Les rattachistes ont le vent en poupe

DEMONTY,BERNARD

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Mercredi 30 juillet 2008

Communautaire Notre sondage suscite des réactions

Le sondage réalisé pour Le Soir et La Voix du Nord a suscité de nombreuses réactions, au sein de la classe politique belge et dans les médias français.

Cette étude, réalisée par l’Ifop, indiquait que 49 % des Wallons sont favorables à un rattachement à la France en cas d’éclatement de la Belgique. Les Français seraient, de leur côté, 60 % à juger cette issue favorable.

Du côté du gouvernement fédéral, ces conclusions semblent gêner. La période de vacances entretient peut-être le mutisme, mais en tout cas, seul le CDH a accepté de réagir, pour se poser la question suivante : « Avant cela, n’est-on vraiment pas capable de construire un projet ensemble ? »

Les mouvements et personnalités militant en faveur d’un rattachement sont, en revanche, nettement plus prolixes. « Depuis 9 ou 10 mois, il y a une prise de conscience au sein de la population française, dit Paul-Henry Gendebien, le président du Rassemblement Wallonie-France. Cela rappelle que souvent, le peuple français a été moins frileux et plus généreux que ses élites. »

« Les Wallons dépassent

les interdits »

Le leader rattachiste pense que l’évolution des mentalités en Wallonie fait écho « aux échecs des projets d’autonomie wallonne et à ceux du fédéral, qui multiplie les négociations sans parvenir à un accord ».

Notre sondage a également suscité les commentaires de Daniel Ducarme, ministre d’Etat, député MR et fervent défenseur d’une Belgique française, qui garderait une part de son autonomie. « Après des mois de crise, les Wallons sont à présent prêts à oser dépasser les interdits. »

Le fondateur du MR insiste aussi pour que le rapprochement avec la France profite à tous les francophones. « Il n’est pas question, dans ce débat, de sacrifier les francophones de la périphérie », plaide-t-il.

Daniel Ducarme pense également qu’une association avec la France est « une idée qui passe nettement mieux la rampe à Bruxelles que le rattachisme ».

Enfin, Jules Gheude, essayiste wallon qui, le 15 février dernier, plaidait pour un rassemblement des forces vives wallonnes en états généraux, n’est pas surpris par les résultats de notre sondage.

« Que 49 % de Wallons se prononcent aujourd’hui en faveur de la réunion à la France ne me surprend guère, dit-il. Après 14 mois de crise, les gens commencent à réaliser que le fameux “compromis à la belge” a atteint ses limites et que l’Etat belge est irrémédiablement miné par le nationalisme flamand. Ils se mettent donc à réfléchir à un schéma de survie post-Belgique. »

P.11 carte blanche

de paul-henry gendebien