LES QUINZE ARRONDISSENT LES ANGLES TECHNIQUES DE L'EURO DE LOURDES AMENDES POUR LES DERAPAGES WAIGEL PLUS SOUPLE...

AFP

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Lundi 7 avril 1997

Dans douze mois, les Etats participants seront sélectionnés

Les Quinze arrondissent les angles techniques de l'euro

Les pays participant à l'euro le 1er janvier 1999 seront sélectionnés au plus tard début mai 1998, ont indiqué samedi les ministres européens des Finances, à l'issue de leur réunion informelle à Noordwijk (Pays-Bas).

Un Conseil européen spécial des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, précédé d'une réunion des ministres européens des Finances, sera convoqué fin avril ou début mai 1998 pour décider de la liste des participants à l'euro début 1999.

Il y a accord sur tout, a déclaré notre ministre des Finances, Philippe Maystadt. Ces mesures devraient permettre à l'Union monétaire de démarrer le 1er janvier 1999 dans des conditions optimales, a encore ajouté M. Maystadt.

Pour faire partie des élus, les pays devront satisfaire aux critères de convergence requis par le traité de Maastricht, dont le plus important est de maintenir de manière durable le déficit public à 3 % ou moins du produit intérieur brut (PIB).

Cette décision de principe sur le calendrier définitif de sélection des premiers participants à l'euro doit mettre définitivement fin, dans l'esprit des ministres, aux rumeurs de ces derniers mois sur un éventuel report d'un ou de deux ans de l'euro.

Les Quinze ont ainsi apporté samedi une touche quasiment finale à l'architecture de l'Union économique et monétaire (UEM), l'accord devant être solennellement entériné par le sommet européen d'Amsterdam, en juin prochain.

Concrètement, la Commission européenne fera avant la fin du mois de mars ses recommandations sur la liste des participants. Elle se basera sur les performances économiques définitives de 1997 concernant le déficit et la dette publique, l'inflation et les taux d'intérêt à moyen terme. Ensuite, un délai de quatre à six semaines sera nécessaire pour recueillir l'avis obligatoire du Parlement européen et de certains parlements nationaux. Le choix de fin avril-début mai permettra également d'éviter le télescopage avec les élections législatives françaises prévues en mars 1998. Les responsables européens disposeront également à cette date des premiers chiffres réels de l'année 1998 sur les performances budgétaires. Ces chiffres permettront de vérifier si les pays respectent les critères de convergence économique sur la durée, élément essentiel pour garantir le succès de l'euro et en faire une monnaie stable sur les marchés des changes.

Si le calendrier se précise, les doutes subsistent sur la manière exacte dont vont être sélectionnés les pays. Pour l'Allemagne, le critère des déficits publics, le plus difficile à remplir, doit être interprété strictement, en tout cas pour les autres (voir par ailleurs).

A ce jour, il est donc difficile de savoir combien de pays feront partie du premier train. Les experts estiment que près d'une dizaine pourraient être prêts, dont la Belgique. (AFP.)

De lourdes amendes pour les dérapages budgétaires

Les ministres des Finances des Quinze ont réglé également les derniers détails encore en suspens du pacte de stabilité, qui doit assurer de manière durable la rigueur budgétaire chez les pays-membres de l'euro.

Les pays qui ne respecteront pas la limite des 3% de déficit public seront frappés de lourdes amendes qui cumulativement pourront dépasser 0,5% du PIB, si le déficit excessif perdure pendant plusieurs années.

Les Allemands, partisans de sanctions financières sévères, ont donc obtenu satisfaction. Le ministre allemand des Finances Théo Waigel s'est félicité que le produit des amendes ira exclusivement aux pays vertueux de l'euro. Donc, ni aux pays en déficit excessif membres de l'euro ni aux autres pays-membres de l'UE, non membres de l'Union Economique et Monétaire. L'Italie et l'Espagne, partisans d'un adoucissement des sanctions financières, ont dû accepter ces exigences allemandes pour espérer faire partie de l'euro dès le 1er janvier 1999.

UN CONSEIL DE STABILITÉ

Aux termes d'un accord franco-allemand, le pacte de stabilitésera accompagné d'un «conseil de stabilité», une sorte de forum informel chargé de coordonner les politiques économiques des pays de la zone euro, sans entamer l'indépendance de la future banque centrale. Parallèlement, un nouveau mécanisme de changes liant les participants à l'euro à ceux qui n'en feront pas partie, -le SME-Bis-sera créé en 1999. Les marges maximales de fluctuation pour ces monnaies ne dépasseront pas 15% par rapport à l'euro. (AFP).

Sommet sur la réforme

de l'Union européenne fin mai

Un sommet européen spécial sur la réforme des institutions européennes aura probablement lieu fin mai après les élections britanniques ont indiqué des sources européennes. Il servirait, avant tout, à connaître les idées du nouveau Premier ministre britannique, surtout s'il s'agit du travailliste Tony Blair. Les Quinze doivent maintenant accélérer leurs travaux s'ils veulent terminer les 16 et 17 juin la Conférence Intergouvernementale (CIG) au sommet européen normal d'Amsterdam. (AFP)

Waigel plus souple ... pour lui-même

L'Allemagne n'exclut plus un léger assouplissement des critères de convergence pour se qualifier pour l'Euro. Le ministre allemand des Finances Théo Waigel (à droite sur la photo) a laissé entendre, samedi à Noordwijk, qu'il ne se laisserait pas «fixer au mur» sur l'obligation faite par le Traité de Maastricht de descendre à 3 % de déficit public.

Il a également expliqué que la réunification allemande avait entraîné une hausse de 6 % des dépenses publiques pour son gouvernement et qu'il fallait bien en tenir compte.

Ces déclarations ambiguës de Théo Waigel, de nature à le faire gronder par le président de la banque centrale allemande Hans Tietmeyer (à gauche sur la photo), illustrent l'inquiétude des dirigeants allemands de ne pouvoir atteindre fin 1997 la limite des 3 % de déficit public, notamment à cause de la hausse du nombre des chômeurs et du lent redémarrage de la croissance dans le pays.

Cette position, plus souple, ne signifie pas cependant que l'Allemagne se montré désormais moins sévère pour d'autres candidats à l'Euro. Bonn formule toujours de nettes réserves à propos des chances de l'Italie. (AFP.)