Les questionnaires à choix multiples corrigés à la chaîne

DE BAST,ANNE-CATHERINE

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Jeudi 24 janvier 2013

université Le système Smart a traité 96.000 copies d’examen l’an dernier

En période d’examens, le lecteur optique du Smart tourne à plein régime. Ce mercredi matin, l’heure est à la correction des copies de l’épreuve de génétique des étudiants de 1ère année de médecine, des questionnaires à choix multiples (QCM). Elles sont avalées par la machine, décryptées, validées. Ou rejetées le cas échéant. Sur l’écran connecté au lecteur, un message s’affiche. « Erreur question 33 ». L’opérateur attrape la feuille concernée. « L’étudiant a coché deux réponses à cette question, constate-t-il. Comme on ne sait pas laquelle est la bonne, on fait comme s’il n’avait pas répondu ».

Le Smart, Système méthodologique d’aide à la réalisation de tests de l’Université de Liège, traite chaque année des dizaines de milliers de copies d’examen. « De nombreux enseignants viennent nous trouver pour avoir une aide logistique, confie Pascal Detroz, responsable académique du système. Ils se retrouvent face à des étudiants de plus en plus nombreux, ils n’ont souvent pas d’autres choix que de faire du testing standardisé, des QCM, pour pouvoir suivre au niveau des corrections. Mais une fois qu’on a installé un dialogue, on les sensibilise à la méthodologie et à la qualité des questions. » Car au-delà de l’aide à la correction, la mission du Smart est d’améliorer la qualité des évaluations. Les enseignants y reçoivent des conseils en matière d’analyse de la matière, de structure et de rédaction des questions. Et après les examens, le système leur transmet une série de statistiques les poussant à se remettre en question et à améliorer la qualité de leurs épreuves.

Pour les étudiants, le Smart, qui permet d’éviter les tricheries, garantit une cote conforme à leurs réponses. Ils peuvent, sur demande de certains enseignants, recevoir un feedback de leurs examens, afin de comprendre quelles sont leurs lacunes et dans quelles matières.

Plus question, en tout cas, d’utiliser l’excuse du QCM pour justifier un échec. « Contrairement à ce que certains étudiants disent, les QCM ne sont pas de mauvais indicateurs de performances, précise Pascal Detroz. Mais ils ne permettent pas d’évaluer la même chose qu’un examen oral ou à questions ouvertes, où il faudra faire davantage de liens dans la matière. L’un des avantages du QCM, c’est qu’il n’y a pas de jugement humain sur les réponses. On conseille donc aux enseignants de mixer les méthodes, quand c’est possible. »

En tout cas, au Smart, on l’assure : les étudiants ne sont ni avantagés ni désavantagés par l’un ou l’autre système d’évaluation. « Cela dépend des personnes. Mais durant leurs études, ils seront confrontés à tous les processus. »

Le Smart en chiffres

Entre 200 et 250 enseignants, soit près de la moitié du corps professoral de l’ULg, font appel au Smart, qui existe depuis une dizaine d’années.

Durant l’année académique 2011-2012, le service a corrigé environ 800 tests différents, soit 95.924 copies d’étudiants. Il s’agit essentiellement de QCM, mais un nouveau système, toujours à l’essai, peut aussi apporter un soutien informatique aux enseignants dans la correction de schémas annotés ou de réponses à des questions ouvertes.

50 % des examens de première année de bachelier sont des questionnaires à choix multiples corrigés par le système, 25 % des examens de 2e bac et environ 10 % des tests des étudiants de master.

Le taux d’erreur est « inexistant » selon Smart, notamment grâce à une double lecture optique et diverses opérations de vérification. Une poignée d’étudiants rend visite au Smart après chaque session pour contester les résultats obtenus. Aucun recours n’a jamais été introduit.