eux, n'existe pas et qu'ils réclament à grands cris : « L'analyse socio-économique de la liaison réalisée en 2003 par le bureau d'études Stratec, commandée par la Sofico qui devrait financer et gérer la liaison comme elle l'a fait pour le tunnel de Cointe, est principalement consacrée à établir le taux de rentabilité interne du projet, mais n'intègre pas les aspects sociaux et environnementaux : elle est purement économique. »

Et cette étude, disent les opposants, comporte d'ailleurs certains éléments défavorables au projet qui sont toujours passés sous silence. Pierre Courbe, chargé de mission chez Inter-Environnement Wallonie (IEW), a analysé l'étude à la demande du Groupement CHB. Il pointe notamment qu'elle « prévoit une augmentation de 5 à 20 % du trafic sur l'autoroute E40, qui est déjà congestionnée. L'influence du projet CHB sur les performances du réseau transeuropéen de transports est donc plutôt négative ! »

M. Courbe estime aussi que certains chiffres de l'étude Stratec sont fantaisistes, comme la prévision d'une diminution de 40 % du trafic sur les quais de la Dérivation à Liège. « Et les effets en termes de désurbanisation de Liège, ou le bien connu effet d'appel, qui fait que toute nouvelle infrastructure génère du trafic, sont ignorés. »

Forts de cette analyse, les opposants demandent un moratoire, le temps qu'une étude complète et globale soit réalisée sur le dossier. Mais jusqu'à présent, ils ont toujours prêché dans le désert.