Les poissons tués par la râperie

DORVAL,SABINE

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Jeudi 29 janvier 2009

Eghezée Une pollution au tribunal

Le 28 septembre 2006, la râperie de Longchamps avait pollué la Mehaigne et tué des milliers de poissons. Ce mercredi, le tribunal correctionnel a abordé le dossier.

La justice reproche à la Raffinerie tirlemontoise et à son chef de production à Longchamps d’avoir déversé des eaux usées dans la Marka, le ruisseau qui traverse Eghezée et dans lequel s’écoule le trop-plein du bassin d’orage. La Marka se jette dans la Mehaigne et, sur tout le cours de celle-ci, soit 42 km, 60 % des poissons sont morts, tués par de l’acide sulfurique et du sulfate de calcium. Une dizaine d’espèces ont disparu irréversiblement.

Ce que le chef de production appelle un accident s’est produit alors qu’il n’occupait ses fonctions que depuis un mois. Ayant aujourd’hui perdu son emploi, il a expliqué à la présidente Cadelli le processus qui avait conduit à cet irréparable désastre.

La Raffinerie tirlemontoise extrait le jus sucré de la betterave sur trois sites : Hollogne, Longchamps et Wanze, le principal, relié aux deux autres par des pipelines. Avant la campagne 2006 à Eghezée, des travaux de curage du bassin d’orage avaient été confiés à une société privée qui, sans en avertir personne, avait retiré des grilles de sécurité et oublié, deux mois plus tard, de les replacer.

L’absence de ces filtres avait permis à des morceaux de betteraves d’obstruer des canalisations et d’entraîner le débordement coupable. Normalement, l’absence des grilles est signalée par une alarme sur l’écran de contrôle des installations.

A une alarme près

Mais au lancement d’une campagne, tout le système est automatiquement en situation d’alarme avant d’être régularisé. Personne n’avait donc remarqué cette alarme qui avait été supprimée avec d’autres et ne s’était pas enclenchée une seconde fois.

L’affaire sera plaidée le 4 novembre. Curieusement, Hannut est la seule parmi les communes concernées par la pollution à s’être constituée partie civile. Quant aux sociétés de pêche et aux riverains, ils sont écartés du débat accusateur parce que la Raffinerie tirlemontoise s’est empressée de les dédommager en leur versant tout ce qu’ils réclamaient, soit un total de 106.000 euros.